Un outil pour objectiver le mal‑être

La question de la santé mentale des étudiants en soins infirmiers a franchi un cap symbolique avec le lancement de l’ESI’mètre par la FNESI. Conçu comme un outil d’auto‑évaluation, ce dispositif permet de mesurer la qualité de l’environnement de formation en fonction de critères concrets, comme l’organisation des enseignements, l’accompagnement pédagogique, les conditions de stage ou la charge de travail. Les objectifs sont clairement affichés : mieux objectiver une réalité désormais largement documentée. Les chiffres sont éloquents. Plus de 70 % des étudiants en soins infirmiers déclarent une dégradation de leur santé mentale depuis le début de leur formation. Près de sept sur dix disent avoir envisagé au moins une fois d’abandonner leur cursus, et près d’un sur quatre rapporte des épisodes de détresse psychologique sévère au cours de l’année écoulée. Les stages constituent un facteur déterminant : plus de 60 % des étudiants les identifient comme une source majeure de stress. Dans ce contexte, l’ESI’mètre ambitionne de transformer des ressentis souvent diffus en indicateurs comparables et exploitables dans le temps. Il s’inscrit dans une logique de prévention et de dialogue, en rendant visible l’environnement global dans lequel se construisent les futurs professionnels. Une manière de rappeler que la qualité de la formation ne se résume pas aux contenus pédagogiques, mais intègre pleinement l’expérience vécue par les étudiants.