Dans un communiqué publié fin décembre, le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche annonçait le lancement d’une ligne téléphonique et d’un courriel pour accompagner les étudiants en situation de mal-être.

Plate-forme d’écoute et d’orientation, la Cnaé* offre également une aide circonstanciée avec des professionnels qualifiés pour signaler des situations pouvant relever d’une qualification pénale, que ce soit en matière de discrimination, de harcèlement ou encore de violences sexistes et sexuelles.

Gratuit et confidentiel, ce service est opéré par l’association « En Avant Toutes », sous l’égide du ministère. Chaque étudiant qui en exprime le besoin pourra être mis en relation avec un psychologue ou un travailleur social pour obtenir de l’aide ou accéder à des renseignements.

Ce point de contact de référence** sera accessible du lundi au vendredi entre 10h et 21h, et le samedi entre 10h et 14h.

(*) Coordination nationale d’accompagnement des étudiantes et étudiants – Cnaé.
(**) Contacts : 0 800 737 800 ou cnaes@enseignementsup.gouv.fr

La décision est tombée mi-décembre. Le Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine prend désormais en charge les frais de transports des élèves aides-soignants et accompagnants éducatifs et sociaux lors de leur période de stage.

Une grande première en France ! Double objectif de la manœuvre : favoriser l’attractivité de ces métiers dans un secteur en très forte tension et lutter contre l’abandon de formation pour des raisons financières. Précision notable : ce dispositif d’accompagnement représente un investissement de 700 000 euros en 2024. Le remboursement des frais de transport sera effectué par les centres de formation sur présentation des justificatifs.

Grâce au dynamisme et à l’implication de ces instituts, la collectivité régionale dit avoir considérablement renforcé ses capacités de formation au cours des dernières années. La région propose notamment 4 000 places pour ces deux métiers stratégiques, soit 1 700 pour les aides-soignants et 2 300 pour les accompagnants éducatifs et sociaux.


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Dans le cadre de son nouveau budget annuel voté fin décembre, la Région Ile-de-France affiche un soutien sans précédent aux formations sanitaires et sociales pour « répondre aux enjeux du secteur et des territoires ».

Cette volonté se traduit par une hausse budgétaire de 15 % en 2024. Un investissement conséquent qui permettra notamment de créer de nouvelles places en soins infirmiers, soit 3 300 étudiants supplémentaires.

Autre décision forte : le Conseil régional a choisi de relever le montant des bourses attribuées aux étudiants du secteur sanitaire et social. Tous les échelons seront revalorisés à hauteur de 370 euros par an. Pour attirer et fidéliser les étudiants de ces filières, une campagne de communication régionale sera prochainement lancée.

NB : le budget consacré par la région aux formations sanitaires et sociales sera de 302 millions d’euros en 2024.


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Le gouvernement vient de lancer une consultation citoyenne qui doit alimenter la réforme du métier infirmier. Signe particulier : le sujet de la formation n’est pas directement abordé…

« La profession infirmière est l’une des grandes priorités de l’action de mon ministère. Les enjeux sont nombreux pour cette corporation dont la définition du métier et des missions n’a pas évolué depuis vingt ans. On attend dès maintenant vos propositions ! » Dans un message posté mi-décembre sur les réseaux sociaux, Agnès Firmin-Le Bodo, ministre déléguée en charge de l’Organisation territoriale et des Professions de santé, annonçait le « lancement immédiat » de la réforme du métier infirmier sous la forme d’une consultation citoyenne ouverte à tous, non sans évoquer deux pistes d’évolution au conditionnel : un rendez-vous de prévention et une prise en charge « un peu plus globale » des patients.

Onze questions

Proposée par le ministère chargé de l’Organisation territoriale et des Professions de santé, cette consultation citoyenne est accessible via l’application Agora*, lancée en septembre dernier par Olivier Véran, ministre du Renouveau démocratique. « Une consultation sur Agora est bien plus qu’un sondage. Les questions sont pensées pour nourrir les décisions gouvernementales et la ministre s’engage à y donner suite. En contribuant au débat, vous travaillez à définir les orientations et les actions du gouvernement », est-il écrit en amont du questionnaire intitulé « quelle réforme pour le métier infirmier ? » qui comporte onze entrées. Quarante-huit heures après sa mise en ligne, 2 500 contributions avaient été enregistrées. Signe particulier : le sujet de la formation n’est pas directement abordé.

Et après ?

Les intentions de la puissance publique sont clairement affichées : « L’objectif de cette consultation est de recueillir votre appréhension du métier d’infirmier ainsi que vos attentes sur son rôle et sa mission au sein du système de santé et nourrir, avec vous, les travaux menés sur l’évolution de la profession. » Ouverte depuis le 15 décembre, cette consultation citoyenne prendra fin le 12 janvier prochain. Les résultats obtenus permettront d’orienter les réflexions en cours. Selon le calendrier fixé par François Braun, l’ancien ministre de la Santé et de la Prévention, la réforme du métier infirmier doit aboutir en septembre 2024. Elle devra notamment permettre de mieux considérer la réalité de l’exercice actuel et la valorisation des pratiques professionnelles, mais aussi de mieux répondre aux besoins des patients.

Pour accèder à cette consultation


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Dans un message posté fin novembre sur les réseaux sociaux, Marguerite Cazeneuve, directrice déléguée à la gestion et à l’organisation des soins de la Cnam, annonçait le lancement officiel du programme transition écologique du système de santé et santé environnementale.

Sa priorité est clairement affichée : réduire l’empreinte carbone du médicament en s’appuyant notamment sur une méthodologie d’évaluation inspirée par les travaux du Shift Project. Une « perspective colossale » qui passera par la sensibilisation des médecins sur le « coût carbone » de leurs prescriptions, mais aussi par la mise en place d’un système de bonus/malus écologique pour les industriels. Cabinet vert et soins écoresponsables, transports sanitaires et réutilisation des dispositifs médicaux, prévention et pertinence des soins, identification des initiatives locales susceptibles d’être généralisées, transformation des organismes d’assurance maladie… Plusieurs chantiers seront par ailleurs initiés par la Cnam qui veut apporter sa contribution pour atteindre les objectifs fixés par le GIEC, soit la neutralité carbone du système de santé d’ici à 2050. Ces travaux s’inscriront dans la feuille de route pour la planification écologique du système de santé, laquelle découle du plan d’action France Nation Verte.

NB : Cécile Traon a été nommée directrice du programme transition écologique et santé environnementale au sein de la Cnam.


Photo : Philippe Chagnon/Cocktail Santé

Dans un contexte marqué par l’universitarisation des formations paramédicales, les enseignants-chercheurs en sciences infirmières ont choisi de créer leur propre conseil national.

Constitué début septembre, le CoFECSI* regroupe l’ensemble des forces vives du secteur et aura notamment pour mission d’assurer leur représentation dans les instances compétentes et les organisations professionnelles. Soins, recherche, enseignement… Cette structure entend favoriser les réflexions stratégiques sur les trois grandes dimensions du métier dans tous les champs et secteurs d’exercice, y compris spécialisés et en pratique avancée.

Ses premières actions traduisent les ambitions portées : contribuer dès maintenant aux travaux sur la refondation de la profession et de la formation infirmière dans la perspective de créer une filière LMD en sciences infirmières « cohérente et pertinente » dans le paysage universitaire français.

Le collège sollicitera également son adhésion aux conseils nationaux professionnels de la profession infirmière.

(*) Collège Français des Enseignants-Chercheurs universitaires en Sciences Infirmières – CoFECSI.


Photo : Philippe Chagnon/Cocktail Santé

L’ARS Auvergne-Rhône-Alpes vient de réviser sa méthode de zonage des soins orthophoniques.

Objectif de la manœuvre : rendre éligibles de nouveaux territoires aux dispositifs financiers existants pour favoriser l’installation ou le maintien de ces professionnels de santé dans les zones sous-dotées. Principal fait marquant : vingt-huit bassins de vie supplémentaires sont désormais éligibles aux différentes aides publiques.

Applicable depuis début novembre, pour une durée maximale de trois ans, ce nouveau zonage a été élaboré en lien avec l’URPS orthophonistes et sur avis de la Conférence régionale de la santé et de l’autonomie.

Pour tenir compte de l’évolution de la situation des territoires et des besoins des habitants, il sera régulièrement évalué et pourra être révisé à tout moment durant ce laps de temps. Parmi d’autres enjeux, cette initiative doit notamment permettre de réduire les inégalités d’accès aux soins constatées dans la région.

NB : six professions de santé font l’objet d’un zonage : les médecins, les infirmiers, les sages-femmes, les masseurs-kinésithérapeutes et les chirurgiens-dentistes.


Photo : Philippe Chagnon/Cocktail Santé

Filiale du groupe ferroviaire éponyme, SNCF Gares & Connexions veut déployer des espaces de télémédecine et des services de soins complémentaires dans trois cents gares au cours des cinq prochaines années, en partenariat avec Loxamed.

Ces box seront implantés dans des territoires caractérisés par une couverture médicale insuffisante, soit les zones d’intervention prioritaires et les zones d’aménagement concerté, ce qui représente un potentiel de 1 735 gares. Les lieux seront naturellement sélectionnés en concertation avec les collectivités locales et les Agences régionales de santé.

Signe particulier : le projet de SNCF Gares & Connexions repose sur la présence systématique d’un IDE pour faire le lien entre le médecin et le patient qui pourra prendre rendez-vous sur place ou via Doctolib. Les consultations seront facturées et remboursées au tarif conventionnel du secteur 1.

La mesure a naturellement suscité de vives réactions au sein du corps médical, Ordre et syndicats en tête, qui dénoncent une ubérisation et une financiarisation de la santé, non sans pointer la responsabilité des pouvoirs publics.


Illustration : SNCF Gares & Connexions

Selon le dernier baromètre établi par Posos et Lifen, 96 % des soignants reconnaissent un état de fatigue intense, que ce soit en milieu hospitalier ou dans le secteur libéral.

Trois grandes raisons en sont la cause : la lourdeur administrative, le manque de reconnaissance et la faiblesse des effectifs disponibles. Autre tendance lourde : 85 % des répondants pointent un déséquilibre préjudiciable entre leur vie professionnelle et leur vie personnelle.

Au-delà du constat, cette enquête détaille également les attentes des professionnels par métier et par lieu d’exercice. Le soutien et la reconnaissance, la rémunération ou encore l’organisation et la gestion du travail arrivent en tête des priorités chez les infirmiers hospitaliers.

La rémunération, le soutien et la reconnaissance ou encore la conciliation entre la vie professionnelle et la vie privée sont les trois sujets plébiscités par les infirmiers libéraux.

A noter : cette enquête a été menée au printemps dernier auprès de 3 345 soignants, toutes professions confondues.

(*) « Baromètre 2023 de la charge mentale des soignants », Posos/Lifen (novembre 2023)


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