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La commission santé publique et démographie de l’Ordre national des masseurs-kinésithérapeutes vient d’élaborer un outil de dépistage de la fragilité motrice, accompagné d’un guide pratique expliquant son utilisation.

Destiné aux personnes de 65 ans et plus, vivant à domicile, il constitue une « base nationale commune, standardisée et de qualité » qui doit permettre d’améliorer la prévention du risque dans les populations vieillissantes. A l’issue d’un interrogatoire et d’un test clinique réalisés par le masseur-kinésithérapeute, le score fonctionnel obtenu permet de déterminer la suite du protocole. Les besoins du patient se limiteront parfois à de simples conseils. Dans certains cas, un programme de préservation des capacités locomotrices et/ou une orientation vers le médecin traitant ou le gériatre seront nécessaires pour les sujets entrant dans la fragilité. « La prévention et la rééducation par le mouvement sont des investissements d’avenir, indispensables pour la santé de nos concitoyens. Les kinésithérapeutes doivent prendre toute leur part pour faire de la prévention un élément majeur de leur prise en charge », estime le Cnomk.

Le gouvernement vient de dévoiler son plan de lutte contre les chutes mortelles ou invalidantes chez les plus de 65 ans… qui devront être réduites de 20 % d’ici à 2024.

Cinq axes prioritaires ont été identifiés pour atteindre cet objectif stratégique : repérer et alerter, aménager les logements, fournir des aides techniques à la mobilité, promouvoir l’activité physique et généraliser la télé-assistance.

Signe particulier : les ergothérapeutes occuperont une place centrale dans le dispositif APA, dont l’offre sera renforcée via la mise en place d’un « panier de soins » de prévention des chutes. Expérimenté dès cette année, cette initiative doit favoriser la mobilisation coordonnée d’un ergothérapeute, d’un diététicien et d’un intervenant en activité physique adaptée.

Problème majeur de santé publique, accentué par le vieillissement de la population, les chutes de personnes âgées entraînent plus de 100 000 hospitalisations et plus de 10 000 décès chaque année. Leur coût est estimé à deux milliards d’euros par an. Les trois quarts de cette dépense sont financés par l’Assurance Maladie.

(*) Activité physique adaptée – APA.

Derrière le traitement réservé à certains de nos aînés, l’affaire Orpea illustre les nombreuses difficultés rencontrées par les professionnels du secteur de la dépendance, aides-soignants en tête. Explications.

Dans un livre-enquête à charge*, Victor Castanet pointe les « pratiques douteuses » d’Orpea, un grand groupe français spécialisé dans les structures de soins et d’hébergement pour personnes âgées. Parmi d’autres accusations, son auteur dénonce un « système de réduction des coûts » qui se solderait par des « mauvais traitements » infligés aux patients et aux résidents, au grand dam des personnels de ces établissements, à la fois débordés et sous-équipés. Lourdes de conséquences, ces allégations devront être confirmées. Plusieurs enquêtes indépendantes, dont celles de l’IGAS et de l’IGF, ont été diligentées pour vérifier et qualifier les faits énoncés.
Face à l’ampleur du scandale présumé, les candidats à l’élection présidentielle se sont immédiatement emparés du sujet, rivalisant de propositions plus ou moins réalistes pour remédier à cette situation. Un constat fait néanmoins l’unanimité. Promise à deux reprises durant le quinquennat, la loi sur le « grand âge » devra être la priorité du suivant.

Un mal plus profond

Derrière le sort réservé à certains de nos aînés, cette affaire témoigne des difficultés rencontrées par les soignants du secteur de la dépendance. Faute de temps et de moyens, nombre d’entre eux s’estiment condamnés à « maltraiter » les personnes âgées.
A plus large échelle, elle révèle les failles d’une branche peu attractive, en proie à de sérieuses difficultés de recrutement, dont les aides-soignants sont les premières victimes.
Les différentes organisations professionnelles le répètent à l’envi : le manque d’effectif nuit à la qualité du service rendu, au détriment des patients. Il se traduit aussi par une charge de travail accrue, rythmée par des cadences infernales confinant à l’épuisement professionnel. Physique et psychique, cette souffrance est accentuée par un manque de reconnaissance généralisé. Elle est amplifiée par le peu de considération portée à la profession, y compris sur le plan salarial.

Des propositions concrètes

De ce point de vue, le Ségur de la santé n’a pas suffi. Fixée à 183 euros nets par mois, la hausse des salaires est jugée « modeste » par les principaux représentants du secteur. Considérée comme un facteur d’attractivité majeur, leur rémunération devra être significativement réévaluée, comme le suggère la Fédération nationale des associations d’aides-soignants, qui réclame également des campagnes d’information thématiques sur le métier… et son utilité sociale. Autre évolution indispensable : la problématique des ressources humaines devra être rapidement tranchée. Pour compenser les besoins existants, l’Association des directeurs au service des personnes âgées revendique la création effective de deux postes supplémentaires par établissement… d’ici à la fin du quinquennat. Appuyée par une nouvelle campagne de formation, cette mesure permettrait de recruter près de 40 000 aides-soignants.

(*) Les Fossoyeurs, éditions Fayard, 388 pages.

Directement concernées par la troisième injection, certaines personnes âgées n’ont toujours pas reçu la première…

Pour leur permettre d’accéder plus facilement à la vaccination anti-Covid, le ministère des Solidarités et de la Santé vient d’installer un numéro vert, uniquement destiné aux plus de 80 ans. Particulièrement vulnérable face au virus, cette population reste sous-vaccinées par rapport à d’autres tranches d’âge.

Moins enclins à se déplacer, ces patients ne bénéficient pas forcément d’un suivi médical régulier. A leur demande, ils pourront désormais être vaccinés chez eux par un médecin, un infirmier ou une équipe mobile, composée de tous les soignants autorisés à vacciner, dont les aides-soignants. Le rendez-vous pourra être pris par le patient lui-même, son aidant ou une aide à domicile.

Le numéro vert est accessible tous les jours entre 6h et 22h. Selon le ministère, 500 000 assurés sont visés par ce dispositif facultatif qui ne concerne que les primo-vaccinations contre la Covid-19. Les rappels et la grippe en sont exclus.

NB : selon le ministère des Solidarités et de la Santé, 13 % des plus de 80 ans n’ont pas reçu la moindre injection contre la Covid-19.