Depuis quelques jours, le coronavirus a fait irruption dans notre quotidien. Les instituts de formation ne sont pas épargnés.

A notre échelle, nous avons un rôle déterminant à jouer, en adoptant notamment toutes les mesures de prévention qui s’imposent pour réduire les risques de contamination dans nos établissements.

Inédite par son ampleur, cette épidémie galopante nous rappelle à quel point nous sommes dépendants les uns des autres, malgré les kilomètres qui nous séparent. « Agir en faveur d’une meilleure santé pour tous, partout dans le monde ! » : le slogan de l’OMS prend aujourd’hui tout son sens. Voilà une belle piste de réflexion pour tous nos étudiants.

Dans ce climat empreint d’incertitudes, comment ne pas penser aux professionnels de santé qui œuvrent chaque jour sur le terrain, aux côtés des malades. Comment ne pas penser à tous les soignants du pays qui sont un vrai rempart contre cet ennemi invisible, en informant et en rassurant la population.

Les professions paramédicales sont en première ligne. Elles participent activement à la protection des patients les plus fragiles, à commencer par les personnes âgées, quitte à mettre leur propre santé en danger. Leur engagement au service de la nation est un exemple de professionnalisme et de solidarité, dont nous devons tous nous inspirer.

Les 5èmes Etats généraux de la formation et de la recherche médicale se sont tenus à Caen, les 6 et 7 février derniers. Pour la première fois, les représentants des formations paramédicales et les étudiants de la filière étaient invités à y participer.

Symbolique, ce geste marque surtout un tournant décisif vers « la médecine du futur », comme l’a très justement souligné Jean Sibilia, le président de la Conférence nationale des doyens de médecine (il a depuis été remplacé par Patrice Diot, doyen de la faculté de médecine de Tours). Nous en sommes intimement convaincus : la médecine de demain sera pluriprofessionnelle ou ne sera pas.

Nous ne nous sommes pas contentés d’accepter l’invitation. Nous avons activement pris part aux débats. Par la voix de sa présidente, l’ANdEP est notamment intervenue dans un atelier consacré à la transversalité des formations en santé, un sujet hautement stratégique dans le cadre des expérimentations à venir. Favoriser les échanges entre les formations de santé, accompagner la mise en place d’enseignements communs, faciliter l’accès à la formation par la recherche, respecter la diversité des parcours : toutes ces évolutions concourent à la meilleure intégration des formations paramédicales dans le paysage universitaire, mais aussi à la co-construction d’une véritable culture interprofessionnelle.

L’ANdEP joint les actes à la parole. Elle continue à se mobiliser pour obtenir des informations fiables de la part du ministère de la Santé, notamment quant aux modalités de sélection des aides-soignants et des auxiliaires de puériculture. Nombreux sont les instituts qui ont été contraints d’annuler leur concours au mois de novembre, à la demande de la DGOS. D’autres directeurs n’ont rien annulé, mais ils sont également dans l’incertitude. Cette situation dommageable crée une iniquité sur le territoire. A l’heure où les besoins de recrutement sont criants dans ces deux disciplines, le public potentiel risque de s’inscrire dans d’autres formations. L’avenir des instituts est directement en jeu.

NB : la journée des adhérents aura lieu le 20 mars au Foyer de la Madeleine – Place de la Madeleine – Paris 75008. Le thème principal de cette journée sera : « Les expérimentations, quelle participation des instituts de formation pour quels modèles ? ».

Nouvelle année, nouveaux défis. Comme nous l’avions annoncé lors de l’assemblée générale du 10 décembre dernier, l’ANdEP souhaite poursuivre ses actions avec le même dynamisme et la même conviction, en s’appuyant sur ses principes et ses valeurs, résumés sous la forme d’un acrostiche :

Acomme analyse. Nous continuerons à apprécier et à respecter les discours et les positions de de chacun (adhérents, tutelles, partenaires…) que le contexte soit sanitaire, social ou politique.

N comme non-discrimination. Toutes les paroles ont leur importance et il est important d’y reconnaître des éléments constructifs. Il est parfois délicat de porter les remarques des uns et des autres quand on ne les partage pas, mais la différence permet aussi la construction.

D comme disponibilité. Montrer une ouverture aux autres, savoir adapter son agenda pour ne pas laisser la « chaise vide » ; faire preuve d’écoute et de bienveillance, sans pour autant perdre ses idées ; être dans l’entraide, la compréhension des nouvelles organisations, des textes…

E comme évolution. Nous nous positionnons comme un acteur important des transformations en cours, à la lumière de nos travaux. Il arrive parfois que notre perception soit différente de celle de nos adhérents, nous le confessons. Aussi, nous nous efforçons d’en rendre compte le plus souvent possible via plusieurs canaux (newsletter, mail, compte rendu…), en toute transparence.

P comme positionnement. Nous sommes des directeurs (ou de la graine pour le devenir !). Nous sommes issus des filières paramédicales, nous pilotons nos structures, nous connaissons nos métiers. Nous sommes aussi des experts. A ce titre, nous nous devons de proposer et de mettre en œuvre tous les moyens nécessaires au développement de la professionnalisation des formateurs et des étudiants.

Au-delà de notre participation active dans différents groupes de travail, nous rédigerons prochainement un nouveau document de référence.

Il y a dix ans, l’ANdEP publiait son premier rapport. Il évoquait la formation à l’horizon 2020. Qu’en est-il aujourd’hui ? Quel est le profil des professionnels formés, au regard des nombreuses évolutions systémiques? Un travail ambitieux, à l’occasion duquel les adhérents seront sollicités.

En attendant, les membres du nouveau conseil d’administration se joignent à moi pour vous souhaiter une belle année, avec la réalisation de vos souhaits les plus chers tant au niveau personnel que professionnel.

Les carrières paramédicales au sein de l’hôpital public font-elles encore rêver ?

Difficiles, les conditions d’exercice y sont aussi de plus en plus précaires. Comment attirer et fidéliser des professionnels ? Comment susciter des vocations chez les étudiants ? Un nouveau (énième ?) plan d’urgence pourra-t-il réellement faire la différence ?

66 euros par mois ! Le geste du gouvernement mérite d’être salué, mais permettra-t-il vraiment d’améliorer le sort des 40 000 agents hospitaliers qui devraient en bénéficier ? Réservée à la région parisienne, cette mesure n’aurait-elle pas pu ou dû profiter à tous les infirmiers et à tous les aides-soignants du pays, de manière symbolique ?

En tant que formateurs, nous détenons une partie de ces réponses.

Nous avons un rôle essentiel à jouer pour inverser la tendance, en étant davantage force de propositions auprès des pouvoirs publics. Nous devons également mieux motiver, mieux préparer et mieux accompagner nos étudiants.

Sans nier la réalité, il nous appartient de valoriser des métiers aussi utiles qu’indispensables à la population.

Peut-être même plus que jamais… Dans les propositions de réforme, le rapport humain est trop souvent négligé. C’est pourtant l’une des valeurs fondamentales du soignant, celle d’apporter le meilleur service possible à ses patients, tant pour sa santé que pour son bien-être.

C’est le cœur de notre mission. C’est le sens de notre action !

Le mois d’octobre aura été particulièrement fertile pour le secteur sanitaire et médico-social.

Outre le plan gouvernemental en faveur des proches aidants et les propositions de Myriam El Khomri visant à « restaurer l’attractivité des métiers du grand âge », la création des sections CNU pour les sciences infirmières, celles de la rééducation et de la réadaptation et de la maïeutique constitue une avancée majeure, qui facilitera notamment la reconnaissance de ces disciplines et la construction des filières.

Il nous appartient désormais de convaincre les universités, éventuellement réticentes, de recruter des enseignants-chercheurs en leur sein.

Au-delà de leurs travaux de recherche, qui permettront l’utilisation de données probantes, ces derniers pourraient être des « passeurs » entre le monde universitaire et celui des instituts de formation, comme le soulignait Isabelle Richard, lors du congrès de la FNESI, auquel participait naturellement l’ANdEP. « Penser la diversité et la complémentarité des rôles entre ces enseignants-chercheurs qui ont une expertise dans le domaine de la recherche et les formateurs en institut de formation qui ont une expertise professionnelle » : tel est le défi proposé pour construire l’avenir.

Autre « révolution de palais », le rapport El Khomri consacre « la nécessité d’apporter une reconnaissance sociale et matérielle à la hauteur de l’engagement quotidien des soignants du grand âge et de l’autonomie », comme le rappelait très justement Agnès Buzyn. Les propositions formulées par l’ancienne ministre du Travail de François Hollande concernent essentiellement les métiers d’aide-soignant et d’accompagnant éducatif et social, mais elles s’inscrivent dans un champ bien plus large, celui de la prise en charge des personnes âgées, dépendantes et handicapées, qu’elles soient en structure ou domicile.

Remaniement de la formation d’aide-soignante de la sélection à la diplomation, restructuration de la formation continue, création d’une culture gériatrique au sein des équipes : les réflexions du groupe de travail piloté par la DGOS vont dans le sens de ce rapport. Tous les changements induits par ces différents travaux, en lien avec « Ma Santé 2022 », doivent maintenant se concrétiser.

Plus que jamais, les directeurs d’institut devront mutualiser les expertises pour élaborer les stratégies les plus adaptées dans le domaine de la formation. Un excellent sujet de discussion qui ne manquera d’alimenter les débats lors de nos journées d’études, organisées les 10 et 11 décembre prochains !

Cette année plus que jamais, la rentrée aura été placée sous le signe de la protestation, souvent justifiée. La mobilisation des fédérations étudiantes, fermement opposées à la hausse des frais de scolarité, en est la parfaite illustration. Fragilisée par une précarité croissante, la jeune génération peut-elle encore supporter des droits d’inscription toujours plus coûteux, qui plus est dans le secteur public ?

Entre le nécessaire équilibre budgétaire et la relative gratuité des études, la position des directeurs d’institut n’est pas simple. Comme à son habitude, l’ANdEP veut dépasser le stade du simple constat. Elle veut faire avancer la réflexion. Elle veut surtout fournir des solutions concrètes pour améliorer la situation, en jouant notamment tout son rôle au sein du centre national d’appui à la qualité de vie des étudiants.

Fondamental, le sujet fera d’ailleurs l’objet d’un séminaire thématique, le 4 novembre prochain. A cette occasion, les principales structures d’accompagnement des étudiants en santé seront représentées. Tous les directeurs d’institut seront également conviés. A n’en pas douter, cette journée sera un temps d’échange privilégié pour interroger nos pratiques et partager nos expériences.

Au-delà des discussions, nous devrons être capables de nous projeter sur la prochaine rentrée. Amélioration des conditions d’admission pour les infirmiers, modalités d’intégration des autres professions paramédicales dans le dispositif ParcourSup… Les problématiques ne manquent pas, avec une question majeure en toile de fond : l’interdisciplinarité ne doit-elle pas commencer dès le processus d’admission ?

L’ANdEP n’aura de cesse de faire passer ses messages, quels que soient les cénacles. Pour la première fois, nous avons eu le plaisir d’intervenir lors des journées de l’AFDS*. Nous avons notamment pu dresser un bilan de l’universitarisation, en faisant référence au questionnement qui nous habite. En « regards croisés » avec le CEFIEC**, nous nous sommes également exprimés sur l’indispensable transformation des instituts et l’évolution du métier de directeur en institut. Dans les deux cas, nous avons pu revenir sur l’ensemble des rapports réalisés par l’ANdEP, rapports sur lesquels il serait sûrement pertinent de s’appuyer pour construire notre avenir.

(*) Association française des directeurs de soins – AFDS.
(**) Comité d’entente des formations infirmières et cadres – CEFIEC.

Les « grandes vacances » ne sont pas toujours synonymes de repos pour les instituts de formation, bien au contraire.

Durant l’été, les équipes pédagogiques et administratives travaillent souvent d’arrache-pied pour préparer la rentrée. Intégration de nouveaux collègues, découverte de nouveaux équipements, rencontre avec les étudiants de la nouvelle promotion… Entre effervescence et activité intense, c’est toujours un moment particulier, qui comporte sa part d’inconnu et de mystère.

Cette année, les incertitudes sont d’autant plus grandes pour les organismes qui ont recruté leurs « forces vives » via la plate-forme ParcourSup. Quel sera le résultat de la sélection opérée ? Quel sera le profil des étudiants ? A quelle échéance la liste sera-t-elle définitivement stabilisée ? Familles en colère, candidats perdus, collègues inquiets : les référents IFSI ont été particulièrement sollicités ces deux derniers mois. A l’instar du climat, la température est montée.

De son côté, l’ANdEP n’a pas chômé, préparant activement l’organisation de son congrès annuel, qui se tiendra les 10 et 11 décembre prochains. « Directeur d’institut : contribuer au décloisonnement et co-construire les métiers de demain avec l’université » : le sujet colle parfaitement à l’actualité. D’autres thématiques ont naturellement retenu notre attention, à commencer par les frais de scolarité des étudiants, leur bien-être, les forces et les faiblesses du dispositif ParcourSup ou encore la place des directeurs dans les différentes orientations ministérielles. Elles ne manqueront pas d’être abordées dans quelques jours, lors de notre prochain conseil d’administration.

Le programme est dense, mais la tâche est passionnante. Nous vous souhaitons, à tous, une très belle rentrée !

Si l’été prend doucement ses quartiers, l’année n’est pas tout à fait achevée, en particulier pour les IFSI.

La trêve estivale n’a pas effacé les interrogations des nombreux candidats qui n’ont pas (encore) été appelés. Cette incertitude ne doit pas virer au pessimisme, bien au contraire. Nous attendrons patiemment les « oui définitifs »! Nous découvrirons aussi le rôle des Commissions académiques d’accès à l’enseignement supérieur (CAAES), qui nous permettront d’accompagner ceux qui n’auront reçu aucune proposition d’admission dans le cadre de la procédure nationale.

Une chose est sûre, les nouveaux étudiants ne seront pas « lâchés dans la nature ». Ils pourront notamment compter sur le Centre national d’appui des étudiants en santé, une structure d’accompagnement en partie dédiée à leur bien-être, dont l’ANdEP est membre.

Le bilan de l’année écoulée est fatalement mitigé, mais le processus d’intégration universitaire est en marche. Cette « universitarisation » des formations paramédicales tracent de nouvelles perspectives, notamment dans les territoires, où les directeurs d’instituts auront incontestablement une place à prendre. Le sujet ne manquera pas d’être abordé lors de la future réunion du comité de suivi de l’universitarisation, prévue dans les prochains jours. Autre projet décisif : la réingénierie de la formation des aides-soignants et des auxiliaires de puériculture mobilisera toute notre attention.

La discussion se prolongera tout l’été… pour s’achever à l’automne.

En août, la newsletter fera néanmoins une petite pause bien méritée. Il en certainement de même pour vous.

Passez donc de très belles vacances !

Nous le savons, la sémantique est une branche de la linguistique qui s’attache à étudier le sens des mots. Et derrière le mot se cachent différents signifiés, en fonction de qui nous sommes et de ce que nous recherchons. Le mot « valoriser » n’échappe pas à la règle.

Ces dernières semaines, les directeurs d’IFSI y ont souvent été confrontés face aux candidats inscrits à ParcourSup, mécontents que leur préparation n’ait pas été valorisée ni priorisée, vis-à-vis de leurs « pairs ». Car telle était la traduction faite du terme « valoriser » par ces candidats. Alors que cette préparation devait leur permettre de mettre en valeur leur projet de formation, en le présentant de manière avantageuse, pour conduire les jurys à leur attribuer une valeur reconnue.

On le voit bien : la notion de valorisation est différemment interprétée en fonction des enjeux de chacun, qu’ils soient économiques, philosophiques, pédagogiques, humains… Il en est de même au quotidien. Il est nécessaire de valoriser la pédagogie, les formateurs et les étudiants, tout en acceptant que c’est à partir des erreurs que chacun progresse. Valoriser l’erreur est donc indispensable. « Punir les erreurs bloque l’apprentissage, car on anticipe la punition et le cerveau se bloque », comme le souligne très justement le neuroscientifique Stanislas Dehaene.

Valoriser implique de savoir poser un regard particulier sur les choses, les évènements ou les personnes à qui l’on souhaite donner de l’importance. En quelque sorte, c’est faire appel au quotidien à notre posture éthique de directeur et être en capacité d’expliquer ses choix.