Dans un rapport publié début septembre*, le Haut Conseil pour la santé publique recommande le maintien et le renforcement du service sanitaire des étudiants en santé.

Parmi d’autres conclusions, l’instance suggère notamment de recentrer les objectifs de ce dispositif sur sa fonction pédagogique et de le positionner durant la première partie des études de santé. Système d’information, gouvernance régionale et locale, compétences cibles, interprofessionnalité, impact en santé publique…

Elle fournit également trente-sept recommandations à destination de la coordination nationale, des agences régionales de santé et des rectorats, des comités stratégiques régionaux, des comités techniques locaux ou encore des équipes de direction des UFR, des écoles et des instituts.

A noter : ce rapport final complète une première analyse préliminaire, dont les résultats avaient été publiés en mars 2020.

(*) « Evaluation du service sanitaire des étudiants en santé : rapport final », Haut Conseil de la santé publique (juillet 2022).

Dans un contexte de pénurie durable de carburant, les infirmiers libéraux réclament des mesures urgentes pour assurer la continuité des soins essentiels.

Face aux nombreuses difficultés constatées, certains syndicats professionnels exigent un accès prioritaire aux pompes quand d’autres proposent de réquisitionner certaines stations pour garantir un approvisionnement continu. Autre exigence concomitante : maintenir une présence policière minimale pour assurer la sécurité des professionnels de santé, victimes de nombreuses agressions depuis le début de la crise.

Plus ou moins touchés, certains départements ont accédé à cette requête légitime. Dans les Yvelines, cinq stations proposent désormais des files dédiées aux personnels prioritaires, dont les soignants. Une initiative louable, mais clairement insuffisante au regard des besoins constatés. En zone rurale, les infirmiers parcourent parfois plusieurs centaines de kilomètres par jour pour rendre visite à leurs patients. Selon les dernières statistiques communiquées par le gouvernement*, 27,3 % des stations-service rencontrent de gros problèmes d’approvisionnement.

(*) Chiffre au 15 octobre 2022.

L’ARS et le Conseil régional vont lancer une expérimentation visant à faciliter le parcours des étudiants en soins infirmiers pour éviter les abandons et les fidéliser sur le territoire francilien.

A l’issue d’un appel à candidatures inauguré mi-septembre, trois instituts de formation de la région seront prochainement sélectionnés. La qualité et le suivi des stages ou encore l’insertion professionnelle feront notamment l’objet d’une attention particulière, en lien avec les différents acteurs concernés. Selon les premières indications communiquées, les grands travaux débuteront à la rentrée prochaine. En cas de succès, la démarche pourrait être généralisée à plus large échelle.

Un chiffre clef résume la nature des enjeux : un étudiant sur trois aurait interrompu son cursus avant la diplomation. Comme en témoigne le dernier baromètre de la FAGE, les aspects financiers ne sont probablement pas étrangers à ce phénomène.

Malgré le recul des nouvelles contaminations et des hospitalisations, le gouvernement se prépare à toutes les éventualités, dont une reprise épidémique cet automne. Il s’appuie notamment sur la création d’une nouvelle instance de référence et les prédictions du HCSP, qui propose quatre pistes d’évolution à moyen terme.

Tous les signaux sont au vert. « Le taux d’incidence n’a jamais été aussi bas depuis novembre 2021… et l’arrivée du variant Omicron ! », affirme Santé publique France. Dans son dernier bulletin épidémiologique, l’agence confirme le recul des nouvelles contaminations et des hospitalisations, soit les deux principaux indicateurs de criticité de la cinétique épidémique, non sans rappeler le caractère essentiel des gestes barrières et de la vaccination.
Décrétée au cœur de l’été, la fin de l’état d’urgence sanitaire relève néanmoins du symbole, comme en témoigne le maintien de l’obligation vaccinale pour les soignants. Les spécialistes sont unanimes : le retour en force du Covid-19 paraît plus que probable. « Nous ne sommes pas devins, mais il est quasi certain qu’il y aura une huitième vague à l’automne », confirme Brigitte Autran, présidente du Comité de veille et d’anticipation des risques sanitaires. Une nouvelle instance de référence qui se substitue au Conseil scientifique Covid-19 et au Conseil d’orientation de la stratégie vaccinale, tous deux dissous le 31 juillet dernier.
Voulue par le gouvernement, cette entité exercera une fonction d’expertise et de conseil, en toute indépendance vis-à-vis des autorités sanitaires. Elle sera composée de dix-sept personnalités scientifiques ou professionnels de santé, d’un représentant des patients et d’un représentant des citoyens. Ses membres privilégieront une approche « one health » pour mieux surveiller, synthétiser et modéliser les menaces futures. Ils fourniront également des avis et des recommandations stratégiques pour y faire face, notamment sur le plan organisationnel. Les grands travaux débuteront dans les prochains jours.

Un avis pessimiste, mais inspirant

Pour éclairer ses choix et aiguiller sa stratégie, le gouvernement écoutera également d’autres voix, dont une en particulier. Dans un rapport publié fin juillet*, le Haut conseil de la santé publique livre un avis tranché sur l’évolution de la pandémie de Covid-19. Ses auteurs envisagent cinq scénarios polaires pour les trois à cinq prochaines années. Ils décrivent un tableau volontairement pessimiste pour permettre aux décideurs de se prémunir contre les différents événements qui pourraient survenir.
Dans le meilleur des cas, nous devrions vivre avec le virus. La vaccination et les traitements ayant réduit le risque de formes sévères nécessitant une prise en charge hospitalière, les symptômes deviendraient banals, de type rhinite. La gestion des risques reposerait sur la responsabilisation et les comportements individuels. Les personnes vulnérables seraient toujours exposées.
Dans le pire des cas, nous serions confrontés à une « ultra crise » provoquée par un variant ayant une transmissibilité forte et une sévérité majeure, qui rendrait les vaccins et les traitements moins efficaces. Fragilisé par l’absentéisme, le fonctionnement des hôpitaux et des établissements médico-sociaux serait totalement bloqué. Des choix difficiles devraient être faits, selon l’âge des patients, les comorbidités et l’accessibilité aux plateaux techniques.
Au-delà de ses projections, le HCSP formule vingt-huit recommandations pour « préparer le système de soins français et la population, de manière à anticiper, limiter ou mitiger l’impact des risques identifiés ». Structuration et organisation, éducation, recherche et développement, vaccination, planification et modélisation, initiatives locales… Tous les champs d’action sont explorés.

(*) « Propositions de scénarios d’évolutions à trois-cinq ans de la « crise Covid-19″ et leurs impacts sur la qualité de vie et la santé des populations », Haut conseil de la santé publique (juillet 2022).

Dans une note publiée début septembre, le think tank Lisa dresse un bilan nuancé de la réforme de l’accès aux IFSI, qui s’est soldée par la suppression du concours d’entrée, au profit d’une inscription directe sur la plateforme Parcoursup.

Soutenu par trois organisations professionnelles*, dont l’ANdEP, le texte retrace les grandes étapes de ce processus, de ses origines à sa mise en œuvre opérationnelle, mais aussi ses conséquences sur la formation des étudiants en soins infirmiers. Il souligne notamment l’engouement spectaculaire pour la filière, malgré les discours sur les difficultés du métier et malgré la crise sanitaire. Réfutant tout lien de causalité entre ce système de sélection et l’abandon des formations, il insiste néanmoins sur les améliorations à apporter, dont un dialogue renforcé entre les tutelles, les responsables d’institut et les employeurs, y compris pour adapter les moyens et les parcours aux profils des candidats.

« Le problème n’est pas celui de la plateforme Parcoursup, sauf à confondre la cause et le symptôme, sinon le symbole. Le problème est celui d’une orientation encore incertaine, d’une politique de recrutement hétérogène et refusant souvent de sortir de l’implicite, et de conditions de formation dégradées, du fait de la crise sanitaire et en dehors d’elle. Attaquons-nous prioritairement à ces problèmes ! », écrit Stéphane Le Bouler, président de Lisa.

(*) L’Association nationale des directeurs d’écoles paramédicales, le Comité d’entente des formations infirmières et cadres, et la Fédération nationale des étudiants en soins infirmiers.

 

 

Depuis l’apparition des premiers cas en dehors des zones endémiques, au printemps dernier, l’épidémie de variole du singe gagne du terrain.

Décrétée « urgence de santé publique de portée internationale » par l’OMS, son évolution mobilise l’attention des dirigeants de tous les pays concernés, dont la France, où la surveillance ne se limitera plus aux seuls cas biologiquement confirmés. Présidente du nouveau Comité de veille et d’anticipation des risques sanitaires, qui se substitue désormais au Conseil scientifique, le Pr Brigitte Autran juge possible une stratégie « zéro Monkeypox », en vaccinant les plus vulnérables.

Ambition toutefois menacée par une probable pénurie de vaccins, provoquée par une hausse massive de la demande mondiale. Information non confirmée par les autorités politiques et scientifiques, le gouvernement français aurait commandé 1,5 million de doses au laboratoire danois Bavarian Nordic, seule entreprise disposant d’un vaccin antivariolique de troisième génération, qui cherche des solutions pour augmenter rapidement la disponibilité de son produit. Selon le dernier bilan publié par Santé publique France*, 3 547 infections ont été recensées dans l’Hexagone, dont 56 femmes et 9 enfants. Aucun décès n’a été signalé… pour l’instant.

(*) Source : Santé publique France – Chiffres au 29 août 2022.

L’assurance maladie et les trois syndicats professionnels* ont signé, fin juillet, un neuvième avenant à la convention infirmière.

Le texte comporte plusieurs avancées notables, dont une évolution significative du modèle de rémunération des IPA. Selon la Cnam, cette orientation stratégique doit permettre d’accentuer le déploiement de cette nouvelle profession en ville et de contribuer à l’amélioration de l’offre de soins sur les territoires.

Parmi d’autres, trois mesures fortes entreront prochainement en vigueur : la revalorisation de plus de 20 % des forfaits de prise en charge existants pour les patients confiés par le médecin au titre d’un suivi régulier, et la prise en charge ponctuelle de nouveaux patients, à la demande du médecin ; la généralisation de l’aide au démarrage de l’activité en libéral et la revalorisation du montant des aides en cas d’installation dans une zone médicale sous-dense, soit 40 000 euros ; la revalorisation des actes de vaccination qui bénéficient par ailleurs d’un régime plus favorable quand il sont réalisés au domicile des patients.

Outre la promotion de la pratique avancée, cet avenant conventionnel favorise également l’essor de la télésanté. Les infirmiers pourront recourir au télésoin, notamment pour améliorer la surveillance à distance des pansements, et requérir une télé-expertise auprès d’un professionnel médical. Autre nouveauté : les infirmiers pourront assister une téléconsultation réalisée à la demande de toute profession médicale, et non plus uniquement à la demande exclusive du médecin.

(*) La Fédération nationale des infirmiers, le Syndicat national des infirmières et infirmiers libéraux et Convergence infirmière.

Dans son dernier baromètre annuel, la FAGE dénonce une « hausse historique » du coût de la rentrée pour les étudiants.

Selon les calculs effectués, la facture s’élève à 2 527 euros par mois pour les non boursiers, soit une augmentation annuelle de 7,38 %. Cette estimation cumule les frais de la vie courante, mensuels et récurrents, et les frais de scolarité… qui bondissent de 13,04 %. L’organisation avance deux arguments pour expliquer cette flambée : les stigmates laissés par la crise sanitaire et une inflation très importante. « Comment les étudiant·e·s peuvent aspirer à la réussite sans la possibilité de se loger dignement, de s’alimenter correctement, de se soigner ou encore d’acquérir le matériel pédagogique nécessaire pour étudier ? », s’interroge la FAGE dans son communiqué, non sans évoquer sa déception quant aux dernières annonces gouvernementales : « Elles demeurent très inférieures à l’augmentation du coût de la vie et en-deçà des besoins des étudiant.e.s ! » La conclusion est limpide : il est impossible de surmonter le coût de cette rentrée sans avoir recours à une aide parentale, un prêt ou un job étudiant.

NB : le coût de la rentrée pour un étudiant en soins infirmiers en formation initiale – sans double inscription, non boursier et décohabitant – s’élève à 2 674 euros en 2022, selon la Fnesi.