Une nouvelle fois mobilisés, les étudiants en soins infirmiers bénéficieront d’une prime exceptionnelle, variable selon leur niveau d’étude.

Fixé sur la base d’une durée de stage de 35 heures par semaine, le montant de cette indemnité hebdomadaire atteindra 98,50 euros en deuxième année et 86,50 euros en troisième année. Elle perdurera tout au long de l’état d’urgence sanitaire. Financée sur les crédits de l’assurance maladie, elle doit être versée par l’ARS dont relève l’établissement avant la fin de l’année… ou un mois après la fin du stage, au plus tard.

Le coût total de cette opération est estimé à vingt millions d’euros par le ministère de la Santé et des Solidarités. Au-delà de cette seule mesure, leurs indemnités de stage* seront prochainement revalorisées à hauteur de 20 %. Prévue par le Ségur de la santé, cette disposition entrera en vigueur le 1er janvier prochain. Elle s’appliquera à tous les apprentis infirmiers, masseurs-kinésithérapeutes, manipulateurs en électroradiologie médicale et ergothérapeutes.

(*) Hors primes exceptionnelles, les indemnités de stage des étudiants en soins infirmiers sont actuellement plafonnées à 40 euros par semaine en deuxième année. Elles atteignent 50 euros en troisième année.

A l’initiative de l’ARS Hauts-de-France, une trentaine d’équipes de professionnels de santé libéraux intervient actuellement auprès des malades et des cas contacts. Intérêt des mesures de prévention, organisation du logement, gestion du stress et des risques psychologiques, adaptation des consignes d’isolement face à une situation particulière, impact du virus sur les activités habituelles…

Tous les volontaires ont suivi une formation spécifique. Une fois alertée, l’équipe mobile intervient dans un délai de vingt-quatre heures, y compris au domicile des patients. Elle est chargée d’identifier les besoins et les attentes du requérant. Le cas échéant, elle peut également faire le lien avec les cellules territoriales d’appui à l’isolement de la préfecture, notamment pour le portage de repas ou l’approvisionnement en produits de première nécessité.

Depuis mi-octobre, 200 personnes ont déjà bénéficié de cet accompagnement. Face à la hausse de la demande, 50 nouvelles équipes seront prochainement déployées dans toute la région. Conçu par l’URPS Médecins Libéraux, le service est financé par l’ARS. Les professions paramédicales sont pleinement impliquées dans ce dispositif.

Selon Olivier Véran, la troisième vague épidémique pourrait être celle de la santé mentale. Pour mieux mesurer l’ampleur du phénomène, France Assos Santé vient de lancer une étude sur les conséquences psychiques de la crise et ses répercussions sur le suivi des pathologies chroniques*.

Cette organisation inter-associative sollicite 10 000 volontaires pour répondre – une fois par mois – à un questionnaire en ligne autour de trois sujets clés : l’anxiété, la prise en charge et la vie courante. Cette initiative doit notamment permettre d’éclairer les décideurs sur les impacts psychologiques à long terme de la pandémie dans la société française. Un bilan détaillé sera effectué à l’issue de l’enquête… en mai 2022. Des résultats préliminaires seront toutefois présentés un an avant l’échéance.

Les premiers enseignements de la phase pilote, menée auprès de 2 000 participants pendant le premier confinement, laissent craindre le pire. A la suite d’un rendez-vous médical déprogrammé, 78,9 % des répondants ont ressenti une forme d’anxiété ; 68 % ont constaté une prise en charge dégradée. Des chiffres significatifs qui méritent encore confirmation. « Il s’agit d’une tendance et non d’une preuve robuste, en raison de la faiblesse du nombre de réponses colligées », nuance France Assos Santé.

(*) Voir : https://www.vivre-covid19.fr/

L’expérience du printemps dernier doit avoir valeur d’exemple. Dans un communiqué commun*, les Ordres de santé lancent un appel à la mobilisation pour garantir la continuité des soins pendant le nouveau confinement.

Selon eux, la sensibilisation de la population sera un paramètre essentiel pour réduire au maximum les retards de diagnostic et les ruptures de prise en charge. Ils invitent d’ailleurs tous les patients à poursuivre leurs consultations, y compris en ville. Les différentes instances professionnelles sont catégoriques : le suivi des pathologies et des traitements ne doit être interrompu sous aucun prétexte, ne serait-ce que pour prévenir des complications évitables. « Il en va de la santé de chacun, à laquelle nous ne saurions renoncer, même dans cette période particulière », écrivent-elles. Elles précisent également que les examens et les soins médicaux font partie des motifs de sorties autorisées, non sans souligner qu’il existe aujourd’hui des solutions dématérialisées sûres et efficaces, comme la téléconsultation ou le télésoin.
Une nouvelle fois mis à contribution, les étudiants de la filière sanitaire répondront présents**.

Redoutant déjà les impacts potentiels de cette remobilisation sur leur formation et leur état de santé, ils réclament cependant des garanties aux pouvoirs publics. D’après le Centre national d’appui, plus de la moitié des apprentis sollicités présentaient « un score significatif » sur l’échelle de détresse psychologique, à l’issue de la première vague. Outre la préoccupation liée à la validation de leur diplôme, la fatigue majeure générée par l’intégration d’un service en tension, l’insuffisance des moyens de protection ou encore la peur de prodiguer de mauvais soins aux patients par manque de formation et d’encadrement, le dérèglement de leur apprentissage et leur mobilisation massive a exacerbé leurs craintes de devenir de moins bons praticiens.

(*) Ce communiqué a été co-signé par les présidents des Ordres des médecins, des sages-femmes, des infirmiers, des chirurgiens-dentistes, des masseurs-kinésithérapeutes, des pédicures-podologues et des pharmaciens. Lire ce communiqué
(**) Ce communiqué a été co-signé par l’ANEMF, l’ANEPF, l’ANESF, la FNEK, la FNESI, la FNSIP-BM, l’ISNAR-IMG, l’ISNI, l’UNECD et la FAGE. Lire ce communiqué

Recrudescence des cas oblige, le reconfinement doit permettre de limiter les effets dévastateurs d’une seconde vague épidémique que les spécialistes annoncent plus virulente que la première. Si la recherche vaccinale progresse, les perspectives sanitaires et économiques restent plus que jamais incertaines. Explications.

Un mois ferme, au mieux. Le retour en force du virus a fait rougir tous les indicateurs de gravité, au point de se solder par un reconfinement généralisé qui a débuté le 30 octobre dernier. Impuissant et fataliste, Emmanuel Macron ne pouvait que constater les dégâts. « Les mesures prises ne suffisent plus. Si nous ne donnons pas aujourd’hui un coup de frein brutal aux contaminations, nos hôpitaux seront très vite saturés. Quoi que nous fassions, près de 9 000 patients seront en réanimation à la mi-novembre. Nos capacités maximales seront alors quasiment atteintes. Faute de personnels qualifiés, nous pourrons difficilement aller au-delà. » Refusant la perspective sordide de « trier les malades », il a également exclu la piste de l’immunité collective : « Si on le laissait circuler librement, le virus pourrait causer 400 000 morts de plus en quelques mois seulement. Jamais la France n’adoptera cette stratégie ! »
Cette fois, le confinement sera moins strict. Plus souple et probablement moins long, sera-t-il aussi efficace ? Le président de la République a été catégorique : « L’économie ne doit ni s’arrêter ni s’effondrer. ». Les écoles resteront ouvertes, les activités essentielles seront maintenues, les structures d’hébergement pour personnes âgées pourront être visitées. Des protocoles sanitaires adaptés ont été déployés.

Les premiers impacts…

Dix jours plus tard, les premiers impacts sont déjà perceptibles. Ministre des Solidarités et de la Santé, Olivier Véran évoquait « un ralentissement dans la progression de l’épidémie », se gardant toutefois de tirer des conclusions hâtives. Ce « frémissement » mérite confirmation. Les conséquences économiques sont nettement plus évidentes. Selon la Banque de France, le produit intérieur brut devrait être amputé de douze points en novembre. A titre de comparaison, il avait chuté de 31 % au mois d’avril. Moins importante, la baisse n’est pas anodine pour autant. Selon Olivier Dussopt, ministre des Comptes publics, un mois de confinement coûterait entre 50 et 75 milliards d’euros à l’économie française.
Les nouvelles ne sont guère meilleures sur le plan budgétaire. Une fois encore, le déficit prévisionnel de la Sécurité sociale a été revu à la hausse. Il devrait finalement atteindre 49 milliards d’euros en fin d’année. La perte des recettes attendues au dernier trimestre et les surcoûts sanitaires liés à la flambée épidémique représentent une dépense supplémentaire non négligeable, estimée à 2,4 milliards. A eux seuls, les tests de dépistage font gonfler la facture de 400 millions d’euros. Une somme qui couvrira l’augmentation naturelle des besoins en novembre et en décembre.
Une nouvelle stratégie de déconfinement ?
Si la date officielle n’a pas encore été dévoilée, le gouvernement prépare déjà le déconfinement. Mise entre parenthèses, la stratégie « tester, alerter, protéger » reprendra ses droits, à quelques évolutions près. La généralisation des tests antigéniques devra notamment permettre de désengorger les laboratoires de biologie médicale, dont la fréquentation habituelle a pratiquement quadruplé ces dernières semaines. L’intervention des médecins, des pharmaciens et des infirmiers devrait également contribuer à freiner la circulation du virus, en améliorant sa détection précoce. La rapidité des résultats et l’élargissement des sites de prélèvement ne fera pas tout. Ruptures d’approvisionnement potentielles, pénuries latentes sur certains équipements de protection indispensables, cible populationnelle restreinte, sensibilité perfectible, mobilisation professionnelle insuffisante : les zones de fragilité sont clairement identifiées. Autre évidence, il n’y aura pas de dépistage efficace sans un traçage minutieux des cas contacts. L’exécutif compte particulièrement sur la diffusion massive et l’utilisation effective de l’application TousAntiCovid, une version améliorée de StopCovid. Signal encourageant : elle a été téléchargée plus de sept millions de fois en une semaine, contre un peu moins de trois millions de téléchargements en l’espace de cinq mois.
Seul rempart durable contre le nouveau coronavirus, l’arrivée d’un vaccin fiable se fait toujours attendre. Une dizaine de candidats sont actuellement en phase III. L’un d’entre eux pourrait être le bon*, mais la partie est loin d’être gagnée. Le chemin de la guérison sera encore long. Toujours aussi incertain, le « monde d’après » n’est pas pour demain.

(*) Selon les premières données préliminaires communiquées par Pfizer et BioNTech, leur candidat-vaccin présente un niveau d’efficacité très élevé contre le risque d’infection au nouveau coronavirus, estimé à 90 %. Si ces résultats se confirment, une demande d’enregistrement pourrait être déposée d’ici à la fin du mois auprès de la FDA

Le dépistage individuel ne sera plus l’apanage exclusif des biologistes. Aux côtés des médecins et des pharmaciens, les infirmiers sont désormais autorisés à pratiquer des tests antigéniques par voie nasopharyngée pour faciliter la détection précoce du SARS-CoV-2.

Ils devront prioritairement cibler les patients symptomatiques depuis moins de quatre jours, à l’exclusion des plus de soixante-cinq ans et des personnes susceptibles de développer une forme grave de la maladie. Autre contrainte imposée, les sujets éligibles devront être dans l’incapacité d’obtenir un résultat en moins de quarante-huit heures via un test RT-PCR. Non prioritaires, les asymptomatiques pourront néanmoins en bénéficier, à l’exception des cas contacts et des ressortissants d’un cluster identifié. A noter : les tests antigéniques sont intégralement remboursés par la Sécurité sociale*. Aucune ordonnance ne sera nécessaire.

Cet élargissement du nombre de préleveurs répond à deux objectifs précis : limiter la propagation du virus et désengorger les laboratoires de biologie médicale, à l’aide d’un diagnostic rapide pouvant être obtenu en moins de trente minutes. Dans le cadre de cette nouvelle mission de santé publique, les infirmiers profiteront d’une rétribution spécifique. Trois niveaux de rémunération sont prévus dans les textes : 19,21 euros (si l’examen est réalisé dans le cadre d’un dépistage collectif) ; 27,39 euros (si l’examen est réalisé sur le lieu d’exercice) ; 29,92 euros (si l’examen est réalisé au domicile du patient).

Les volontaires seront également tenus de remonter les données recueillies en temps réel auprès de l’assurance maladie par le biais d’une plate-forme numérique sécurisée, à savoir le SI-DEP, auquel ils auront prochainement accès. En attendant, ils procèdent par téléphone ou par messagerie sécurisée, uniquement pour les cas positifs. A l’instar des masques de protection, les tests antigéniques sont distribués gratuitement par les pharmaciens sur présentation d’un justificatif professionnel.

(*) La liste des tests antigéniques autorisés est régulièrement mise à jour sur le site du ministère de la Santé : https://covid-19.sante.gouv.fr/tests

La grève du 15 octobre a visiblement poussé le gouvernement à accélérer les démarches. La recrudescence du virus aussi. Actée mi-juillet dans le cadre du Ségur de la santé, la revalorisation des métiers non-médicaux du secteur public interviendra plus vite que prévu.

La seconde tranche de l’augmentation accordée aux personnels des établissements hospitaliers et médico-sociaux sera finalement versée le 1er décembre, et non pas en mars 2021 comme le prévoyait le calendrier initial. Près de deux millions de salariés obtiendront donc une revalorisation mensuelle de 183 euros nets avant la fin de l’année*.

Les 100 000 praticiens hospitaliers ou hospitalo-universitaires éligibles bénéficieront du même traitement de faveur. Ils percevront également l’intégralité de l’indemnité d’engagement de service public exclusif le 1er décembre, soit 1 010 euros bruts par mois**. « L’anticipation de ces revalorisations correspond à un engagement sans précédent du gouvernement. A l’heure où nos professionnels font face à une seconde vague épidémique, nous n’aurons pas la main qui tremble pour leur accorder la reconnaissance que nous leur devons », soulignait Olivier Véran, ministre des Solidarités et de la Santé, à l’heure d’officialiser la nouvelle.

(*) Les salaires des personnels non-médicaux des établissements de santé et médico-sociaux publics avaient été revalorisés à hauteur de 90 euros nets par mois en septembre dernier.
(**) Les salaires des médecins ayant fait le choix exclusif du service public hospitalier avaient été augmentés de 207 euros bruts par mois en septembre dernier. Pour rappel, cette indemnité était plafonnée à 493 euros avant les accords du Ségur.

Pour pallier le manque de personnel dans le secteur du grand âge, le gouvernement exhorte les préfets à mener « une campagne de recrutement d’urgence » dans les départements et les régions, en lien avec les ARS.

Ils ont été récemment missionnés pour réunir tous les acteurs de l’emploi dans les territoires, et appuyer les initiatives locales pour renforcer les moyens humains dans les établissements déficitaires. Face à l’urgence, il leur a été demandé de rendre compte de leurs actions avant la mi-novembre. Impulsée par la ministre déléguée chargée de l’autonomie, cette initiative devra permettre d’identifier des solutions concrètes pour répondre à la hausse des besoins, exacerbés en temps de crise sanitaire. Un accent particulier devra être mis sur certains métiers en tension, comme les aides-soignants, les accompagnants éducatifs et sociaux, les auxiliaires de vie et les aides à la personne. Selon Brigitte Bourguignon, l’enjeu consiste notamment à sécuriser l’organisation des visites en Ehpad, maintenues malgré le reconfinement.
A plus large échelle, la formation sera l’un des principaux vecteurs de la transformation attendue. Pour lever les difficultés observées, Pôle Emploi porte actuellement un projet expérimental en Occitanie, avec le concours du SYNERPA, de la Croix Rouge et du GRETA.

Lancée il y a un an, une formation d’accompagnant en gérontologie de niveau V a été dispensée dans quatre villes de la région. Pas moins de 66 personnes ont déjà été formées, dont 47 demandeurs d’emploi. Trois mois après l’obtention du titre, 85 % d’entre eux ont retrouvé du travail. 22 stagiaires ont même décroché un CDI. Forte de son succès, l’opération a été reconduite cette année sur un panel élargi.

Fatigués, malmenés, surchargés et désabusés, les infirmiers présentent tous les symptômes du burn out. Telles sont tout du moins les principales conclusions de la concertation en ligne, lancée début octobre par l’ONI*.

La profession se disait alors au bord de la rupture, avant même l’arrivée de la seconde vague épidémique. En ville comme à l’hôpital, la dégradation des conditions de travail cristallise les frustrations. Près des deux tiers des répondants se déclarent en état d’épuisement professionnel (57 %). Un chiffre d’autant plus inquiétant qu’il a pratiquement doublé depuis le début de la crise**. Accentué par la douloureuse expérience du nouveau coronavirus, ce mal-être grandissant pourrait avoir des conséquences dramatiques à moyen terme. Nombre d’infirmiers expriment clairement l’envie de changer de métier (37 %). Plus préoccupant encore, ils ne sont pas sûrs d’exercer cette fonction dans cinq ans (43 %).
Dans ce contexte délétère, l’instance ordinale réclame des mesures urgentes pour améliorer leur quotidien, mais aussi pour restaurer l’attractivité d’une profession dégradée. « La revalorisation des conditions financières et l’évolution des carrières seront deux leviers critiques pour pérenniser l’engagement des professionnels et en attirer de nouveaux », souligne Patrick Chamboredon, son président.

Le constat est implacable : 34 000 postes sont aujourd’hui vacants, alors qu’il faudrait en créer davantage pour garantir le bon fonctionnement du système de santé.

(*) Selon l’ONI, 59 368 infirmiers ont répondu à cette concertation en ligne, menée entre le 2 et le 7 octobre derniers.
(**) Il y a neuf mois, 33 % des infirmiers faisaient déjà part de leur mal-être, dans le cadre d’une précédente consultation réalisée par l’ONI.