Entre progrès et fragilités
Lancée il y a cinq ans, l’expérimentation d’intégration universitaire des études infirmières approche de son terme, tandis que la réforme de la formation entre progressivement en application. Pour mesurer son impact, la Fédération nationale des étudiants en sciences infirmières a récemment interrogé les étudiants concernés. Premier enseignement : 78,3 % des répondants se déclarent satisfaits de la place accordée à la recherche au sein des dispositifs expérimentaux. Les établissements engagés apparaissent également mieux préparés à accompagner la transformation de la formation infirmière. Mais le bilan met aussi en évidence plusieurs fragilités : 50,8 % évoquent des difficultés dans les échanges avec les enseignants universitaires. La FNESI pointe notamment une coordination encore insuffisante entre universités et instituts de formation en soins infirmiers. Autre chiffre marquant : 61,1 % des étudiants jugent les moyens humains mobilisés insuffisants. Au regard de ces résultats, la fédération propose trois évolutions majeures : la montée des départements universitaires en sciences infirmières, la création de postes d’enseignants-chercheurs et la publication rapide des textes encadrant la réforme. A mesure que les compétences infirmières se développent, le sujet dépasse la seule réforme pédagogique : il s’agit désormais de faire correspondre la reconnaissance académique de la profession aux responsabilités nouvelles qui lui sont confiées.