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Le 21 février dernier, le conseil départemental et la CPAM de l’Oise ont signé une convention inédite pour améliorer l’attractivité du territoire, fragilisé par la désertification médicale.

Cet accord prévoit notamment de renforcer les incitations financières pour favoriser les nouvelles installations, y compris pour les professions paramédicales. Les jeunes diplômés bénéficieront d’une enveloppe globale doté de 1,5 million d’euros. Pour les sages-femmes, les masseurs-kinésithérapeutes et les orthophonistes, le montant de l’aide accordée par la collectivité pourra atteindre 20 000 euros. Les infirmiers et les masseurs-kinésithérapeutes pourront également profiter d’un prêt à taux zéro pouvant aller jusqu’à 50 000 euros.

A noter toutefois : ces aides individuelles seront attribuées aux professionnels qui accepteront de s’engager sur une durée de cinq ans avec un volume de travail minimum, soit vingt-huit heures par semaine. Autre condition posée, le « lieu d’exercice » devra impérativement être implanté dans une zone sous-dotée du département. Le zonage défini par l’ARS fera loi. Rappelons que ces incitations financières ne seront pas exclusivement réservées aux primo-installants.  Les professionnels de santé n’ayant jamais exercé dans l’Oise sont également concernés.

Les incitations proposées aux médecins généralistes qui s’installent en zone fragile, ont été profondément revues, le zonage utilisé pour attribuer ces aides a été redéfini. Il prend en compte le niveau d’activité des médecins et non plus seulement l’indicateur de densité médicale.

Selon les chiffres de l’IRDES (novembre 2018) :

Près de 3 200 étudiants en médecine ou en dentaire ont bénéficié du contrat d’engagement de service public (CESP). L’évolution des maquettes de formation a permis de donner d’avantage de place à ce type de stages, notamment pendant le troisième cycle d’études médicales.

Le développement des délégations de taches avec le protocole ASALEE permet à des infirmiers de travailler en binôme avec un médecin généraliste pour suivre et accompagner des malades chroniques. Cela concerne 367 postes d’infirmiers qui travaillent avec 2800 médecins, un gain de temps, et 10 % de patient supplémentaire pour les meilleurs binômes.

Parmi les premières promotions d’infirmiers en pratique avancée, plus de 300 étudiants suivent cette année l’enseignement mis en place par 16 universités dans 8 régions. Parmi eux, 70 ont intégré directement la seconde année .

Et demain…

Une nouvelle filière de formation des infirmiers de pratique avancée sera créée, centrée sur la prise en charge en psychiatrie.

Une prime de coopération sera instaurée pour valoriser les professionnels de santé choisissant de s’engager dans des protocoles de coopération pluri- professionnels

Télé-consultation, télémédecine, télé-expertise :

Le déploiement rapide de la télémédecine qui permet à un patient une prise en charge plus rapide en

consultant un médecin à distance par video devrait s’amplifier dans les prochains mois, en faveur du suivi de certains patients par des pharmaciens ou des infirmiers pendant une télé-consultation, par exemple pour apprendre à utiliser les appareils connectés.

La télé-expertise, qui permet à un médecin de solliciter l’expertise d’un de ses confrères, est remboursé depuis février 2019 dans les zones en tension et devrait être généralisée d’ici 2020.