Dans une étude dévoilée fin janvier, la Drees pointe des inégalités de recours aux soins orthophoniques chez les enfants et les adolescents, selon le sexe, l’âge et le lieu de vie.

Selon les données présentées, 1 250 000 mineurs ont consulté au moins une fois un orthophoniste en 2019*.
Signe particulier : les garçons consultent plus souvent que les filles et surtout plus jeunes. Plus de 21 millions de consultations ont été réalisées durant cette année, et près de la moitié des patients étaient âgés entre six et dix ans. Les troubles du langage oral étaient le principal motif de consultation des enfants de trois à dix ans, tandis que les adolescents consultaient davantage pour des pathologies du graphisme et du langage écrit.

Autre particularité notable : tous les territoires ne sont pas égaux en matière d’accès aux orthophonistes, dont la densité nationale moyenne était de 135 professionnels pour 100 000 enfants, avec des écarts importants en fonction des départements. En France métropolitaine, le taux le plus élevé était observé dans l’Hérault (255 orthophonistes pour 100 000 enfants) et le plus bas dans le Cantal (40 orthophonistes pour 100 000 enfants).

NB : la France comptait 22 951 orthophonistes de moins de 62 ans en activité au 1er janvier 2019, dont 97 % de femmes.


Photo : Philippe Chagnon/Cocktail Santé

Dans le cadre de la réforme de la médecine d’urgence, l’ARS Normandie va soutenir financièrement le déploiement de structures mobiles d’urgence et de réanimation paramédicalisées, qui seront assurées par un infirmier et un ambulancier, sur demande du SAMU et en lien avec le médecin régulateur.

Chaque SMUR percevra un forfait de 45 000 euros pour couvrir les frais de formation et l’acquisition des équipements dédiés. En marge de cette initiative, l’ARS Normandie a également lancé un appel à projets, ouvert aux quarante établissements autorisés à pratiquer la médecine d’urgence.

Doté de 1,7 million d’euros, il doit permettre de stimuler leurs actions dans quatre grands domaines : actions d’optimisation du temps médical, organisations visant à renforcer la pertinence du recours aux urgences en partenariat avec la médecine générale de ville, dispositifs d’équipes d’intervention SMUR, démarche de structuration d’un modèle territorial de réponse à l’urgence. Les résultats seront connus fin février.


Photo : CHU Rouen

La loi visant à améliorer l’accès aux soins par l’engagement territorial des professionnels a été promulguée fin décembre. Formation, statut, exercice… Le texte comporte plusieurs avancées structurantes pour les professions paramédicales.

L’ONI se félicite notamment de la création d’une fonction d’infirmier référent pour les patients en ALD. Les lois se succèdent et la tendance se confirme : les pouvoirs publics compte de plus en plus sur les professions paramédicales pour améliorer l’accès aux soins et réduire les inégalités sanitaires dans les territoires, en confiant notamment de nouvelles missions aux infirmières de manière régulière. Promulguée fin décembre, la loi Valletoux s’inscrit pleinement dans cette logique. « Ce texte prévoit des solutions urgentes et nécessaires pour faire face à la crise du système de santé, qui constitue la première préoccupation des Français. Il fait du territoire de santé l’échelon de référence de l’organisation locale de la politique de santé », souligne son auteur. Formation, statut, exercice… Il comporte plusieurs mesures emblématiques, dont une interdiction de l’intérim pour les professionnels médicaux, paramédicaux ou socio-éducatifs récemment diplômés, que ce soit dans les établissements de santé et médico-sociaux, les laboratoires de biologie médicale ou les établissements accompagnant des enfants en situation de handicap. Il prévoit par ailleurs une extension des prérogatives des conseils territoriaux de santé, qui deviennent l’organe de gouvernance des politiques de santé locale, mais aussi une facilitation de l’exercice des praticiens diplômés hors de l’Union européenne ou encore le lancement d’une expérimentation visant à encourager l’orientation des lycéens issus de déserts médicaux vers les études de santé*.

Les infirmiers prennent du galon

Grande nouveauté : la loi Valletoux crée un statut d’infirmier référent pour les patients en affection de longue durée. Dans le cadre de cette fonction, la profession sera désormais responsable de la coordination des parcours de soins et du suivi des personnes concernées. Actuellement menée dans six régions (Auvergne-Rhône-Alpes, Centre-Val de Loire, Hauts-de-France, Ile-de-France, La Réunion et Occitanie), l’expérimentation concernant la rédaction des certificats de décès par les infirmiers sera étendue sur l’ensemble du territoire. Autre évolution actée par le législateur : le recul de la limite d’âge du cumul-emploi retraite pour les professionnels de santé travaillant dans un hôpital public ou dans un centre de santé. Il sera de soixante-douze ans pour les infirmiers et de soixante-quinze ans pour les médecins. Dans un communiqué publié fin décembre, l’Ordre national des infirmiers évoque un texte de loi pragmatique au service de la santé des Français. « Nous saluons l’écoute et la conviction des rapporteurs qui ont repris à leur compte certaines propositions que l’ONI formulait depuis de nombreuses années, et en premier lieu la création du statut d’infirmier référent pour les patients en ALD. Nous souhaitons maintenant que les travaux entamés pour la rénovation du décret infirmier entérine pleinement le rôle central de notre profession dans l’accès aux soins », affirme Patrick Chamboredon, son président.

(*) Un rapport portant sur le déroulement de l’internat en médecine et des études de santé médicales et paramédicales a été demandé au gouvernement par le Parlement


Photo : Eric Durand / Cocktail Santé

Dans le cadre de son plan de lutte contre les violences faites aux soignants, le gouvernement a déployé une campagne nationale de communication intitulée : « Il faut être malade pour s’en prendre à un professionnel de santé ».

Diffusée sur les réseaux sociaux et placardée dans les lieux de soins, comme les cabinets médicaux, les pharmacies ou les hôpitaux, elle devait permettre de combattre toute forme de violence, de rappeler les peines encourues et d’inciter les professionnels qui en sont victimes à porter plainte. Quatre affiches, à destination du grand public, illustraient quatre situations devenues courantes : une infirmière agressée aux urgences de l’hôpital, un médecin violenté au sein de son cabinet médical, une secrétaire médicale insultée par un patient impatient et une pharmacienne décontenancée face à la dégradation de son lieu de travail. Trois affiches thématiques étaient également destinées aux lieux de repos des professionnels de santé.

Malgré la « tolérance zéro » prônée par les pouvoirs publics et le durcissement des sanctions pénales, ces messages seront-ils suffisants pour éradiquer ce fléau et changer durablement les mentalités ? Chaque jour, en moyenne, soixante-cinq soignants sont pris à partie par leurs patients.

NB : cette campagne de sensibilisation a été diffusée entre le 19 décembre 2023 et le 18 janvier 2024.

Dans une décision rendue fin décembre, le Conseil d’Etat demande au gouvernement de revoir les conditions et les modalités d’admission en deuxième année des études de santé.

Une victoire importante pour le Collectif national PASS/LAS qui avait saisi la plus haute juridiction administrative du pays il y a dix-huit mois, afin de dénoncer les incohérences et les inégalités de la réforme. Et pour cause : certains étudiants très bien classés lors des épreuves écrites se retrouvent écartés lors des oraux qui peuvent représenter entre 15 et 70 % de leur note globale, en fonction des établissements.

Selon le Conseil d’Etat, les universités ne devront plus décider unilatéralement de la pondération respective des deux groupes d’épreuve. Il donne six mois au gouvernement pour revoir sa copie et donner un cadre précis à la sélection. Le décret détaillant cette nouvelle organisation devra être promulgué avant le mois de juillet.

NB : la réforme du premier cycle des études de santé a été mise en place il y a trois ans.


Photo : Philippe Chagnon/ Cocktail Santé

Dans un communiqué publié fin décembre, le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche annonçait le lancement d’une ligne téléphonique et d’un courriel pour accompagner les étudiants en situation de mal-être.

Plate-forme d’écoute et d’orientation, la Cnaé* offre également une aide circonstanciée avec des professionnels qualifiés pour signaler des situations pouvant relever d’une qualification pénale, que ce soit en matière de discrimination, de harcèlement ou encore de violences sexistes et sexuelles.

Gratuit et confidentiel, ce service est opéré par l’association « En Avant Toutes », sous l’égide du ministère. Chaque étudiant qui en exprime le besoin pourra être mis en relation avec un psychologue ou un travailleur social pour obtenir de l’aide ou accéder à des renseignements.

Ce point de contact de référence** sera accessible du lundi au vendredi entre 10h et 21h, et le samedi entre 10h et 14h.

(*) Coordination nationale d’accompagnement des étudiantes et étudiants – Cnaé.
(**) Contacts : 0 800 737 800 ou cnaes@enseignementsup.gouv.fr

La décision est tombée mi-décembre. Le Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine prend désormais en charge les frais de transports des élèves aides-soignants et accompagnants éducatifs et sociaux lors de leur période de stage.

Une grande première en France ! Double objectif de la manœuvre : favoriser l’attractivité de ces métiers dans un secteur en très forte tension et lutter contre l’abandon de formation pour des raisons financières. Précision notable : ce dispositif d’accompagnement représente un investissement de 700 000 euros en 2024. Le remboursement des frais de transport sera effectué par les centres de formation sur présentation des justificatifs.

Grâce au dynamisme et à l’implication de ces instituts, la collectivité régionale dit avoir considérablement renforcé ses capacités de formation au cours des dernières années. La région propose notamment 4 000 places pour ces deux métiers stratégiques, soit 1 700 pour les aides-soignants et 2 300 pour les accompagnants éducatifs et sociaux.


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Dans le cadre de son nouveau budget annuel voté fin décembre, la Région Ile-de-France affiche un soutien sans précédent aux formations sanitaires et sociales pour « répondre aux enjeux du secteur et des territoires ».

Cette volonté se traduit par une hausse budgétaire de 15 % en 2024. Un investissement conséquent qui permettra notamment de créer de nouvelles places en soins infirmiers, soit 3 300 étudiants supplémentaires.

Autre décision forte : le Conseil régional a choisi de relever le montant des bourses attribuées aux étudiants du secteur sanitaire et social. Tous les échelons seront revalorisés à hauteur de 370 euros par an. Pour attirer et fidéliser les étudiants de ces filières, une campagne de communication régionale sera prochainement lancée.

NB : le budget consacré par la région aux formations sanitaires et sociales sera de 302 millions d’euros en 2024.


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Le gouvernement vient de lancer une consultation citoyenne qui doit alimenter la réforme du métier infirmier. Signe particulier : le sujet de la formation n’est pas directement abordé…

« La profession infirmière est l’une des grandes priorités de l’action de mon ministère. Les enjeux sont nombreux pour cette corporation dont la définition du métier et des missions n’a pas évolué depuis vingt ans. On attend dès maintenant vos propositions ! » Dans un message posté mi-décembre sur les réseaux sociaux, Agnès Firmin-Le Bodo, ministre déléguée en charge de l’Organisation territoriale et des Professions de santé, annonçait le « lancement immédiat » de la réforme du métier infirmier sous la forme d’une consultation citoyenne ouverte à tous, non sans évoquer deux pistes d’évolution au conditionnel : un rendez-vous de prévention et une prise en charge « un peu plus globale » des patients.

Onze questions

Proposée par le ministère chargé de l’Organisation territoriale et des Professions de santé, cette consultation citoyenne est accessible via l’application Agora*, lancée en septembre dernier par Olivier Véran, ministre du Renouveau démocratique. « Une consultation sur Agora est bien plus qu’un sondage. Les questions sont pensées pour nourrir les décisions gouvernementales et la ministre s’engage à y donner suite. En contribuant au débat, vous travaillez à définir les orientations et les actions du gouvernement », est-il écrit en amont du questionnaire intitulé « quelle réforme pour le métier infirmier ? » qui comporte onze entrées. Quarante-huit heures après sa mise en ligne, 2 500 contributions avaient été enregistrées. Signe particulier : le sujet de la formation n’est pas directement abordé.

Et après ?

Les intentions de la puissance publique sont clairement affichées : « L’objectif de cette consultation est de recueillir votre appréhension du métier d’infirmier ainsi que vos attentes sur son rôle et sa mission au sein du système de santé et nourrir, avec vous, les travaux menés sur l’évolution de la profession. » Ouverte depuis le 15 décembre, cette consultation citoyenne prendra fin le 12 janvier prochain. Les résultats obtenus permettront d’orienter les réflexions en cours. Selon le calendrier fixé par François Braun, l’ancien ministre de la Santé et de la Prévention, la réforme du métier infirmier doit aboutir en septembre 2024. Elle devra notamment permettre de mieux considérer la réalité de l’exercice actuel et la valorisation des pratiques professionnelles, mais aussi de mieux répondre aux besoins des patients.

Pour accèder à cette consultation


Photo : Capture d’écran