« De chaque instant »

Nicolas Philibert réalisateur, entre autres, d’« Être et Avoir » s’est intéressé pour son nouveau documentaire au parcours d’étudiants infirmiers admis au sein de l’IFSI de Montreuil.

A découvrir en salle le 29 août.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Universitarisation, service sanitaire, modernisation du système de santé… Le secteur sanitaire et paramédical connait cette année une évolution sans précédent.

A l’origine de ces changements : le début de mandat d’un nouveau président, qui apporte son lot de réformes, mais aussi le travail de fond mené par les associations et les corps intermédiaires. Retour sur les principales mesures.

Le processus d’universitarisation des formations aux métiers de santé a attendu 2018 pour monter plusieurs marches. Portée par les ministères de la Santé et de l’Enseignement supérieur, cette réforme doit permettre, entre autres, aux étudiants des IFSI de bénéficier d’un vrai statut d’étudiant et des droits qui l’accompagnent. Elle doit aussi rendre possible, à terme, la création de postes d’enseignants-chercheurs issus des filières de rééducation et de maïeutique. Elle change enfin les modalités d’admission dans les IFSI, avec des inscriptions via Parcoursup, qui viennent se substituer aux concours d’admission.

Les étudiants sont particulièrement concernés par les réformes en cours. Outre l’universitarisation, l’intégration du service sanitaire dans les cursus constitue un bouleversement majeur. Installée au pas de course, grâce à la mobilisation des rectorats, des ARS, des universités et des instituts de formation, cette parenthèse de six semaines au sein des études médicales, pharmaceutiques et maïeutique doit concerner 47 000 étudiants dès la rentrée 2018. Sa mise en application définitive doit se faire au cours de l’année 2018-2019.

Des changements dans les professions impliquent bien sûr des changements dans les formations. La mise en place des infirmières en pratique avancée (IPA) en constitue un aspect important. Il s’agit d’une nouvelle voie d’évolution possible pour des infirmières ayant trois ans d’expérience, qui sera reconnue par un diplôme d’Etat d’infirmier en pratique avancée et par un grade de master délivré par l’université.
Les textes ont été signés en juillet. Parmi les changements, on trouve notamment la possibilité pour les IPA de pratiquer des renouvellements d’ordonnances. Mais les points mentionnés par le texte de loi sont bien plus larges : «L’exercice de compétences habituellement dévolues aux médecins par des professionnels paramédicaux, qui pourra permettre une amélioration de l’accès aux soins et un meilleur service rendu aux usagers atteints de maladies chroniques […] les IPA disposeront de compétences élargies, à l’interface de l’exercice infirmier et de l’exercice médical.»

Ces trois points constituent des évolutions significatives dans les formations du secteur paramédical. Mais ils ne sont pas seuls. Parmi les autres chantiers en cours, citons la question du bien-être des étudiants, par exemple, qui est étudiée de près, notamment depuis la remise d’un rapport du Dr Donata Mara et la publication des 9 engagements pour la qualité de vie des stagiaires paramédicaux par la Fédération hospitalière de France.

Pour finir, le vieillissement, élément central de la dynamique démographique française, fera également l’objet d’une partie importante de la stratégie nationale de santé, qui aurait dû paraître au mois de juillet.

La rentrée 2018 sera donc riche en nouveautés et, espérons-le, constituera un bond vers une amélioration globale du système de santé.

[LEGIFRANCE] JORF No 0164 DU 19 JUILLET 2018

 

 

 

 

 

 

 

 

Les grandes réformes de la formation aux métiers de santé doivent entrer en application dès la rentrée 2018. 

En visite à l’IFSI de Caen, la ministre de la Santé Agnès Buzyn et sa consœur de l’Enseignement supérieur Frédérique Vidal ont annoncé la signature des décrets ouvrant la formation en pratiques avancées, la fin des concours d’admission en IFSI signifiant un pas décisif vers l’université. Il s’agit désormais pour la pratique de succéder à la théorie mais une chose est sûre : l’année 2018 sera une année de changement pour les formations professions paramédicales.

Voir le dossier explicatif  « Etudiants en soins infirmiers, un pas décisif vers l’universitarisation »

On parle de 53% d’infirmiers en plus entre 2014 et 2040.

Cette forte augmentation du nombre de professionnels a été confirmée par la Direction de la Recherche, des Études, de l’Évaluation et des Statistiques (DREES) dans un article daté de mai 2018. L’institut incite toutefois à la prudence en rappelant que ces chiffres correspondront à la réalité «dans l’hypothèse de comportements constants et d’un maintien des politiques en vigueur». Dans ce cas, précise la DREES, la profession devrait «atteindre 881 000 infirmiers actifs en 2040».
Cette forte hausse doit répondre à la demande de soin, en augmentation constante en France, notamment à cause du vieillissement de la population.

Le diplôme universitaire (DU) de digital learning à distance arrive à Paris !

La formation, intitulée «DU digital learning designer» doit s’ouvrir en janvier 2019. Il s’agit d’une formation-action, au cours de laquelle des professionnels en exercice– sont mis en situation et doivent réaliser un projet de façon autonome.

Formation hybride, en présentiel et distanciel, elle est encadrée par un tuteur. Le déroulé, de janvier à juillet est compatible avec les agendas professionnels des formateurs.

Plus d’infos sur le site dédié 

 

Mieux vaut tard que jamais : deux mois après le début des concertations, le décret d’application n°2018-472 et l’arrêté concernant le service sanitaire sont parus. Ces textes doivent préciser les maquettes de formation, les modalités d’encadrement et les établissements d’accueil du service. Comme souligné dans le décret, l’entrée en vigueur du service sanitaire se fait «au lendemain de [la] publication».
Cette double parution fait donc office de promulgation de cette mesure, qui doit concerner 47 000 étudiants à la rentrée 2018.

«Quel est le plus grand progrès accompli par notre pays au cours des 70 dernières années ? […] c’est l’allongement de la durée de vie». C’est par ces mots que le président de la République Emmanuel Macron engage le débat autour du plan dépendance – une de ses promesses de campagne.

Le 13 juin 2018, le locataire de l’Élysée prononçait un discours devant le 42e congrès de la Mutualité française, réuni à Montpellier. Il a profité de cette tribune pour annoncer la mise en place de la mesure, qui doit répondre aux principaux enjeux liés au vieillissement de la population. Que comprend donc ce plan dépendance ?

«À cause du reste à charge, beaucoup de nos concitoyens n’ont pas les moyens de sourire, de manger, d’entendre, d’apprendre à lire», a précisé Emmanuel Macron, faisant ainsi écho à une de ses promesses de campagnes les plus consensuelles : la fin du reste à payer. En clair, le président veut un remboursement à 100% des lunettes, des prothèses auditives et des prothèses dentaires. Pour appuyer cette réforme fiscale, le nombre d’audioprothésistes sera augmenté et la profession d’assistant dentaire sera étendue.

Par ailleurs, il a annoncé la mise en place de trois nouvelles consultations pour les enfants de trois ans et les jeunes de 24 ans, «dont un examen optique». Une mesure de lutte contre le renoncement des soins face aux pathologies simples.

«Pour les plus vulnérables […] nous devons assumer d’avoir un accompagnement social. Nous devons reconnaître, mieux rémunérer les travailleurs sociaux». Les aides sont aussi un cheval de bataille de l’exécutif. En plus d’une meilleure rémunération des travailleurs sociaux, il est question de rehausser l’allocation solidarité aux personnes âgées (ex-minima sociaux). Après une première valorisation de 30€ au 1er avril, une seconde valorisation de «30 euros, au 1er janvier prochain» a été annoncée.

De la fiscalité, donc, mais pas que. Car, le locataire de l’Élysée insiste : «les solutions à apporter au problème ne sauraient être que budgétaires». Dans cette logique, Emmanuel Macron est revenu sur l’inefficacité présumée des aides sociales et a fait référence à un système expérimenté dans le département du Haut-Rhin (68) où les bénéficiaires du RSA sont incités à faire du bénévolat.

Ces mesures disparates, mêlant réformes fiscales et systémiques, constituent les premières annonces du plan dépendance du président de la République. Pour coller à ses promesses de campagnes, Emmanuel Macron devra procéder à de nouvelles annonces pour un des enjeux les plus cruciaux des décennies à venir : l’accompagnement du vieillissement, étroitement lié aux questions de la chirurgie ambulatoire et de l’hospitalisation à domicile.


Crédit Photo: N. Mergui / Mutualité Française

Points pouvant  d’ores et déjà être mis en avant  dans le cadre du projet d’universitarisation des formations paramédicales et de maïeutique

Pilotés par les deux ministères : Ministère des Solidarités et de la Santé – Ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation sous la responsabilité de Monsieur Stéphane le Bouler.