Présentée le 13 février 2018 depuis l’hôpital Simone Veil d’Eaubonne (Val d’Oise), la nouvelle stratégie de santé, portée par Agnès Buzyn et Edouard Philippe doit commencer à entrer en application dès le second semestre de 2018.  Au programme, cinq chantiers de changements et d’améliorations : le financement, la qualité et la pertinence des soins, les ressources humaines, l’organisation territoriale et le numérique de santé.

À l’origine de ces chantiers, l’identification de trois «faiblesses» dans le système d’offre de soins. Un investissement trop léger dans la prévention, une séparation trop opaque entre les instances municipales, les hôpitaux et les centres médico-sociaux et la difficulté d’accéder aux soins sur certains territoires.

Les ministres ont expliqué leur volonté d’aboutir à une feuille de route générale pour une application des premières réformes au cours de l’année 2018. A cette fin, une large consultation doit être lancée entre mars et mai. «Je souhaite réunir autour d’une même table tous les professionnels de santé, de la ville, de l’hôpital, du médico-social, du public et du privé», indique Edouard Philippe, qui dit vouloir inclure les représentants des usagers dans la concertation. Une méthode consultative qui doit adresser en priorité les questions de l’organisation territoriale et du numérique de santé.

Pour s’attaquer aux chantiers des ressources humaines et de la qualité et la pertinence des soins, Agnès Buzyn compte s’appuyer sur la Haute Autorité de Santé (HAS), dont elle fut présidente. Cette institution s’est vue confier la mission de proposer «des indicateurs de qualité des parcours qui portent sur les dix pathologies les plus fréquentes», précise la ministre, qui souligne que ces indicateurs seront «systématisés durant l’année 2019».

Madame Buzyn sollicite, en coordination avec l’HAS, l’Assurance maladie, les conseils nationaux professionnels des différentes spécialités et le Collège de médecine générale. Ces instances doivent lui soumettre des propositions pour améliorer les pratiques et les soins, «d’ici l’été 2018».  Pour les professionnels de santé, la Ministre souhaite « nourrir des perspectives de carrière diversifiées centrées sur le soin mais avec des accès à la recherche, à l’enseignement, au management »

La ministre, enfin, veut mesurer la satisfaction des patients et souhaite que «les établissements [mènent] des enquêtes auprès des personnels sur leur perception du service rendu aux patients».

Dernier mais pas des moindres, le chantier du financement est à l’origine d’inquiétudes de la part des acteurs des secteurs sanitaires et du paramédical. Le Premier ministre a salué «l’hôpital [qui] a largement contribué à la régulation» des dépenses. Ce même hôpital doit toutefois maintenant être soumis à l’article 51 de la loi de financement de la sécurité sociale. Cet article permet de tester de nouveaux modes de rémunération. C’est donc un cadre expérimental qui va être mis en place. Le but : confier à une task force le soin de réfléchir à des modèles de financements, afin qu’une réforme «en profondeur, de la tarification des soins» soit, à terme, mise en place.

Annie Chapelier, députée (LREM) du Gard et Jean-Carles Grelier, député (LR) de la Sarthe ont été nommés co-présidents du groupe d’études sur professions paramédicales de l’Assemblée nationale. Il sont en charge de l’évolution des pratiques du secteur.

Anne Chapelier est infirmière anesthésiste de profession. Avant de rejoindre l’Assemblée nationale, elle a exercé en libéral, en tant qu’IBODE, en pédiatrie-néonatologie, et a enseigné en école AS.

Jean-Carles Grelier était maire de La Ferté-Bernard avant d’occuper le siège de député de Dominique Le Méner, dont il était le suppléant. Il est avocat et vice-président du Conseil départemental de la Sarthe.

L’ANdEP devrait les rencontrer dans le mois qui vient. Rendez-vous pour le bilan !

Des échanges, des réflexions de pratiques, de valeurs… La journée des adhérents ANdEP doit permettre aux participants d’apporter leur opinion aux actions de l’association. Seront discutés, entre autre, la mise en place de la stratégie faisant suite au rapport de l’ANdEP, le positionnement des membres sur les évolutions du métier de directeur, la formation des formateurs et les actualités du secteur paramédical.

La journée des adhérents se tiendra à Paris, à l’IFCS du Centre Hospitalier Sainte-Anne. Les places ne sont pas limitées mais les inscriptions ne sont ouvertes que jusqu’au 9 mars !

Paru au Journal Officiel en janvier 2015, ce décret prévoit d’ouvrir exclusivement aux IBODE l’accès à de nouvelles pratiques, telles que «apporter une aide à l’exposition, à l’hémostase et à l’aspiration». Sa mise en application, prévue au 1er janvier 2018, était jugée prématurée, essentiellement par manque «de mesures transitoires [qui] alertaient sur la faisabilité», d’après les associations d’IBODE.

C’est le Conseil d’État qui a tranché : «Les dispositions […] du code la santé publique sont applicables à compter du 1er janvier 2019», peut-on lire sur le site Legifrance. Une période transitoire allongée, donc, pour une mesure revendiquée de longue date par les acteurs de la profession.

L’ANdEP est partenaire de ce colloque.

Plus d’informations sur le site de Sofrasim

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L’ ARS Île-de-France vient de publier cet appel à projet:

Soutien à l’innovation de l’enseignement et de la recherche par des professionnels de santé

« Le projet concerne la création de fonctions d’enseignants-chercheurs bi-appartenant pour les professions d’infirmier ou de rééducateur (masseur kinésithérapeute, ergothérapeute, orthophoniste orthoptiste, etc.).
Ces fonctions, mises en place à titre expérimental, ne rentrent pas dans le cadre des postes statuaires des universités »

Clôture des candidatures le 20 avril 2018

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Soulignons l’existence d’un DU « Gestion des risques dans la prise en charge des patients en établissement de santé » mis en place par l’Université d’Angers. Durée de la Formation: 1an.

« Ce DU, contrairement aux formations qualité et gestion des risques généralistes permet à des praticiens (médecins, pharmaciens, odontologistes, sages-femmes, professionnels de santé non-médicaux) d’intégrer des démarches méthodologiques adaptées à la spécificité de leur exercice.

Cette formation se veut axée sur l’acquisition de « savoir faire » et donc donne une place prépondérante à l’action concrète dans la spécialité. La personne formée sera accompagnée dans la mise en œuvre de la gestion des risques dans son activité. »

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 2018 est un nouveau départ pour l’ANdEP. Deux enjeux, deux revendications majeures constituent désormais le cœur du combat de l’association : l’universitarisation et la pluriprofessionnalité.

Une filière complète, apte à dispenser des masters et des doctorats, à former des chercheurs et des enseignants : c’est ainsi que se traduit, de manière pratique, la volonté d’universitarisation portée par l’ANdEP.

Les buts : la possibilité, pour les infirmiers ayant fait une spécialité (IBODEs et puériculteurs) de disposer d’un grade de master, au même titre que les infirmiers anesthésistes. Mais aussi la création de doctorats – et donc de docteurs en sciences paramédicales . Un statut qui existe déjà au Canada, et qui doit permettre le développement de la recherche dans le secteur paramédical.

En pratique, cela pourrait mener à la création de nouveaux métiers tels que les cliniciens chercheurs ou les enseignants chercheurs. Une étape indispensable pour l’épanouissement des formations aux métiers de santé, d’après Florence Girard, qui rappelle que : «sans recherche on ne peut développer l’universitarisation, et vice-versa». 

Pour arriver à cette fin, l’établissement d’un nouveau conventionnement avec les UFRs et les universités est indispensable. Les statuts actuels ne donnent accès qu’à des grades de licence aux formations initiales et ne leur permettent de délivrer que des diplômes d’état.

Si le rattachement des formations paramédicales aux universités fait un peu plus consensus dans le secteur, une autre revendication commune s’inscrit dans les nouveaux enjeux de l’ANdEP : la pluriprofessionnalité.

L’idée : repenser les formations de santé pour former des professionnels aptes à travailler ensemble et sortir des enseignements en tuyau d’orgue. «On souhaite que les étudiants en formations paramédicales aient des moments de partage communs pendant leurs études et, pour ceux qui ont vocation à faire de la recherche, qu’ils fassent de la recherche en commun, au niveau doctorat», précise encore Florence Girard.

L’association insiste sur l’accès à la recherche parce qu’elle est indispensable pour asseoir la légitimité des formations aux métiers de la santé dans les universités. On ne peut plus concevoir la recherche sur certains sujets sans être pluriprofessionnel.

L’axe de l’année sera d’accompagner ces changements, en tant que directeurs, pour qu’ils se fassent dans le respect des identités de chacun, tout en atteignant les objectifs fixés.

Associations, fondations, groupements… Les fédérations d’établissements liés à la santé ne manquent pas en France. Dans ce labyrinthe d’acronymes et d’institutions, l’ANdEP occupe une place bien particulière, qui lui confère sa spécificité.

Tout d’abord, c’est une association de personnes, et non d’établissements, comme d’autres associations.

Ensuite, l’ANdEP accueille sans distinction les Directeurs des instituts, ou exerçant dans un département universitaire publics, privés non lucratifs aussi bien que privés lucratifs, ainsi que les différentes filières du paramédical : kinésithérapeutes, ergothérapeutes, infirmiers, aides-soignants, etc.

Enfin, l’association se concentre en priorité sur la fonction et sur les missions plutôt que sur les statuts, même si ceux-ci restent un objectif.

Ses engagements prioritaires: le travail, le quotidien, les enjeux de terrain, les évolutions, avec une volonté d’ouverture.