Un nouveau repère
Les patients atteints d’une affection de longue durée peuvent désormais désigner un infirmier référent auprès de l’Assurance Maladie. Défini par décret en mai dernier, ce statut reconnaît le rôle central des infirmiers dans le suivi des maladies chroniques. Chargés d’assurer la continuité du parcours entre la médecine de ville, les établissements de santé et les structures médico-sociales, ils alimentent également le dossier médical partagé, afin de garantir une circulation plus fluide des informations sur la prise en charge. Depuis le 1er juillet, ils peuvent même proposer un suivi renforcé pour certains patients âgés ou en situation de handicap. Le dispositif s’adresse aux personnes âgées d’au moins seize ans bénéficiant d’une ALD exonérante. Sa mise en place repose sur un double accord : celui du patient et celui du professionnel choisi. Un seul référent peut être désigné, même si un relais demeure possible au sein d’un même cabinet infirmier. Le succès du dispositif dépendra néanmoins de trois conditions : la formation, les moyens alloués et une articulation claire avec l’ensemble des professionnels de santé.
Archive pour l'année : 2026
Urgences : le défi de la régulation
Le gouvernement a récemment dévoilé une stratégie nationale pour réduire de moitié les passages évitables aux urgences, soit près de quatre millions de recours chaque année. Selon le ministère de la Santé, entre 30 et 40 % des patients accueillis pourraient être pris en charge autrement. Présentée fin mai, la feuille de route repose sur quatre leviers : offrir des alternatives concrètes aux urgences en consolidant la réponse aux soins non programmés, en s’appuyant notamment sur le SAS, désormais déployé sur tout le territoire et animé par plus de 12 000 professionnels de santé ; mieux orienter les patients et réguler les entrées aux urgences, une organisation expérimentée dans plusieurs territoires, qui a démontré son efficacité en réduisant significativement le nombre de passages tout en garantissant la sécurité des patients ; fluidifier les parcours de soins en aval des urgences, en généralisant progressivement la gestion des lits, en développant les admissions directes en hospitalisation, notamment pour les personnes âgées, et en renforçant les capacités de médecine polyvalente, de gériatrie et de soins de réadaptation ; faire évoluer les réflexes, via une campagne nationale de sensibilisation qui sera prochainement lancée par le ministère. Au-delà des intentions, la ligne de crête sera particulièrement étroite pour désengorger les services d’urgence, notamment lors des pics estivaux et hivernaux, sans saturer les soins de ville qui connaissent aussi de fortes tensions.
NB : près de vingt millions de passages sont enregistrés chaque année dans les services d’urgence, selon le ministère de la Santé.
Une priorité sous tension
Grande Cause nationale pour la seconde année consécutive, la santé mentale reste affichée comme une priorité gouvernementale. Début juin, les pouvoirs publics ont présenté un bilan jugé positif des actions engagées et annoncé de nouvelles orientations : agir plus tôt, accélérer l’orientation vers les dispositifs adaptés, élargir l’offre de prise en charge et renforcer les droits des patients. Cette mobilisation intervient alors que les troubles psychiques continuent de progresser et que les difficultés d’accès aux soins restent importantes sur de nombreux territoires. Sur le terrain, les réactions sont mesurées. Si les acteurs du secteur saluent la visibilité politique accordée au sujet, ils regrettent l’absence d’annonces structurantes sur les ressources humaines et les financements. Associations, praticiens et représentants des usagers dénoncent un décalage persistant entre les objectifs affichés et les capacités opérationnelles des structures psychiatriques. La question n’est plus de savoir si la santé mentale constitue une urgence collective, mais comment lui donner une traduction concrète. Après deux années de mobilisation nationale, les professionnels attendent désormais moins des intentions que des mesures opérationnelles, une visibilité budgétaire et une gouvernance clarifiée.
la fracture persiste
A un an de l’élection présidentielle, la deuxième édition des Cartes de France de l’accès aux soins, publiée fin mai par Doctolib et la Fondation Jean-Jaurès, dresse un diagnostic particulièrement documenté. L’étude s’appuie sur plusieurs millions de rendez-vous et sur une enquête menée auprès de plus de 8 000 patients. Son principal enseignement est clair : les difficultés d’accès aux soins ne relèvent pas uniquement du nombre de professionnels disponibles. Elles dépendent aussi de l’organisation locale, de la coordination des acteurs, du partage des compétences et de la capacité à rendre l’offre lisible pour les patients. Les auteurs soulignent également les limites d’une lecture fondée sur les seuls délais de rendez-vous. Ces indicateurs ne prennent pas en compte les patients qui abandonnent leurs démarches, reportent une consultation ou se tournent vers d’autres solutions faute de réponse adaptée. Renoncements aux soins, démarches infructueuses et recours aux urgences font désormais partie intégrante de la réalité vécue par de nombreux patients. La publication met par ailleurs en lumière le rôle croissant des outils numériques dans l’orientation des usagers et la structuration des parcours. Au-delà des déserts médicaux, le rapport révèle une France sanitaire plus complexe : un système capable d’innover, mais confronté à une exigence croissante d’équité territoriale et d’efficacité organisationnelle.
Entre progrès et fragilités
Lancée il y a cinq ans, l’expérimentation d’intégration universitaire des études infirmières approche de son terme, tandis que la réforme de la formation entre progressivement en application. Pour mesurer son impact, la Fédération nationale des étudiants en sciences infirmières a récemment interrogé les étudiants concernés. Premier enseignement : 78,3 % des répondants se déclarent satisfaits de la place accordée à la recherche au sein des dispositifs expérimentaux. Les établissements engagés apparaissent également mieux préparés à accompagner la transformation de la formation infirmière. Mais le bilan met aussi en évidence plusieurs fragilités : 50,8 % évoquent des difficultés dans les échanges avec les enseignants universitaires. La FNESI pointe notamment une coordination encore insuffisante entre universités et instituts de formation en soins infirmiers. Autre chiffre marquant : 61,1 % des étudiants jugent les moyens humains mobilisés insuffisants. Au regard de ces résultats, la fédération propose trois évolutions majeures : la montée des départements universitaires en sciences infirmières, la création de postes d’enseignants-chercheurs et la publication rapide des textes encadrant la réforme. A mesure que les compétences infirmières se développent, le sujet dépasse la seule réforme pédagogique : il s’agit désormais de faire correspondre la reconnaissance académique de la profession aux responsabilités nouvelles qui lui sont confiées.
Le temps de la preuve
Avec la loi infirmière et les textes publiés depuis un an, une nouvelle étape s’ouvre pour la profession. Nouveau référentiel métier, nouveau diplôme d’État, universitarisation renforcée, consultation infirmière, élargissement des compétences… Les fondations réglementaires sont désormais posées. Mais une réforme de cette ampleur ne se mesure pas à la seule publication de décrets ou d’arrêtés. Elle se jugera dans les salles de cours, sur les terrains de stage, dans les partenariats universitaires et dans la capacité collective à accompagner les futurs professionnels.
La réforme n’entre donc pas dans sa phase d’achèvement, mais dans celle de sa concrétisation. Derrière les textes se trouvent des instituts, des équipes pédagogiques, des universités et des lieux d’apprentissage clinique qui doivent rapidement s’approprier ces mutations. Faire évoluer les organisations, consolider les coopérations, accompagner les étudiants et garantir les ressources nécessaires : le défi est immense. Les dossiers encore en attente ne sont d’ailleurs pas accessoires, qu’il s’agisse de la prescription infirmière, des évolutions conventionnelles, de l’avenir des spécialités ou encore de l’universitarisation. Leur aboutissement conditionnera en grande partie la portée de cette transformation.
Depuis longtemps, l’ANdEP défend une formation davantage ancrée dans l’université, la recherche et le raisonnement clinique. Cette orientation est aujourd’hui engagée. Notre responsabilité est de veiller à ce qu’elle produise tous ses effets. Car une réforme ne se juge pas à l’ambition qu’elle affiche, mais à sa capacité à transformer durablement les pratiques, les parcours et les organisations. L’architecture est en place ; encore faut-il lui donner toute sa force et toute sa cohérence.
La réforme infirmière a quitté le temps des annonces pour entrer dans celui de la preuve. Demain, son succès ne se mesurera ni au nombre de textes publiés ni à l’ampleur des intentions affichées, mais à ce qu’elle aura réellement changé pour les étudiants, les professionnels et les patients. C’est là, au plus près de la formation et des soins, que se jouera sa véritable réussite.
Vaccination : les soignants en première ligne
Dans un contexte marqué par une défiance persistante et une couverture insuffisante, la politique vaccinale évolue vers un modèle plus structuré et plus ciblé. Entre responsabilisation des soignants et priorisation des publics jeunes, ce tournant redéfinit les modalités de prévention et le rôle des professionnels de santé, au premier rang desquels les infirmiers.
La vaccination entre dans une phase de bascule. Dans un rapport publié début mai, l’Académie nationale de médecine envoie un signal clair : la stratégie vaccinale ne doit plus uniquement reposer sur l’incitation, en particulier pour la grippe saisonnière ; elle interroge directement la responsabilité des professionnels de santé qui, au-delà du risque individuel, engagent la sécurité des patients et la continuité des soins. Les auteurs insistent sur la dimension éthique de cette problématique : « Refuser la vaccination antigrippale pour les soignants, c’est nier leurs responsabilités médicales vis-à-vis des patients dont ils ont la charge […]. Cette obligation vaccinale permettrait de diminuer la menace infectieuse et la mortalité, ainsi que le coût financier pour la société. » La position défendue marque une rupture nette : elle pose les limites des stratégies fondées sur la seule adhésion volontaire et consacre le devoir d’exemplarité des professionnels de santé. Que la proposition soit adoptée ou non, elle entérine un changement de paradigme dans l’histoire de la politique vaccinale.
Deux publics prioritaires
En attendant la réponse éventuelle du législateur, les autorités sanitaires se focalisent sur deux publics longtemps sous-estimés : les adolescents et les jeunes adultes. Thématique phare de la Semaine européenne de la vaccination, organisée entre fin avril et début mai, l’adolescence n’est plus perçue comme une simple phase de transition, mais comme un moment critique de la prévention. Intensification des interactions sociales, autonomie progressive, exposition accrue à certaines infections sont autant de facteurs qui redéfinissent les besoins en matière vaccinale. « Ces contextes favorisent la circulation de certaines infections […] pouvant entraîner des conséquences graves à court ou long terme », confirme la Haute Autorité de santé. Malgré les mesures récentes, les couvertures demeurent insuffisantes pour plusieurs vaccins, notamment contre les méningocoques ou les papillomavirus. Ces lacunes traduisent des hésitations persistantes, mais aussi des « occasions manquées » au sein des parcours de santé. Face à ce constat, les pouvoirs publics orientent leur stratégie vers des actions ciblées, en particulier en milieu scolaire, où les infirmiers jouent un rôle central, entre information, repérage et rattrapage.
Du plan au terrain
Dévoilé lors de la Semaine européenne de la vaccination, le nouveau calendrier vaccinal prolonge cette tendance de fond. Il comporte plusieurs évolutions majeures, dont une extension du rattrapage vaccinal contre les papillomavirus, portée à vingt-six ans contre dix-neuf auparavant, et un renforcement des recommandations sur les méningocoques. « La vaccination des adolescents et des jeunes adultes représente un axe prioritaire pour améliorer durablement les couvertures vaccinales. L’enjeu n’est plus seulement de recommander, mais de structurer concrètement l’accès à la vaccination », souligne le ministère de la Santé. Dans le cadre de leurs fonctions ou durant leurs interventions en milieu scolaire, les infirmiers seront en première ligne. Ils auront notamment pour mission de lutter contre les hésitations vaccinales, mais aussi de limiter les retards et les ruptures de parcours, en vérifiant les statuts vaccinaux ou en rattrapant les schémas incomplets. Reste désormais à traduire ces orientations dans les pratiques, car c’est bien sur le terrain, au contact direct des patients, que se jouera la réussite de cette stratégie vaccinale.
les IDEL réclament un crédit d’impôt
Le constat est posé : la hausse des prix des carburants menace l’équilibre économique des cabinets infirmiers libéraux et, à terme, la continuité des soins pour les patients les plus vulnérables. Dans un communiqué publié début mai, à l’issue de leur passage au ministère de la Santé, la FNI, le SNIIL et Convergence infirmière formulent une proposition commune : la mise en place d’un crédit d’impôt carburant dans le prochain PLFSS. Selon les trois organisations, cette mesure présente quatre atouts majeurs : compenser durablement les coûts de déplacement ; garantir une égalité de traitement entre les professionnels, quel que soit leur territoire d’exercice ; instaurer un dispositif simple et rapidement opérationnel ; préserver la continuité des soins à domicile. Jugée équitable et lisible, elle permettrait également de corriger l’exclusion actuelle des infirmiers libéraux de certaines aides publiques soumises à des plafonds de revenus. Les syndicats demandent au gouvernement d’engager rapidement un travail opérationnel pour intégrer cette proposition dans les prochains textes financiers et sociaux.
Une nouvelle voie d’accès hors Parcoursup
Les modalités d’accès à certaines formations paramédicales évoluent. Un arrêté publié fin avril introduit une seconde voie d’admission, à partir de la sélection faite dans Parcoursup, pour les formations d’aide-soignant, d’auxiliaire de puériculture et d’assistant de régulation médicale. Ce dispositif s’adresse aux candidats restés sans affectation à l’issue de la procédure principale. Il permet aux instituts de formation de niveau IV d’organiser une sélection complémentaire lorsque les capacités d’accueil ne sont pas atteintes, notamment en fin de campagne, durant la période estivale. Cette voie alternative cible en priorité des profils issus de baccalauréats spécialisés (ASSP, SAPAT et ST2S). L’objectif est double : optimiser les capacités de formation et élargir le vivier de candidats dans des filières en tension. Elle offre ainsi une deuxième chance concrète aux candidats engagés dans un projet sanitaire ou médico-social, tout en sécurisant les parcours d’accès aux métiers du soin, dont les besoins augmentent sous l’effet du vieillissement de la population et de la chronicité.
A propos de l'ANdEP :
L’association Nationale des Directeurs d’Ecoles Paramédicales est une association, fondée en 1997, régie par la loi sur les associations de 1901. Elle regroupe des directeurs issus du secteur public et du secteur privé.
Elle a pour finalité de promouvoir la fonction de directeur d’école paramédicale et de pousser le statut de directeur des soins de la fonction publique hospitalière.

La certification qualité a été délivrée au titre de la catégorie d’actions suivantes :
- - Actions de formation
N° de déclaration d’activité : 75190092119
N° SIRET : 539 715 409 00014
Certificat qualiopi (au titre des actions de formation) :
N° QUA21120026 du 28/02/2025 au 27/02/2028
Sous réserve de l’audit de surveillance.
Nous contacter :
IFSI du Centre Hospitalier de Haute-Corrèze
2 Avenue du Dr Roullet
19200 USSEL
Tel : 06 83 20 28 16









