Urgences : le défi de la régulation
Le gouvernement a récemment dévoilé une stratégie nationale pour réduire de moitié les passages évitables aux urgences, soit près de quatre millions de recours chaque année. Selon le ministère de la Santé, entre 30 et 40 % des patients accueillis pourraient être pris en charge autrement. Présentée fin mai, la feuille de route repose sur quatre leviers : offrir des alternatives concrètes aux urgences en consolidant la réponse aux soins non programmés, en s’appuyant notamment sur le SAS, désormais déployé sur tout le territoire et animé par plus de 12 000 professionnels de santé ; mieux orienter les patients et réguler les entrées aux urgences, une organisation expérimentée dans plusieurs territoires, qui a démontré son efficacité en réduisant significativement le nombre de passages tout en garantissant la sécurité des patients ; fluidifier les parcours de soins en aval des urgences, en généralisant progressivement la gestion des lits, en développant les admissions directes en hospitalisation, notamment pour les personnes âgées, et en renforçant les capacités de médecine polyvalente, de gériatrie et de soins de réadaptation ; faire évoluer les réflexes, via une campagne nationale de sensibilisation qui sera prochainement lancée par le ministère. Au-delà des intentions, la ligne de crête sera particulièrement étroite pour désengorger les services d’urgence, notamment lors des pics estivaux et hivernaux, sans saturer les soins de ville qui connaissent aussi de fortes tensions.
NB : près de vingt millions de passages sont enregistrés chaque année dans les services d’urgence, selon le ministère de la Santé.




