Le secteur recrute, les tensions persistent

Malgré un ralentissement global du marché du travail, le secteur sanitaire et médico-social reste celui qui recrute le plus en France, devant l’hôtellerie-restauration et le commerce-distribution. Selon la dernière enquête annuelle de France Travail*, dont les résultats ont été publiés fin avril, il totalise 322 000 projets d’embauche en 2026. Parmi les métiers les plus recherchés, deux professions du soin se distinguent : les aides à domicile et auxiliaires de vie (69 500 projets) et les aides-soignants (62 100). Dans une moindre mesure, les infirmiers et les sages-femmes sont également des profils recherchés. Cette dynamique s’explique notamment par le vieillissement de la population, qui accroît les besoins de prise en charge. Mais elle masque des difficultés de recrutement persistantes, signalées par près d’un établissement sur deux. Conditions de travail exigeantes et manque d’attractivité continuent de freiner les embauches…

(*) « Enquête Besoins en main-d’œuvre 2026 », France Travail, réalisée entre octobre et décembre 2025 auprès de 416 588 établissements.

Des avancées techniques, mais des tensions persistantes

Le 5 mai dernier, lors de la dernière réunion du groupe « mission universitarisation », auquel l’ANdEP participe depuis sa création, plusieurs précisions ont été apportées, notamment sur le dossier d’accréditation des universités pour la formation infirmière. Si l’ANdEP est jusqu’ici restée discrète sur ces travaux, en cohérence avec son positionnement éthique, il apparaît désormais opportun d’en partager les principaux éléments.
La DGOS et la DGESIP ont engagé une série d’entretiens avec les universités, les IFSI et les ARS pour recueillir leurs questions et apporter des réponses structurées. La représentante des régions a toutefois exprimé son incompréhension face à leur absence dans ces échanges, rappelant leur rôle de financeur et la nécessité d’un partage d’information simultané, afin d’éviter les pertes de temps et les décalages d’interprétation.
S’agissant de la convention tripartite, il est confirmé qu’elle n’a pas à être fournie dans un premier temps. Cette souplesse offre un délai supplémentaire pour son élaboration, même si sa transmission demeurera obligatoire par la suite. Par ailleurs, lorsque le dossier n’a pas encore été examiné par les instances universitaires compétentes, les dates prévisionnelles de passage doivent être précisées. Il est rappelé que la responsabilité du dépôt du dossier incombe à l’université. En l’absence de publication du texte relatif à la gouvernance, les IFSI sont invités à poursuivre leur activité en s’appuyant sur l’arrêté de 2007

Un nouveau code pour de nouvelles missions

Les infirmiers auront prochainement un nouveau Code de déontologie. Pilotée par l’ONI, la révision a reçu un avis favorable du Haut Conseil des professions paramédicales à la mi-avril. Cette réforme vise à mieux aligner le cadre déontologique sur les évolutions récentes de la profession, notamment celles issues de la loi du 27 juin 2025, qui élargit les compétences infirmières en matière de consultation, de prescription et d’accès direct. Parmi les évolutions envisagées, plusieurs ajustements concerneraient les devoirs envers les patients, les relations interprofessionnelles ou encore l’encadrement de situations sensibles, comme le refus de soins en cas de violences ou de menaces. Une mesure essentielle qui doit permettre de renforcer la protection des professionnels tout en garantissant la continuité des prises en charge. Plus largement, cette révision doit clarifier les règles d’exercice dans un contexte d’autonomie accrue et d’évolution des pratiques. Composé de quatre-vingt-douze articles, le Code de déontologie actuel est en vigueur depuis dix ans.

Former pour durer

Le secteur sanitaire et médico-social reste le premier recruteur du pays. Les besoins sont massifs, les perspectives d’emploi bien réelles, et les formations paramédicales sont au cœur des enjeux. Au moment où les dispositifs d’accès évoluent, notamment via Parcoursup, tout converge vers un même objectif : former plus de soignants. Mais une question demeure centrale : pour quel modèle d’exercice ?

Car, dans le même temps, les données sur le malaise infirmier sont sans appel. Dégradation des conditions de travail, perte de sens, épuisement professionnel… Les alertes se multiplient. Entre un secteur qui recrute massivement et une profession qui fidélise difficilement, le paradoxe est saisissant. Former davantage ne suffira pas si les conditions d’exercice ne sont pas repensées en profondeur.

Vigies essentielles des réalités du terrain, les instituts de formation occupent une position stratégique. Ils ne forment pas seulement des compétences, mais des professionnels appelés à exercer dans un système de santé sous pression. Il ne s’agit donc plus uniquement de répondre aux besoins, mais de bâtir un engagement professionnel viable et durable. Redonner de la valeur et du sens aux métiers du soin devient une priorité.

Un malaise confirmé par les chiffres

Le malaise infirmier n’est plus une impression diffuse, mais une réalité statistique documentée. Relayée fin avril par la Fédération nationale des infirmiers, une enquête nationale menée par Albus et OpinionWay confirme l’ampleur du phénomène. Premier enseignement : 36 % des infirmiers envisagent de quitter la profession à court ou moyen terme. Un niveau particulièrement préoccupant chez les plus de 55 ans, dont près d’un sur deux se dit prêt à partir. Le stress constitue le principal facteur de rupture. Evalué à 5,8 sur 10 en moyenne, il atteint un niveau élevé (≥ 7/10) pour 38 % des professionnels et dépasse 8/10 pour un infirmier libéral sur cinq. Conséquence directe : parmi les plus exposés, plus d’un sur deux envisage un départ, contre environ un sur quatre chez les autres. En cause, une charge administrative croissante, perçue comme envahissante et délétère pour l’équilibre vie professionnelle/vie personnelle. Au-delà des chiffres, le signal est clair : sans réponse rapide, la capacité du système de soins à retenir ses infirmiers est directement menacée.

(*) « Baromètre bien-être infirmiers 2026 », Albus x OpinionWay, réalisé en février 2026 auprès de 782 infirmiers.

Comment intégrer la simulation numérique dans le nouveau référentiel infirmier ?

Une opportunité majeure pour la pédagogie

La simulation numérique s’impose comme un levier essentiel pour faire évoluer la formation infirmière. Elle permet aux étudiants de se confronter à des situations de soins réalistes dans un environnement sécurisé, favorisant un apprentissage actif et sans risque pour le patient. En plaçant l’apprenant au cœur de l’action, elle développe le raisonnement clinique, la prise de décision et l’autonomie. Cette pédagogie par l’expérience renforce durablement les compétences, tout en encourageant la réflexivité.

Accessible, flexible et répétable, elle permet aussi d’individualiser les parcours : chaque étudiant progresse à son rythme, analyse ses erreurs et consolide ses acquis. Elle complète ainsi efficacement les stages et les enseignements théoriques.

Environnement sécurisé

Zéro risque pour le patient, apprentissage sans pression.

Répétable à volonté

Chaque étudiant progresse à son propre rythme.

Raisonnement clinique

Décisions réelles, conséquences observées, réflexivité renforcée.

Mis en place en février 2026, le nouveau référentiel infirmier marque une évolution importante de la formation, en mettant davantage l’accent sur les compétences, le raisonnement clinique et l’autonomie des étudiants.

Dans ce cadre, les pédagogies actives, dont la simulation, prennent une place centrale. Elles permettent de mieux préparer les étudiants aux exigences du métierAujourd’hui, une majorité d’IFSI intègre déjà des outils cliniques apprentissage de simulation numérique dans leurs parcours, témoignant d’une transformation progressive des pratiques pédagogiques. Simulation, outil central des nouvelles pédagogies actives

Pédagogies activesLe nouveau référentiel place la simulation au cœur d’une formation plus exigeante, plus proche des réalités du terrain et centrée sur le développement des compétences professionnelles.

La simulation numérique au service des compétences

La simulation numérique permet de travailler une grande diversité de situations : hygiène, urgences, communication, procédures de soins ou encore relation patient.Des acteurs comme Simango accompagnent cette transformation en proposant des modules immersifs accessibles sur ordinateur, basés sur des mises en situation concrètes. Ces outils favorisent un apprentissage interactif, ludique et professionnalisant — tout en multipliant les expériences sans contrainte logistique.

Une transformation déjà en marche

Les retours du terrain confirment l’intérêt croissant pour la simulation numérique dans les instituts de formation. Simango accompagne de nombreux IFSI et établissements de santé dans l’intégration de ces outils pédagogiques, en proposant des modules immersifs adaptés aux besoins des formateurs et des étudiants.

+ 20 Modules de formation Hygiène, urgences, communication, soins et bien plus

68 IFSI partenaires Des établissements partout en France font confiance à Simango

20  K étudiants formés

Au-delà des chiffres, ces dispositifs s’intègrent concrètement dans les parcours pédagogiques des instituts, en complément des enseignements classiques.

La simulation numérique représente bien plus qu’une innovation technologique : c’est une véritable opportunité pédagogique.
En favorisant l’apprentissage actif, la réflexion et l’autonomie, elle répond pleinement aux enjeux du nouveau référentiel infirmier. Elle contribue à former des professionnels plus préparés, plus confiants et mieux armés pour faire face aux réalités du soin.

Apprentissage actif , référentiel 2026, Professionnels préparés

Découvrir Simango

 

Publi rédactionnel de Simango

Des avancées techniques, mais des tensions persistantes

Le 5 mai dernier, lors de la dernière réunion du groupe « mission universitarisation », auquel l’ANdEP participe depuis sa création, plusieurs précisions ont été apportées, notamment sur le dossier d’accréditation des universités pour la formation infirmière. Si l’ANdEP est jusqu’ici restée discrète sur ces travaux, en cohérence avec son positionnement éthique, il apparaît désormais opportun d’en partager les principaux éléments.
La DGOS et la DGESIP ont engagé une série d’entretiens avec les universités, les IFSI et les ARS pour recueillir leurs questions et apporter des réponses structurées. La représentante des régions a toutefois exprimé son incompréhension face à leur absence dans ces échanges, rappelant leur rôle de financeur et la nécessité d’un partage d’information simultané, afin d’éviter les pertes de temps et les décalages d’interprétation.
S’agissant de la convention tripartite, il est confirmé qu’elle n’a pas à être fournie dans un premier temps. Cette souplesse offre un délai supplémentaire pour son élaboration, même si sa transmission demeurera obligatoire par la suite. Par ailleurs, lorsque le dossier n’a pas encore été examiné par les instances universitaires compétentes, les dates prévisionnelles de passage doivent être précisées. Il est rappelé que la responsabilité du dépôt du dossier incombe à l’université. En l’absence de publication du texte relatif à la gouvernance, les IFSI sont invités à poursuivre leur activité en s’appuyant sur l’arrêté de 2007.

Le leadership au cœur de la transformation

Les XXVIIIᵉ Journées d’étude de l’ANdEP se sont tenues dans un contexte déterminant pour l’avenir des formations paramédicales. L’entrée en vigueur du nouveau référentiel infirmier marque l’aboutissement d’un long processus de concertation nationale et ouvre désormais une phase décisive : celle de la mise en œuvre, au plus près des réalités des instituts, des équipes et des territoires.

Les temps consacrés aux actualités ont permis de partager un diagnostic convergent. Sécurisation du cadre conventionnel, articulation avec les universités, impacts organisationnels et financiers, validation des projets pédagogiques communs au sein des académies… Les chantiers sont nombreux et complexes. Ils nécessitent des réponses coordonnées, construites collectivement, et une capacité accrue à piloter dans l’incertitude.

Le thème central des Journées – le leadership du directeur d’institut dans le processus d’universitarisation et de professionnalisation – a trouvé une résonance particulière. Au fil des échanges, le rôle du directeur s’est affirmé comme central : garant du projet pédagogique, interface entre les partenaires institutionnels, les universitaires et les professionnels, moteur de la dynamique collective et repère pour les équipes engagées dans une mutation profonde. Plus qu’une posture, le leadership apparaît comme une compétence stratégique, qui conjugue vision, cohérence et attention portée à l’humain.

Les tables rondes ont enrichi cette réflexion, en donnant la parole à l’ensemble des parties prenantes : promoteurs de stage, étudiants, patients partenaires et acteurs universitaires. Tous ont confirmé l’intérêt d’un modèle universitaire professionnalisant, fondé sur la coopération, la reconnaissance mutuelle et l’ancrage dans les réalités du soin. Un modèle que l’ANdEP soutient de longue date ! La référence aux IUT est venue illustrer concrètement cette voie possible, articulant exigence académique et finalité professionnelle.

Le lancement du projet de recherche porté par l’ANdEP, en lien avec le champ des sciences de l’éducation, s’inscrit pleinement dans cette dynamique. Il traduit notre volonté d’objectiver les transformations en cours, d’éclairer les pratiques de direction et de soutenir durablement l’évolution des formations paramédicales.

Fidèle à ses valeurs, notre association réaffirme son engagement aux côtés de ses adhérents : accompagner le changement avec lucidité, exigence et sens du collectif. Organisées dans un climat convivial et engagé, ces Journées témoignent de la force du réseau ANdEP. Mais aussi de sa capacité à penser et construire l’avenir des formations paramédicales, au service de la qualité des apprentissages et, in fine, de la qualité des soins.

Florence Girard

Avenant infirmier : un virage clinique sous tension économique

Signé après neuf mois de négociations, le nouvel avenant infirmier marque une étape structurante pour la profession. Revalorisations tarifaires, consultations infirmières, accès direct aux soins : le texte reconnaît et consolide la dimension clinique du métier. Mais derrière cet accord, les syndicats soulignent des fragilités économiques persistantes.

Le 31 mars dernier, après neuf mois de discussions, l’Assurance Maladie et les trois organisations représentatives des infirmiers libéraux ont signé un nouvel avenant conventionnel. Outre une revalorisation progressive des actes du quotidien*, le texte concrétise plusieurs évolutions inscrites dans la loi de juin 2025. Il fixe notamment les conditions tarifaires de la consultation infirmière**, renforce le statut d’infirmier référent pour les patients les plus fragiles, élargit l’accès direct à certains soins, dont les plaies non chirurgicales, et développe le bilan de soins infirmiers, en particulier pour les personnes dépendantes. Autant de marqueurs qui révèlent un glissement assumé de l’acte technique vers une contribution plus clinique, plus coordonnée et plus lisible dans les parcours. Toutes mesures confondues, cet avenant représente un investissement de 503 millions d’euros sur la période 2026-2029. « Cette signature est un moment important pour notre système de santé. Elle permet de soutenir concrètement la pratique libérale, tout en reconnaissant explicitement son rôle dans l’organisation des soins, notamment au domicile des patients », souligne Thomas Fatôme, directeur général de la CNAM. Même tonalité du côté du gouvernement, qui évoque un enjeu de cohérence avec la réforme en cours. « Cet accord est une étape majeure dans la reconnaissance des missions exercées par les infirmiers. Il revalorise le cœur du métier, consacre la montée en compétences et doit améliorer durablement l’accès aux soins sur tout le territoire », affirme Stéphanie Rist, ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées.

Un consensus prudent
Fait notable : les trois syndicats représentatifs ont signé, mais cette unité s’accompagne d’un enthousiasme mesuré. Si cet accord conventionnel solde une longue période de gel tarifaire, il est perçu comme une première étape indispensable. Les responsables syndicaux sont formels : il ne répond pas entièrement aux difficultés économiques rencontrées par les infirmiers libéraux. La FNI assume une signature pragmatique, non sans rappeler l’érosion du revenu net et la hausse des charges. « Cet avenant est imparfait, mais il permet des avancées utiles pour la profession, notamment sur le plan tarifaire. Il reconnaît enfin la réalité de notre métier et sécurise des mesures attendues depuis longtemps », commente Daniel Guillerm, son président. Le SNIIL adopte une position proche : « Nous saluons la reconnaissance de nouvelles compétences, comme les consultations infirmières ou l’accès direct pour certaines plaies, mais les revalorisations obtenues demeurent en-deçà de nos attentes. Nous resterons mobilisés pour garantir une application effective de ce texte et poursuivre les travaux nécessaires. » Plus critique encore, Convergence Infirmière revendique une signature sans illusion et insiste sur son caractère transitoire : « Après dix-sept années sans revalorisation significative de notre lettre-clé, ce compromis ne peut être considéré comme un aboutissement. Nous réclamons toujours des conditions d’exercice économiquement viables. » La signature de cet avenant conventionnel laisse un message clair : le futur de la profession se jouera dans son atterrissage économique et les suites conventionnelles attendues, qui conditionneront la poursuite de la réforme du métier.

Hugues Rieu

(*) AMI et AMX augmenteront de 9,5 % en deux temps, entre novembre 2026 et 2027.

(**) Le tarif de la consultation infirmière sera de vingt euros. Elle sera progressivement déployée entre 2026 et 2028.