Vaccination : les soignants en première ligne

Dans un contexte marqué par une défiance persistante et une couverture insuffisante, la politique vaccinale évolue vers un modèle plus structuré et plus ciblé. Entre responsabilisation des soignants et priorisation des publics jeunes, ce tournant redéfinit les modalités de prévention et le rôle des professionnels de santé, au premier rang desquels les infirmiers.

La vaccination entre dans une phase de bascule. Dans un rapport publié début mai, l’Académie nationale de médecine envoie un signal clair : la stratégie vaccinale ne doit plus uniquement reposer sur l’incitation, en particulier pour la grippe saisonnière ; elle interroge directement la responsabilité des professionnels de santé qui, au-delà du risque individuel, engagent la sécurité des patients et la continuité des soins. Les auteurs insistent sur la dimension éthique de cette problématique : « Refuser la vaccination antigrippale pour les soignants, c’est nier leurs responsabilités médicales vis-à-vis des patients dont ils ont la charge […]. Cette obligation vaccinale permettrait de diminuer la menace infectieuse et la mortalité, ainsi que le coût financier pour la société. » La position défendue marque une rupture nette : elle pose les limites des stratégies fondées sur la seule adhésion volontaire et consacre le devoir d’exemplarité des professionnels de santé. Que la proposition soit adoptée ou non, elle entérine un changement de paradigme dans l’histoire de la politique vaccinale.

Deux publics prioritaires
En attendant la réponse éventuelle du législateur, les autorités sanitaires se focalisent sur deux publics longtemps sous-estimés : les adolescents et les jeunes adultes. Thématique phare de la Semaine européenne de la vaccination, organisée entre fin avril et début mai, l’adolescence n’est plus perçue comme une simple phase de transition, mais comme un moment critique de la prévention. Intensification des interactions sociales, autonomie progressive, exposition accrue à certaines infections sont autant de facteurs qui redéfinissent les besoins en matière vaccinale. « Ces contextes favorisent la circulation de certaines infections […] pouvant entraîner des conséquences graves à court ou long terme », confirme la Haute Autorité de santé. Malgré les mesures récentes, les couvertures demeurent insuffisantes pour plusieurs vaccins, notamment contre les méningocoques ou les papillomavirus. Ces lacunes traduisent des hésitations persistantes, mais aussi des « occasions manquées » au sein des parcours de santé. Face à ce constat, les pouvoirs publics orientent leur stratégie vers des actions ciblées, en particulier en milieu scolaire, où les infirmiers jouent un rôle central, entre information, repérage et rattrapage.

Du plan au terrain
Dévoilé lors de la Semaine européenne de la vaccination, le nouveau calendrier vaccinal prolonge cette tendance de fond. Il comporte plusieurs évolutions majeures, dont une extension du rattrapage vaccinal contre les papillomavirus, portée à vingt-six ans contre dix-neuf auparavant, et un renforcement des recommandations sur les méningocoques. « La vaccination des adolescents et des jeunes adultes représente un axe prioritaire pour améliorer durablement les couvertures vaccinales. L’enjeu n’est plus seulement de recommander, mais de structurer concrètement l’accès à la vaccination », souligne le ministère de la Santé. Dans le cadre de leurs fonctions ou durant leurs interventions en milieu scolaire, les infirmiers seront en première ligne. Ils auront notamment pour mission de lutter contre les hésitations vaccinales, mais aussi de limiter les retards et les ruptures de parcours, en vérifiant les statuts vaccinaux ou en rattrapant les schémas incomplets. Reste désormais à traduire ces orientations dans les pratiques, car c’est bien sur le terrain, au contact direct des patients, que se jouera la réussite de cette stratégie vaccinale.

les IDEL réclament un crédit d’impôt

Le constat est posé : la hausse des prix des carburants menace l’équilibre économique des cabinets infirmiers libéraux et, à terme, la continuité des soins pour les patients les plus vulnérables. Dans un communiqué publié début mai, à l’issue de leur passage au ministère de la Santé, la FNI, le SNIIL et Convergence infirmière formulent une proposition commune : la mise en place d’un crédit d’impôt carburant dans le prochain PLFSS. Selon les trois organisations, cette mesure présente quatre atouts majeurs : compenser durablement les coûts de déplacement ; garantir une égalité de traitement entre les professionnels, quel que soit leur territoire d’exercice ; instaurer un dispositif simple et rapidement opérationnel ; préserver la continuité des soins à domicile. Jugée équitable et lisible, elle permettrait également de corriger l’exclusion actuelle des infirmiers libéraux de certaines aides publiques soumises à des plafonds de revenus. Les syndicats demandent au gouvernement d’engager rapidement un travail opérationnel pour intégrer cette proposition dans les prochains textes financiers et sociaux.

Une nouvelle voie d’accès hors Parcoursup

Les modalités d’accès à certaines formations paramédicales évoluent. Un arrêté publié fin avril introduit une seconde voie d’admission, à partir de la sélection faite dans Parcoursup, pour les formations d’aide-soignant, d’auxiliaire de puériculture et d’assistant de régulation médicale. Ce dispositif s’adresse aux candidats restés sans affectation à l’issue de la procédure principale. Il permet aux instituts de formation de niveau IV d’organiser une sélection complémentaire lorsque les capacités d’accueil ne sont pas atteintes, notamment en fin de campagne, durant la période estivale. Cette voie alternative cible en priorité des profils issus de baccalauréats spécialisés (ASSP, SAPAT et ST2S). L’objectif est double : optimiser les capacités de formation et élargir le vivier de candidats dans des filières en tension. Elle offre ainsi une deuxième chance concrète aux candidats engagés dans un projet sanitaire ou médico-social, tout en sécurisant les parcours d’accès aux métiers du soin, dont les besoins augmentent sous l’effet du vieillissement de la population et de la chronicité.

Le secteur recrute, les tensions persistent

Malgré un ralentissement global du marché du travail, le secteur sanitaire et médico-social reste celui qui recrute le plus en France, devant l’hôtellerie-restauration et le commerce-distribution. Selon la dernière enquête annuelle de France Travail*, dont les résultats ont été publiés fin avril, il totalise 322 000 projets d’embauche en 2026. Parmi les métiers les plus recherchés, deux professions du soin se distinguent : les aides à domicile et auxiliaires de vie (69 500 projets) et les aides-soignants (62 100). Dans une moindre mesure, les infirmiers et les sages-femmes sont également des profils recherchés. Cette dynamique s’explique notamment par le vieillissement de la population, qui accroît les besoins de prise en charge. Mais elle masque des difficultés de recrutement persistantes, signalées par près d’un établissement sur deux. Conditions de travail exigeantes et manque d’attractivité continuent de freiner les embauches…

(*) « Enquête Besoins en main-d’œuvre 2026 », France Travail, réalisée entre octobre et décembre 2025 auprès de 416 588 établissements.

Des avancées techniques, mais des tensions persistantes

Le 5 mai dernier, lors de la dernière réunion du groupe « mission universitarisation », auquel l’ANdEP participe depuis sa création, plusieurs précisions ont été apportées, notamment sur le dossier d’accréditation des universités pour la formation infirmière. Si l’ANdEP est jusqu’ici restée discrète sur ces travaux, en cohérence avec son positionnement éthique, il apparaît désormais opportun d’en partager les principaux éléments.
La DGOS et la DGESIP ont engagé une série d’entretiens avec les universités, les IFSI et les ARS pour recueillir leurs questions et apporter des réponses structurées. La représentante des régions a toutefois exprimé son incompréhension face à leur absence dans ces échanges, rappelant leur rôle de financeur et la nécessité d’un partage d’information simultané, afin d’éviter les pertes de temps et les décalages d’interprétation.
S’agissant de la convention tripartite, il est confirmé qu’elle n’a pas à être fournie dans un premier temps. Cette souplesse offre un délai supplémentaire pour son élaboration, même si sa transmission demeurera obligatoire par la suite. Par ailleurs, lorsque le dossier n’a pas encore été examiné par les instances universitaires compétentes, les dates prévisionnelles de passage doivent être précisées. Il est rappelé que la responsabilité du dépôt du dossier incombe à l’université. En l’absence de publication du texte relatif à la gouvernance, les IFSI sont invités à poursuivre leur activité en s’appuyant sur l’arrêté de 2007

Un nouveau code pour de nouvelles missions

Les infirmiers auront prochainement un nouveau Code de déontologie. Pilotée par l’ONI, la révision a reçu un avis favorable du Haut Conseil des professions paramédicales à la mi-avril. Cette réforme vise à mieux aligner le cadre déontologique sur les évolutions récentes de la profession, notamment celles issues de la loi du 27 juin 2025, qui élargit les compétences infirmières en matière de consultation, de prescription et d’accès direct. Parmi les évolutions envisagées, plusieurs ajustements concerneraient les devoirs envers les patients, les relations interprofessionnelles ou encore l’encadrement de situations sensibles, comme le refus de soins en cas de violences ou de menaces. Une mesure essentielle qui doit permettre de renforcer la protection des professionnels tout en garantissant la continuité des prises en charge. Plus largement, cette révision doit clarifier les règles d’exercice dans un contexte d’autonomie accrue et d’évolution des pratiques. Composé de quatre-vingt-douze articles, le Code de déontologie actuel est en vigueur depuis dix ans.

Former pour durer

Le secteur sanitaire et médico-social reste le premier recruteur du pays. Les besoins sont massifs, les perspectives d’emploi bien réelles, et les formations paramédicales sont au cœur des enjeux. Au moment où les dispositifs d’accès évoluent, notamment via Parcoursup, tout converge vers un même objectif : former plus de soignants. Mais une question demeure centrale : pour quel modèle d’exercice ?

Car, dans le même temps, les données sur le malaise infirmier sont sans appel. Dégradation des conditions de travail, perte de sens, épuisement professionnel… Les alertes se multiplient. Entre un secteur qui recrute massivement et une profession qui fidélise difficilement, le paradoxe est saisissant. Former davantage ne suffira pas si les conditions d’exercice ne sont pas repensées en profondeur.

Vigies essentielles des réalités du terrain, les instituts de formation occupent une position stratégique. Ils ne forment pas seulement des compétences, mais des professionnels appelés à exercer dans un système de santé sous pression. Il ne s’agit donc plus uniquement de répondre aux besoins, mais de bâtir un engagement professionnel viable et durable. Redonner de la valeur et du sens aux métiers du soin devient une priorité.

Un malaise confirmé par les chiffres

Le malaise infirmier n’est plus une impression diffuse, mais une réalité statistique documentée. Relayée fin avril par la Fédération nationale des infirmiers, une enquête nationale menée par Albus et OpinionWay confirme l’ampleur du phénomène. Premier enseignement : 36 % des infirmiers envisagent de quitter la profession à court ou moyen terme. Un niveau particulièrement préoccupant chez les plus de 55 ans, dont près d’un sur deux se dit prêt à partir. Le stress constitue le principal facteur de rupture. Evalué à 5,8 sur 10 en moyenne, il atteint un niveau élevé (≥ 7/10) pour 38 % des professionnels et dépasse 8/10 pour un infirmier libéral sur cinq. Conséquence directe : parmi les plus exposés, plus d’un sur deux envisage un départ, contre environ un sur quatre chez les autres. En cause, une charge administrative croissante, perçue comme envahissante et délétère pour l’équilibre vie professionnelle/vie personnelle. Au-delà des chiffres, le signal est clair : sans réponse rapide, la capacité du système de soins à retenir ses infirmiers est directement menacée.

(*) « Baromètre bien-être infirmiers 2026 », Albus x OpinionWay, réalisé en février 2026 auprès de 782 infirmiers.

Comment intégrer la simulation numérique dans le nouveau référentiel infirmier ?

Une opportunité majeure pour la pédagogie

La simulation numérique s’impose comme un levier essentiel pour faire évoluer la formation infirmière. Elle permet aux étudiants de se confronter à des situations de soins réalistes dans un environnement sécurisé, favorisant un apprentissage actif et sans risque pour le patient. En plaçant l’apprenant au cœur de l’action, elle développe le raisonnement clinique, la prise de décision et l’autonomie. Cette pédagogie par l’expérience renforce durablement les compétences, tout en encourageant la réflexivité.

Accessible, flexible et répétable, elle permet aussi d’individualiser les parcours : chaque étudiant progresse à son rythme, analyse ses erreurs et consolide ses acquis. Elle complète ainsi efficacement les stages et les enseignements théoriques.

Environnement sécurisé

Zéro risque pour le patient, apprentissage sans pression.

Répétable à volonté

Chaque étudiant progresse à son propre rythme.

Raisonnement clinique

Décisions réelles, conséquences observées, réflexivité renforcée.

Mis en place en février 2026, le nouveau référentiel infirmier marque une évolution importante de la formation, en mettant davantage l’accent sur les compétences, le raisonnement clinique et l’autonomie des étudiants.

Dans ce cadre, les pédagogies actives, dont la simulation, prennent une place centrale. Elles permettent de mieux préparer les étudiants aux exigences du métierAujourd’hui, une majorité d’IFSI intègre déjà des outils cliniques apprentissage de simulation numérique dans leurs parcours, témoignant d’une transformation progressive des pratiques pédagogiques. Simulation, outil central des nouvelles pédagogies actives

Pédagogies activesLe nouveau référentiel place la simulation au cœur d’une formation plus exigeante, plus proche des réalités du terrain et centrée sur le développement des compétences professionnelles.

La simulation numérique au service des compétences

La simulation numérique permet de travailler une grande diversité de situations : hygiène, urgences, communication, procédures de soins ou encore relation patient.Des acteurs comme Simango accompagnent cette transformation en proposant des modules immersifs accessibles sur ordinateur, basés sur des mises en situation concrètes. Ces outils favorisent un apprentissage interactif, ludique et professionnalisant — tout en multipliant les expériences sans contrainte logistique.

Une transformation déjà en marche

Les retours du terrain confirment l’intérêt croissant pour la simulation numérique dans les instituts de formation. Simango accompagne de nombreux IFSI et établissements de santé dans l’intégration de ces outils pédagogiques, en proposant des modules immersifs adaptés aux besoins des formateurs et des étudiants.

+ 20 Modules de formation Hygiène, urgences, communication, soins et bien plus

68 IFSI partenaires Des établissements partout en France font confiance à Simango

20  K étudiants formés

Au-delà des chiffres, ces dispositifs s’intègrent concrètement dans les parcours pédagogiques des instituts, en complément des enseignements classiques.

La simulation numérique représente bien plus qu’une innovation technologique : c’est une véritable opportunité pédagogique.
En favorisant l’apprentissage actif, la réflexion et l’autonomie, elle répond pleinement aux enjeux du nouveau référentiel infirmier. Elle contribue à former des professionnels plus préparés, plus confiants et mieux armés pour faire face aux réalités du soin.

Apprentissage actif , référentiel 2026, Professionnels préparés

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Publi rédactionnel de Simango