L’Assurance maladie vise 3,9 milliards d’euros d’économies pour 2027

L’Assurance maladie a présenté le 2 juillet son rapport annuel Charges et Produits pour 2027. Comme chaque année, il contribue à l’élaboration du projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS), qui sera débattu dès l’automne au Parlement. Ce rapport, intitulé Améliorer la qualité du système de santé et maîtriser les dépenses, est élaboré autour de 40 propositions visant à garantir l’avenir de notre système de santé. Il formule ainsi des pistes d’économies pour 2027 d’un montant de 3,9 milliards d’euros. Pour y parvenir, trois grandes priorités ont été définies avec tout d’abord la nécessité d’opérer un virage préventif. En parallèle des actions de prévention médicalisée, l’Assurance maladie soutient les initiatives agissant sur les déterminants de santé avec, pour 2027, un focus sur l’alimentation et sur le tabac. La deuxième priorité consiste à améliorer les parcours de soins des patients, notamment en les remettant au cœur de leur prise en charge. L’Assurance maladie a ainsi identifié des mesures concrètes pour, par exemple, favoriser le vieillissement en bonne santé. Enfin, le troisième axe consiste à agir pour rembourser le juste soin au juste prix. La régulation des dépenses de médicaments se trouve au cœur de la stratégie d’efficience.

L’Ordre des infirmiers et les URPS peuvent déposer plainte pour les libéraux victimes

Le décret n° 2026-641 du 20 juillet 2026 fixe les modalités d’application de l’article 5 de la loi n° 2025-623 du 9 juillet 2025 visant à renforcer la sécurité des professionnels de santé avec des mesures facilitant le dépôt de plainte des soignants libéraux victimes de violence. Le décret prévoit que lorsqu’une infraction est commise à leur encontre, s’ils sont inscrits au tableau de l’ordre des infirmiers, l’Ordre ou l’Union régionale des professionnels de santé (URPS) de rattachement peuvent déposer plainte pour leur compte dès lors qu’ils ont recueilli leur consentement écrit sous la forme d’un mandat auquel est joint leur pièce d’identité.  La victime conserve la faculté de mettre un terme à ce mandat à tout moment, si elle ne souhaite plus que la procédure soit poursuivie en son nom. Par ailleurs, l’organisme qui porte plainte est désigné comme le destinataire officiel des actes de procédure. Il lui incombe d’informer sans délai le professionnel concerné de toute évolution de la procédure. Avec cette mesure, l’objectif est d’encourager le signalement de ces faits considérés comme trop souvent sous-déclarés, afin de garantir qu’aucune agression ne reste sans réponse. Pour rappel, l’Ordre peut également se constituer partie civile aux côtés d’un professionnel de santé, lorsqu’une plainte est déposée.

Les infirmiers de l’Education nationale peuvent désormais exercer une autre activité

Les infirmiers de l’Éducation nationale peuvent désormais cumuler leurs fonctions avec une activité de soins en libéral ou dans un établissement de santé. Cette revendication de longue date de la profession a été officialisée dans un courrier du 17 juillet de la Direction générale des ressources humaines (DGRH) du ministère de l’Éducation nationale adressé aux rectorats. Il précise que les personnels infirmiers de l’Éducation nationale peuvent exercer, en dehors de leurs obligations de service, une activité de soins en tant qu’infirmier libéral, ainsi que dans un établissement public ou privé à but non lucratif, notamment un établissement de santé ou médico-social, à condition que ce cumul d’activités ne porte pas atteinte au bon fonctionnement du service. L’agent devra également être recruté directement par l’établissement concerné et non par l’intermédiaire d’une société d’intérim. Les syndicats représentatifs de la profession souhaitent désormais que cette évolution soit actée dans la loi afin d’être pérennisée.

Publication de l’arrêté de formation des IPA pour la prescription d’antibiotiques

L’arrêté du 7 août 2026 fixe les modalités de formation spécifique des infirmiers en pratique avancée (IPA) pour la prescription de traitements antibiotiques pour des infections identifiées à l’aide de tests rapides d’orientation diagnostique (TROD) à savoir l’angine bactérienne et la cystite simple. La formation prévoit notamment la vérification de l’absence de critères d’exclusion reconnus à l’interrogatoire, à l’évaluation clinique et à l’examen des amygdales ; la vérification de l’absence de signes de gravité ; et l’analyse du résultat du test ainsi que les décisions à prendre en matière de prescription d’antibiotiques, de conseils généraux ou d’adressage vers un médecin le cas échéant. L’IPA peut toutefois être dispensé de tout ou partie de la formation lorsqu’il a déjà suivi et validé une autre formation concernant ces deux pathologies dans le cadre de la mise en œuvre de protocoles de coopération.

Les conclusions de la mission Flash IPA de l’Assemblée nationale 

La commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale a rendu publiques le 9 juillet, les 20 mesures issues de sa mission « flash ». Celle-ci a évalué, pendant environ cinq mois, le déploiement des infirmiers en pratique avancée (IPA), huit ans après leur création. Son objectif était de consolider la place de la pratique avancée infirmière dans le système de santé. Les auditions conduites par les rapporteurs confirment un constat déjà formulé par la Cour des comptes : si le développement de la pratique avancée constitue une évolution souhaitable pour le système de soins, la profession d’IPA demeure entravée par de nombreux freins. La mission a donc formulé vingt recommandations afin de permettre à la pratique avancée infirmière de trouver durablement sa place dans le système de santé. Elles concernent cinq grandes dimensions : l’accompagnement institutionnel et la communication ; la refonte des mentions régissant la formation et l’exercice des IPA ; l’accès et le contenu de la formation IPA ; la levée des verrous juridiques à l’autonomie des IPA ; et le renforcement de la recherche sur la pratique avancée infirmière.

Etudiants en soins infirmiers : la précarité toujours présente

 

Comme chaque année à la rentrée de septembre, la Fédération nationale des étudiants en sciences infirmières (FNESI) rend public son rapport sur la précarité des étudiants en soins infirmiers. Une réalité qui frappe de plein fouet nombre d’entre eux et qui à tendance à s’aggraver.

Un étudiant en soins infirmiers (ESI) sur trois renonce à un repas par semaine ; plus d’un tiers des ESI se retrouve contraint de limiter sa prise de rendez-vous auprès d’un professionnel de santé à cause de sa situation financière ; 7 ESI sur 10 ont déjà envisagé d‘arrêter leur formation et parmi eux, 16,49 % citent directement les difficultés financières comme principale raison1. Comme le dénonce la FNESI dans son nouveau dossier, la précarité des étudiants en soins infirmiers ne cesse de s’accroître d’année en année. Et ce, pour plusieurs raisons.

Augmentation des coûts et aides insuffisantes

Alors que l’ensemble des étudiants de l’enseignement supérieur fait face à une augmentation continue du coût de la vie, ESI sont confrontés, de surcroît, à des dépenses supplémentaires : matériel pédagogique, équipements et tenues professionnels, consultations médicales obligatoires, frais complémentaires illégaux, ou encore frais liés aux stages. Les coûts de leur rentrée sont supérieurs d’environ 300 euros à ceux des étudiants d’autres filières, pour lesquels le coût s’élève déjà en moyenne à 3 239 euros. Par ailleurs, si depuis avril 2001, les étudiants infirmiers ont droit à des indemnisations de stage et des frais de déplacements, elles n’ont depuis que peu évolué. A titre de comparaison, les étudiants de l’enseignement supérieur bénéficient d’une gratification minimale fixée à 4,50 euros par heure, soit 15 % du plafond horaire de la Sécurité sociale, indexé sur l’inflation. Les ESI perçoivent, eux, entre 1,10 euro et 1,70 euro de l’heure selon leur année de formation ; un montant d’indemnités « largement insuffisant, et loin de représenter leur engagement », regrette la FNESI. Les étudiants infirmiers des trois spécialités infirmières ainsi qu’en pratique avancée ne jouissent également d’aucune indemnité de stage. De plus, si une partie d’entre eux bénéficient d’une prise en charge par leur employeur ou d’un dispositif de financement de la formation professionnelle, certains doivent l’autofinancer ; une dépense de 9 000 euros en moyenne par an.

L’attribution des bourses

Autre insécurité financière subie par les ESI : l’attribution des bourses. La FNESI revendique d’ailleurs de longue date qu’elle ne relève plus des Régions mais du système national géré par les CROUS, car « selon leur région d’études, les points de charge donnés aux critères d’attribution, les calendriers, les modalités de versement diffèrent, créant une véritable rupture d’égalité entre des étudiant·e·s préparant pourtant le même diplôme d’État », dénonce la FNESI avant d’ajouter : « Dans certaines régions, les retards de versement des bourses contraignent les ESI à avancer plusieurs mois de loyer, d’alimentation ou de frais de transport sans aucune ressource. »

Les conséquences de la précarité financière

Face à cette réalité financière, en 2025, 39,62 % des ESI ont déclaré être contraints d’exercer un emploi en parallèle de leurs études afin de pouvoir subvenir à leurs besoins essentiels. Or, le rythme de travail de la formation est particulièrement dense avec des stages réalisés sur la base d’un temps plein de 35 heures hebdomadaires, auxquels s’ajoutent les temps de trajet, le travail personnel, les évaluations et les enseignements théoriques. Ce cumul est loin d’être sans conséquences d’après la FNESI puisque 63,64 % des étudiants concernés ont estimé que cela avait un impact négatif sur leur réussite académique ainsi que sur leur santé physique et mentale.

Les difficultés financières qu’ils subissent contraignent les étudiants en soins infirmiers à prioritairement faire des économies sur leur alimentation, ce qui n’est pas « sans conséquence sur la santé physique et psychique des étudiant·e·s : fatigue, difficultés de concentration, stress, troubles du sommeil ou encore fragilisation de l’état de santé général », énumère la Fédération. La précarité financière les conduit également à reporter voire à renoncer à des soins faute de moyens financiers.

Comme le rappelle la FNESI, la précarité étudiante « n’est plus un simple frein à la réussite ». Elle représente aujourd’hui « un véritable facteur d’abandon des formations en sciences infirmières » à l’heure où les soignants manquent déjà à l’appel. Pour la fédération étudiante, il est urgent d’agir car cette situation peut avoir des conséquences à long terme « sur l’attractivité de la profession, le renouvellement des effectifs infirmiers et la capacité de notre système de santé à répondre aux besoins croissants de la population ».

 

1Enquête Bien-Être 2025 de la FNESI

 

Une rentrée chargée, au service de la réussite des étudiants et de l’avenir de nos formations

Cette rentrée s’annonce dense pour l’ensemble des instituts de formation, tous secteurs confondus. Qu’il s’agisse des formations paramédicales, sociales ou des autres filières relevant de nos établissements, chacune doit composer avec ses propres évolutions réglementaires, pédagogiques et organisationnelles. Mais c’est sans doute pour les IFSI que cette rentrée revêt une intensité particulière, avec la mise en œuvre du nouveau référentiel de formation en soins infirmiers.

Cette réforme ouvre une nouvelle étape, porteuse d’opportunités mais également de nombreux défis. Au-delà des enjeux strictement pédagogiques, elle implique de construire de nouvelles modalités de coopération avec l’université et de faire évoluer en profondeur nos organisations.

La réussite de cette transformation repose d’abord sur un dialogue étroit et constructif entre les différents partenaires. La mise en place des conventions tripartites, l’organisation des différentes commissions nécessaires au pilotage et au suivi de la formation, ainsi que la définition des responsabilités de chacun constituent autant de chantiers à engager ou à consolider. À cela s’ajoute un enjeu très concret mais essentiel : l’interopérabilité des outils et des systèmes d’information, qui doit permettre notamment de faciliter l’inscription des étudiants à l’université et, plus largement, de sécuriser leur parcours administratif et universitaire.

Ces évolutions ne doivent cependant pas nous faire perdre de vue l’essentiel : la réussite et l’accompagnement des étudiants — en IFSI comme dans l’ensemble de nos formations.

Pour nombre d’entre eux, notamment ceux qui arrivent directement du lycée, le passage vers l’enseignement supérieur représente une véritable marche à franchir. Les exigences en matière d’autonomie, de travail personnel, de méthodologie, mais aussi l’environnement universitaire peuvent constituer un changement important. Cet accompagnement doit donc être pleinement intégré à nos réflexions pédagogiques, quelle que soit la filière concernée. Il nous appartient de créer les conditions permettant à chaque étudiant de comprendre les attendus de l’enseignement supérieur, de développer progressivement son autonomie et de trouver sa place dans ce nouvel environnement.

Cette réforme est également l’occasion de réaffirmer l’importance d’une dynamique territoriale forte, qui dépasse le seul cadre des IFSI. Les enjeux de formation ne peuvent être pensés de manière isolée. Ils concernent les instituts, quelle que soit leur filière, les universités, les établissements de santé, les acteurs du territoire et, bien évidemment, les étudiants. La qualité des coopérations locales, la fluidité des échanges et la capacité à construire ensemble des réponses adaptées aux réalités de chaque territoire seront déterminantes pour réussir cette nouvelle étape.

Dans ce contexte, l’ANDEP entend pleinement jouer son rôle, en favorisant les échanges, le partage d’expériences et la mise en commun des réflexions entre ses adhérents et avec l’ensemble de ses partenaires.

Elle poursuivra notamment l’organisation de webinaires consacrés à la réforme de la formation infirmière, afin d’accompagner les équipes dans sa mise en œuvre, de permettre le partage des pratiques et d’identifier collectivement les difficultés comme les leviers de réussite. Ces rendez-vous seront également ouverts à d’autres thématiques, au-delà de la seule réforme, dès lors qu’elles constituent des enjeux communs aux différentes filières de formation.

Cette rentrée sera donc une rentrée de transformation, mais aussi une rentrée de construction collective, pour tous les instituts. Les défis sont nombreux, parfois complexes, mais ils constituent autant d’occasions de renforcer les coopérations et de faire évoluer nos pratiques au service d’une ambition commune : proposer aux futurs professionnels une formation exigeante, cohérente, accompagnante et pleinement inscrite dans l’enseignement supérieur, tout en restant au plus près des besoins des territoires et du système de santé.

L’ANDEP sera au rendez-vous de cette dynamique.

 

Transformer pour mieux former
De septembre à juillet, cette année de formation aura été traversée par une même exigence : faire passer la réforme infirmière du registre des intentions à celui de la réalité. Dès la rentrée, l’urgence était clairement posée : ne pas laisser la réingénierie de la formation en suspens, alors même que les besoins de soins s’intensifient et que l’attractivité des métiers demeure un enjeu majeur.

Au fil des mois, les textes, les concertations et les arbitrages ont progressivement dessiné une nouvelle architecture. L’intégration universitaire, la reconnaissance des sciences infirmières, l’évolution du diplôme d’Etat, le nouveau référentiel métier et la clarification des compétences constituent des avancées décisives. Mais cette période de transition aura aussi rappelé combien une réforme ne se limite pas à sa publication : elle suppose des cadres stabilisés, des moyens, une gouvernance lisible et une coopération exigeante entre instituts, universités et terrains de stage.

Les Journées d’étude de l’ANdEP ont donné toute leur résonance aux responsabilités qui nous incombent. Elles ont confirmé le rôle central des directeurs d’instituts : garants du projet pédagogique, interfaces entre les partenaires, repères pour les équipes et moteurs d’une transformation qui doit rester professionnalisante, universitaire et profondément ancrée dans la réalité du soin.

Cette année s’achève donc moins sur un aboutissement que sur un engagement partagé. Former plus ne suffira pas ; il faudra former mieux, durablement, en redonnant du sens, de la valeur et de la cohérence aux parcours. Pour l’ANdEP, les ambitions sont intactes : accompagner cette mutation avec lucidité, exigence et esprit collectif, au service des étudiants, des équipes et, demain, des patients.

Au moment de refermer ce chapitre dense, mais particulièrement structurant pour nos instituts, je souhaite à chacune et à chacun un très bel été. Puissent ces semaines offrir un repos pleinement mérité, nourrir de nouvelles perspectives et permettre à tous de retrouver l’élan nécessaire pour relever, ensemble, les défis de la prochaine rentrée.

Santé des soignants : une stratégie sous surveillance

Longtemps reléguée au second plan, la santé des soignants fait désormais l’objet d’une stratégie nationale dédiée. En reconnaissant officiellement que le bien-être des professionnels conditionne la qualité des soins, le gouvernement affiche une ambition forte. Une orientation saluée, mais qui suscite déjà des interrogations sur sa traduction concrète.

Après plusieurs années de rapports et d’alertes, le gouvernement place officiellement la santé des professionnels de santé au rang des priorités nationales. Présenté fin mai par la ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées, Stéphanie Rist, ainsi que par le ministre du Travail et des Solidarités, Jean-Pierre Farandou, et la ministre déléguée chargée de l’Autonomie et des Personnes handicapées, Camille Galliard-Minier, la stratégie repose sur un constat préoccupant : près de la moitié des soignants déclarent avoir été malades au cours des trois derniers mois, soit presque deux fois plus que l’ensemble des salariés.

Quatre priorités concrètes
Afin d’enrayer cette fragilité devenue structurelle, les pouvoirs publics proposent une feuille de route articulée autour de quatre grands axes : accompagner les professionnels et les étudiants, prévenir les atteintes, notamment psychiques, réduire les risques professionnels et inscrire durablement la santé des soignants dans les politiques publiques. Le gouvernement entend également s’appuyer sur les initiatives déjà expérimentées sur le terrain et poursuivre les travaux du comité piloté par Philippe Denormandie et Nicolas Delmas. Plusieurs actions sont déjà identifiées : créer un portail d’information et un numéro d’appel unique, développer des dispositifs de prévention, lancer un label national « 3S » pour valoriser les établissements engagés, et poursuivre des travaux sur des sujets émergents comme la parentalité, les addictions, l’alimentation ou la santé des jeunes professionnels. Au-delà des mesures elles-mêmes, le pouvoir exécutif revendique un changement de regard. La santé des soignants ne serait plus appréhendée comme une simple question de qualité de vie au travail, mais comme une condition du bon fonctionnement du système de santé. « Notre système de santé ne peut être fort avec des professionnels malades, épuisés ou en souffrance. C’est une question d’éthique, d’efficacité et de cohérence. Autrement dit, prendre soin de ceux qui prennent soin est la condition de tout le reste »,
soulignent les trois ministres dans l’éditorial accompagnant le plan gouvernemental. La mise en œuvre de ces engagements sera désormais le principal juge de cette ambition affichée.

Entre soutien et critiques
Les différentes organisations professionnelles saluent la décision du gouvernement et la priorisation nationale du sujet. Plusieurs acteurs soulignent notamment l’intérêt d’une approche transversale reliant santé au travail, prévention des addictions, santé mentale et qualité de vie professionnelle. Mais les réactions font également apparaître plusieurs réserves. Certains observateurs jugent le plan incomplet et s’interrogent sur l’impact concret de mesures perçues comme essentiellement organisationnelles. Dans une tribune publiée par Infirmiers.com*, plusieurs dispositions sont ainsi perçues comme des annonces aux effets potentiellement limités sur le quotidien des professionnels. Surtout, le texte est critiqué pour l’absence quasi totale de référence aux cadres de santé, alors même que ces derniers jouent un rôle central dans la prévention des risques, l’accompagnement des équipes et l’amélioration des conditions de travail. Les détracteurs du plan estiment que sans un investissement accru dans le management de proximité et l’organisation du travail, les dispositifs annoncés risquent de ne pas répondre aux causes profondes du mal-être des soignants. « Les cadres de santé jouent un rôle primordial pour prévenir l’usure professionnelle et accompagner les équipes au quotidien. Pierre angulaire des bonnes conditions de travail des professionnels hospitaliers, ils sont pourtant absents de ce plan. Les soignants doivent pouvoir compter sur leurs compétences pour maintenir un état de santé opérationnel », est-il notamment écrit. Malgré les limites évoquées, ce plan marque néanmoins une étape importante dans la reconnaissance de la santé des soignants comme un enjeu de politique publique. L’ambition est désormais affichée ; sa traduction concrète sera, elle, scrutée par les professionnels.

Hugues Rieu

(*) « Les cadres, malheureusement absents du plan pour la santé des soignants », Infirmiers.com (29 mai 2026).