La HAS favorable au stockage des vaccins par les infirmiers, sage-femmes et médecins

La Direction générale de la santé (DGS) a saisi la Haute Autorité de santé (HAS) le 30 juillet 2026 afin d’obtenir son avis sur un projet de décret en Conseil d’État qui fixe les conditions dans lesquelles les médecins, sage-femmes et infirmiers exerçant à titre libéral, ainsi que les centres de santé, peuvent s’approvisionner et détenir des vaccins en vue de leur administration aux personnes ciblées par les recommandations vaccinales du calendrier des vaccinations. Il prévoit, dans une première phase de déploiement, de limiter ce dispositif aux vaccins contre la grippe saisonnière et contre la Covid-19. Pour la HAS, ce texte s’inscrit dans un objectif de simplification du parcours vaccinal et d’amélioration de l’accès à la vaccination des personnes ciblées par les recommandations vaccinales. Ce projet fait écho à ses travaux récents relatifs à la vaccination contre la grippe saisonnière, dans lesquels elle a rappelé l’importance de renforcer la couverture vaccinale des professionnels au contact des personnes à risque de forme sévère de grippe et recommandé la mise en place d’une obligation vaccinale annuelle contre la grippe. Elle émet donc un avis favorable au texte. L’Ordre national des infirmiers (ONI) se félicite de cet avis de la HAS. Il estime que cette évolution constitue une avancée importante pour faciliter l’organisation de la vaccination au plus près des patients et renforcer l’accès à la prévention sur l’ensemble du territoire. Cette mesure s’inscrit, selon l’ONI, pleinement dans l’évolution de leurs compétences.

Le droit de prescription des kinésithérapeutes élargi

Un arrêté du 14 septembre 2026 fixe la liste des produits de santé que les masseurs-kinésithérapeutes sont autorisés à prescrire. Comme l’explique l’Ordre des masseurs-kinésithérapeutes, jusqu’à présent, leurs possibilités de prescription étaient limitées à une liste de dispositifs médicaux fixée en 2006. Le nouvel arrêté modernise ce cadre en élargissant très significativement la liste des produits de santé pouvant être prescrits. Il ouvre notamment la prescription de nombreux dispositifs destinés à favoriser l’autonomie des patients, à améliorer leur rééducation, leur prise en charge respiratoire ou encore leur maintien à domicile (lit médicalisé, aides au transfert, orthèses, chaussures thérapeutiques, dispositifs de rééducation spécialisés, dispositifs respiratoires, matériel de cryothérapie). Pour la première fois, il autorise également les kinésithérapeutes à prescrire certains médicaments directement en lien avec leur exercice professionnel, parmi lesquels les antalgiques de palier I et les myorelaxants (hors formes injectables), les mucolytiques et certains antiseptiques locaux. Cette évolution permet, d’après l’Ordre, de simplifier le parcours des patients et renforce la cohérence des prises en charge en permettant aux kinésithérapeutes de prescrire les produits de santé nécessaires à l’exercice de leurs compétences.

Les vaccinations contre la grippe saisonnière en baisse

Santé Publique France a publié dans son Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) du 15 septembre une étude portant sur l’évolution des couvertures vaccinales (CV) nationales contre la grippe saisonnière chez les personnes à risque et les professionnels de santé en France entre 2007 et 2025, deux catégories de population pour qui la vaccination est recommandée. Ces CV contre la grippe ont été estimées pour les personnes de 65 ans et plus, les personnes à risque de moins de 65 ans, pour les résidents et les professionnels exerçant en Etablissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad), les professionnels exerçant en établissement de santé, ainsi que pour les femmes enceintes. L’étude révèle que les CV contre la grippe sont insuffisantes et marquées par les inégalités sociales et territoriales de santé. En 2024-2025, les CV étaient notamment de 53,7% pour les personnes de 65 ans et plus, de 82,7% pour les résidents en Ehpad, de 25,3% pour les personnes à risque de moins de 65 ans, de 24,2% pour les professionnels de santé exerçant en Ehpad (34,2% pour les infirmiers et 19,3% pour les aides-soignants). Les CV contre la grippe sont globalement en baisse depuis la crise liée à la Covid-19. Les auteurs de Santé Publique France concluent à la nécessité de renforcer les actions pour accompagner les campagnes de vaccination.

L’organisation des Idel et des kinésithérapeutes détaillée par l’Observatoire Fiducial

L’observatoire Fiducial des infirmiers libéraux, rendu public mi-septembre, partage chaque année les chiffres clés ainsi que des indicateurs de gestion issus du secteur pour comprendre les nouveaux enjeux de la profession. Ainsi, en 2026, les cabinets d’infirmiers libéraux poursuivent la progression de leur activité, portée par la hausse des honoraires de 1,5 % par rapport à l’année précédente. Cette dynamique est toutefois freinée par l’augmentation des charges d’exploitation qui pèsent sur leur rentabilité et se traduit par un léger recul du résultat d’exploitation : 47 767 euros en 2026 contre 48 607 euros en 2025. L’observatoire met en évidence une profession qui conserve des fondamentaux organisationnels solides, malgré un contexte économique plus contraint. La profession conserve un ancrage territorial homogène avec une répartition quasiment égale entre l’exercice en zone rurale (51%) et en zone urbaine (49%).Le même travail a été mené pour l’activité des masseurs-kinésithérapeutes libéraux. Leurs honoraires ont progressé de 1,7 %, ce qui traduit une activité toujours soutenue. Dans le même temps, les charges d’exploitation demeurent globalement stables et maîtrisées, ce qui permet une amélioration de la rentabilité moyenne des cabinets fixée à 49 992 euros en 2026 contre 48 506 euros en 2025. La répartition géographique des praticiens poursuit son évolution, avec une progression continue de la part des cabinets implantés en zone rurale au cours des quatre dernières années.
Cette tendance témoigne d’un renforcement progressif de la présence des masseurs-kinésithérapeutes libéraux sur l’ensemble du territoire.

L’Assurance maladie vise 3,9 milliards d’euros d’économies pour 2027

L’Assurance maladie a présenté le 2 juillet son rapport annuel Charges et Produits pour 2027. Comme chaque année, il contribue à l’élaboration du projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS), qui sera débattu dès l’automne au Parlement. Ce rapport, intitulé Améliorer la qualité du système de santé et maîtriser les dépenses, est élaboré autour de 40 propositions visant à garantir l’avenir de notre système de santé. Il formule ainsi des pistes d’économies pour 2027 d’un montant de 3,9 milliards d’euros. Pour y parvenir, trois grandes priorités ont été définies avec tout d’abord la nécessité d’opérer un virage préventif. En parallèle des actions de prévention médicalisée, l’Assurance maladie soutient les initiatives agissant sur les déterminants de santé avec, pour 2027, un focus sur l’alimentation et sur le tabac. La deuxième priorité consiste à améliorer les parcours de soins des patients, notamment en les remettant au cœur de leur prise en charge. L’Assurance maladie a ainsi identifié des mesures concrètes pour, par exemple, favoriser le vieillissement en bonne santé. Enfin, le troisième axe consiste à agir pour rembourser le juste soin au juste prix. La régulation des dépenses de médicaments se trouve au cœur de la stratégie d’efficience.

L’Ordre des infirmiers et les URPS peuvent déposer plainte pour les libéraux victimes

Le décret n° 2026-641 du 20 juillet 2026 fixe les modalités d’application de l’article 5 de la loi n° 2025-623 du 9 juillet 2025 visant à renforcer la sécurité des professionnels de santé avec des mesures facilitant le dépôt de plainte des soignants libéraux victimes de violence. Le décret prévoit que lorsqu’une infraction est commise à leur encontre, s’ils sont inscrits au tableau de l’ordre des infirmiers, l’Ordre ou l’Union régionale des professionnels de santé (URPS) de rattachement peuvent déposer plainte pour leur compte dès lors qu’ils ont recueilli leur consentement écrit sous la forme d’un mandat auquel est joint leur pièce d’identité.  La victime conserve la faculté de mettre un terme à ce mandat à tout moment, si elle ne souhaite plus que la procédure soit poursuivie en son nom. Par ailleurs, l’organisme qui porte plainte est désigné comme le destinataire officiel des actes de procédure. Il lui incombe d’informer sans délai le professionnel concerné de toute évolution de la procédure. Avec cette mesure, l’objectif est d’encourager le signalement de ces faits considérés comme trop souvent sous-déclarés, afin de garantir qu’aucune agression ne reste sans réponse. Pour rappel, l’Ordre peut également se constituer partie civile aux côtés d’un professionnel de santé, lorsqu’une plainte est déposée.

Les infirmiers de l’Education nationale peuvent désormais exercer une autre activité

Les infirmiers de l’Éducation nationale peuvent désormais cumuler leurs fonctions avec une activité de soins en libéral ou dans un établissement de santé. Cette revendication de longue date de la profession a été officialisée dans un courrier du 17 juillet de la Direction générale des ressources humaines (DGRH) du ministère de l’Éducation nationale adressé aux rectorats. Il précise que les personnels infirmiers de l’Éducation nationale peuvent exercer, en dehors de leurs obligations de service, une activité de soins en tant qu’infirmier libéral, ainsi que dans un établissement public ou privé à but non lucratif, notamment un établissement de santé ou médico-social, à condition que ce cumul d’activités ne porte pas atteinte au bon fonctionnement du service. L’agent devra également être recruté directement par l’établissement concerné et non par l’intermédiaire d’une société d’intérim. Les syndicats représentatifs de la profession souhaitent désormais que cette évolution soit actée dans la loi afin d’être pérennisée.

Publication de l’arrêté de formation des IPA pour la prescription d’antibiotiques

L’arrêté du 7 août 2026 fixe les modalités de formation spécifique des infirmiers en pratique avancée (IPA) pour la prescription de traitements antibiotiques pour des infections identifiées à l’aide de tests rapides d’orientation diagnostique (TROD) à savoir l’angine bactérienne et la cystite simple. La formation prévoit notamment la vérification de l’absence de critères d’exclusion reconnus à l’interrogatoire, à l’évaluation clinique et à l’examen des amygdales ; la vérification de l’absence de signes de gravité ; et l’analyse du résultat du test ainsi que les décisions à prendre en matière de prescription d’antibiotiques, de conseils généraux ou d’adressage vers un médecin le cas échéant. L’IPA peut toutefois être dispensé de tout ou partie de la formation lorsqu’il a déjà suivi et validé une autre formation concernant ces deux pathologies dans le cadre de la mise en œuvre de protocoles de coopération.

Les conclusions de la mission Flash IPA de l’Assemblée nationale 

La commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale a rendu publiques le 9 juillet, les 20 mesures issues de sa mission « flash ». Celle-ci a évalué, pendant environ cinq mois, le déploiement des infirmiers en pratique avancée (IPA), huit ans après leur création. Son objectif était de consolider la place de la pratique avancée infirmière dans le système de santé. Les auditions conduites par les rapporteurs confirment un constat déjà formulé par la Cour des comptes : si le développement de la pratique avancée constitue une évolution souhaitable pour le système de soins, la profession d’IPA demeure entravée par de nombreux freins. La mission a donc formulé vingt recommandations afin de permettre à la pratique avancée infirmière de trouver durablement sa place dans le système de santé. Elles concernent cinq grandes dimensions : l’accompagnement institutionnel et la communication ; la refonte des mentions régissant la formation et l’exercice des IPA ; l’accès et le contenu de la formation IPA ; la levée des verrous juridiques à l’autonomie des IPA ; et le renforcement de la recherche sur la pratique avancée infirmière.