En cette traditionnelle période de vœux, souhaitons-nous d’abord une bonne santé. Un bien précieux, dont nous avons tous pu mesurer l’importance, s’il en était besoin. Osons aussi rêver à la fin de cette pandémie et au retour d’une formation plus classique et plus humaine. Dans un contexte si particulier, l’enseignement à distance s’est avéré extrêmement utile, pour ne pas dire indispensable, mais il a démontré ses limites.

Les étudiants se disent fatigués de suivre les cours et les travaux dirigés à distance, via des outils connectés. Comment leur donner tort ? Nous avons nous-mêmes subi les cadences infernales des visioconférences qui s’enchaînaient à un rythme effréné. Présentes, les interactions n’en restent pas moins différentes. Parfois même un peu artificielles. Ce mode d’interaction nécessite une discipline de fer, quand la technique ne fait pas défaut.

L’outil numérique nous aura malgré tout permis de maintenir le lien avec nos étudiants, mais également de développer de nouveaux usages qui seront très utiles à l’avenir. Nous y veillons quotidiennement : les diplômes délivrés auront la même valeur que les années précédentes. Et peut-être plus encore. N’oublions pas de saluer le mérite de ces étudiants qui ont dû composer avec des conditions extrêmes pour aller au bout de leur formation.

La vaccination représente un formidable espoir. Entre méfiance et défiance, une bonne partie de l’opinion ne souhaite pas se faire vacciner. En tant qu’acteur de santé publique, nous devrons informer, éduquer et convaincre. C’est une responsabilité et un devoir. Répétons-le à l’envi : le vaccin ne sera jamais plus dangereux que la maladie elle-même. La vaccination est un acte résolument altruiste. Individuel, son bénéfice est aussi collectif.

Soyons honnêtes, la vie d’avant ne reprendra pas tout de suite ses droits. Les dernières annonces de l’OMS nous rappellent qu’il faudra vivre encore un moment avec ce virus. Pour garantir notre sécurité, nous avons d’ailleurs choisi de dématérialiser nos journées d’étude. Elles se tiendront les 18 et 19 mars prochains… à distance.

Nous tâcherons de proposer un format convivial, le plus interactif possible. Les rencontres et les échanges informels nous manqueront, c’est certain, mais il y en aura d’autres. Très bientôt. En attendant des jours meilleurs, prenez soin de vous et de ceux qui vous sont chers. Je vous souhaite une très belle année !

Malgré le reconfinement, la circulation du virus ne ralentit pas. Elle repart même à la hausse depuis plusieurs jours. Les spécialistes redoutent d’ores-et-déjà un relâchement pendant les fêtes de fin d’année, au point d’évoquer la perspective d’une troisième vague. Dans un contexte empreint d’incertitudes, un cadrage national nous paraît indispensable pour garantir la formation des futurs professionnels de santé.

Nous faudra-t-il solliciter à nouveau le ministère de la Santé pour obtenir gain de cause ? Très certainement. Qu’importe les difficultés à l’œuvre, l’esprit de solidarité ne faiblit pas, bien au contraire. Les étudiants et les équipes enseignantes s’interrogent néanmoins sur le sens de la continuité pédagogique dans des formations où la moitié du temps est consacrée à l’apprentissage.

Lors de la journée annuelle des adhérents, nous avons longuement débattu sur les problématiques auxquelles nous sommes quotidiennement confrontés. Elles sont conjoncturelles. Elles sont aussi structurelles. Nous avons constaté combien il nous était difficile de nous faire entendre de nos tutelles ou de nos partenaires, même avec des arguments de poids.

Encadrement, suivi médical et psychologique, précarité… Cette crise sanitaire exacerbe des préoccupations récurrentes qu’il conviendra de traiter rapidement. Le 10 décembre dernier, la mobilisation des étudiants en soins infirmiers était avant tout l’expression d’un ras-le-bol généralisé. Elle reflétait également une inquiétude légitime pour leur avenir que nous partageons avec eux.

Le comité de suivi du Ségur de la santé et les récentes déclarations de Geneviève Fioraso, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, laissent entrevoir des améliorations notables de la condition étudiante. Optimiste mais prudente, l’ANdEP suivra l’évolution de la situation avec la plus grande attention. La concrétisation de ces engagements est une priorité absolue.

Je vous souhaite à tous de très belles fêtes de fin d’année… revisitées ! Et un repos bien mérité !

Cette fois, nous y sommes. La seconde vague épidémique est là.

Depuis plusieurs jours, nos instituts de formation fonctionnent tant bien que mal, au gré des injonctions formulées par les ARS. Imprévisible, la situation pourrait devenir encore plus inconfortable dans un avenir proche. Qu’importe l’apprentissage ou la qualification professionnelle, les chances doivent être les mêmes pour tous. Les besoins doivent aussi être plus rigoureusement évalués pour réduire les pertes de chance.

Notre participation à l’urgence sanitaire tombe sous le sens. Personne ne le conteste. Celle des étudiants aussi, mais pas à n’importe quel prix. Leur formation ne peut pas être négligée. Leur santé physique et mentale non plus. Trop souvent considérés comme une variable d’ajustement humaine, ils n’ont pas à payer le manque de ressources disponibles dans les structures déficitaires… Un mal profond et durable qui ne relève pas uniquement de la Covid-19.

Le vade-mecum publié par le ministère de la Santé ne suffit pas. Les règles sont aujourd’hui trop disparates d’une région à l’autre. Les inégalités croissantes en matière d’accès à la formation nécessitent un cadrage national. La continuité pédagogique et les stages d’apprentissage doivent être rapidement élevés au rang de priorité absolue. Il en va de l’intérêt de nos patients. Il en va de la crédibilité de notre système de santé. Il en va de l’avenir de nos soignants. Il en va de l’attractivité de nos professions.

La situation sanitaire se dégrade à nouveau. Au quotidien, nous devons tous rivaliser d’ingéniosité pour faire face à l’incertitude.

Plus que jamais, l’adaptabilité devient notre maître-mot, ne serait-ce que pour garantir la continuité d’un enseignement qui pourrait être à nouveau menacée par le virus.

Nous ne pouvons pas nous contenter de parer à l’urgence. Nous devons également réfléchir à demain… et rapidement. La dernière campagne de recrutement vient de s’achever sur une note positive, marquée par un fort engouement pour les filières paramédicales. Mais la prochaine vague d’inscriptions sur ParcourSup se profile déjà à l’horizon.

Engagement phare du Ségur de la santé, la hausse programmée des capacités d’accueil dans les IFSI et les IFAS mobilisent les énergies. Cet afflux massif a déjà commencé en septembre dernier, mais il se poursuivra inexorablement dans les années à venir. Souhaitable, cette évolution remet pourtant en cause nos quotas et l’ingénierie de nos formations.

De nombreuses questions restent en suspens, à commencer par la plus importante d’entre elles : comment accueillir plus d’étudiants, tout en leur proposant un encadrement de qualité, dans le contexte sanitaire actuel ? Cette réflexion vaut pour l’enseignement théorique, mais aussi pour la pratique des stages. Il nous appartiendra notamment faire preuve de créativité et de persuasion auprès de nos collègues des structures de santé.

Nous voilà repartis pour une nouvelle année universitaire. Comme la précédente, elle sera spéciale, à n’en pas douter.

La période estivale n’a pas effacé la fatigue ni les craintes d’un rebond épidémique, de plus en plus probable. Faute d’un traitement curatif ou d’un vaccin efficace, il nous faudra donc apprendre à vivre avec le virus, à composer avec l’incertitude, à maîtriser le risque. A l’impossible, nul n’est tenu… mais nous ferons de notre mieux !

La crise sanitaire l’a amplement démontré : la formation des étudiants en santé doit être une priorité. Les protocoles de sécurité et d’hygiène en vigueur, à commencer par le port obligatoire du masque, suffiront-ils à préserver nos établissements de la fermeture, si un cluster venait à se déclarer ? Ne serait-il pas préférable de privilégier l’enseignement à distance, notamment pour éviter le brassage des étudiants ?

Nos équipes pédagogiques sont désormais rompues à cet exercice. Durant l’été, nous avons d’ailleurs prolongé notre réflexion sur les usages du numérique, sur ses forces et ses faiblesses. Dans le contexte actuel, cette pratique prend tout son sens. Elle peut aussi paraître plus sécurisante. Mais personne ne se plaindra de renouer un contact humain qui nous a tant manqué ces derniers mois. Le partage et l’échange perdent en intensité dans le monde virtuel.

Malgré la crise, l’ANdEP n’oublie pas pour autant les travaux en cours. Formation des aides-soignants et des auxiliaires de puériculture, bien-être des étudiants, ParcourSup, expérimentations sur la transversalité des formations paramédicales : les sujets ne manquent pas. Nous suivrons avec attention l’évolution de tous ces dossiers stratégiques dans les mois à venir. Nous réclamerons également l’ouverture d’une discussion de fond sur le métier de formateur, et plus largement sur la place de la formation.

Bonne rentrée à tous et à bientôt !

Un peu de repos ne sera pas de refus, tant ces derniers mois auront été éprouvants pour chacun d’entre nous. Avant de lever le pied, une dernière étape cruciale s’annonce, celle des jurys de certification, qui s’accompagneront d’une étude spécifique des parcours des étudiants.

Particulièrement attendus pour assurer la relève, notamment dans les établissements de santé, ces nouveaux professionnels manqueront de confiance en eux et ne répondront peut-être pas aux attentes de bon nombre de professionnels.

Fraîchement nantis de leur « permis de conduire », ils devront d’abord apprendre à « maîtriser leur véhicule ». Une étape décisive qui nécessitera du temps et de la patience. Crise sanitaire oblige, il pourrait cependant être privés de cette phase d’observation pourtant légitime, tant les équipes en place sont à bout de souffle. Il serait difficile de leur en tenir rigueur. Espérons que cet apprentissage accéléré soit profitable à ces jeunes diplômés.

Une année s’achève, mais une autre se profile déjà à l’horizon. Dans un climat très incertain, les directeurs d’institut construisent actuellement différents scenarii, mêlant le virtuel et le présentiel, pour parer à toutes les éventualités. Les nouvelles technologies ne supplanteront jamais le facteur humain, qui restera le principal canal de l’apprentissage. Pour autant, la révolution numérique est en marche, et il serait pure folie de le nier. Certains outils ont largement fait leurs preuves durant le confinement, nous permettant de maintenir la continuité pédagogique avec nos étudiants, qui ont gagné en responsabilité et en autonomie.

La crise sanitaire aura très certainement valeur d’exemple, notamment quant à notre capacité à modifier nos méthodes et notre ingénierie. Certes imposée, cette remise en question aura néanmoins profité à tous, aux formateurs comme aux étudiants. Il nous appartient désormais de capitaliser sur cette expérience enrichissante pour relever le défi du numérique, qui doit durablement trouver sa place dans l’enseignement, en tant que levier stratégique de la formation. Pour accomplir notre « destinée », nous aurons besoin d’outils et de référentiels fiables. A bon entendeur…

Bonnes vacances à tous !

Lancé le 25 mai, le « Ségur de la santé » réunira pendant plusieurs semaines près de 300 acteurs du système de soins.

Cette concertation inédite s’articulera autour de quatre piliers stratégiques, destinés à réformer un secteur hospitalier en souffrance, voire en déshérence. Étrangement, les représentants de la formation n’ont pas été conviés à ces réflexions, alors même que l’apprentissage incarne plus que jamais le point de départ d’un changement qui se doit d’être structurel et pérenne.

Notre double valence, symbolisée par nos liens tutélaires avec les ministères de la Santé et de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, nous a-t-elle exclus de cette discussion ?

Responsables du développement des compétences des futurs professionnels paramédicaux, les directeurs d’instituts sont pourtant des partenaires légitimes du système de soins. Avec le concours des équipes pédagogiques, ils s’attachent à anticiper les besoins dans un cadre désespérément figé, où les référentiels n’évoluent pas ou trop peu.

Est-il nécessaire de rappeler notre rôle pendant la crise pour être entendus ? Nous avons su apporter notre contribution dans les nombreuses structures de soins débordées, souvent dans l’urgence, tout en garantissant la continuité des enseignements, malgré des ressources numériques très inégales selon les territoires. Nous n’avons pas ménagé nos efforts, en optimisant le fonctionnement de nos instituts, sans perdre de vue l’échéance critique de la diplomation des étudiants, un temps remis en cause par un contexte sanitaire très incertain.

Si la crise a mis en exergue des zones de fragilité dans le système de santé, elle a également exacerbé le manque de considération accordé au circuit de la formation et à ses acteurs.

Tandis que les inscriptions sur la plate-forme ParcourSup révèlent un fort engouement pour les professions paramédicales, il serait grand temps de reconnaître et de valoriser le tutorat exercé par des praticiens, l’accueil en stage constituant une étape fondamentale dans la poursuite des études et la construction professionnelle.

Le déconfinement n’est pas une fin en soi. C’est une étape cruciale dans la gestion de l’épidémie. Si la question du devenir de nos formations professionnalisantes et universitarisées reste entière, commençons déjà par rendre hommage aux directeurs d’instituts et aux équipes pédagogiques pour leur engagement sans faille au cours des dernières semaines.

Confrontés à une situation exceptionnelle, ils ont dû s’adapter, tant bien que mal. Ils se sont attachés à garantir la continuité des enseignements, quitte à utiliser des moyens dématérialisés qui leur étaient parfois peu familiers. Il nous appartient désormais d’élaborer des stratégies appropriées pour les former à l’usage des outils numériques, qu’il faudra également diffuser plus largement, dans l’intérêt de nos étudiants.

Notre mission est loin d’être terminée. Il convient notamment de repenser la fin du semestre, en déployant des modalités alternatives et progressives, en accord avec les agences régionales de santé, les conseils régionaux, les établissements support ou les directions régionales de la jeunesse, des sports et de la cohésion sociale, en ce qui concerne la diplomation. Ces mesures seront naturellement variables d’un territoire à l’autre, mais la notion d’équité devra être privilégiée au sein d’une même région.

Il y a un point crucial sur lequel nous sommes tous d’accord : la diplomation est un enjeu fondamental, peut-être plus encore aujourd’hui, tant les futurs professionnels sont attendus de pied ferme dans les différentes structures de soins. La crise doit nous servir d’exemple, à bien des égards. De toute évidence, il faudra capitaliser sur cette expérience pour préparer la rentrée prochaine, qui approche à grands pas. Il nous faudra composer avec les incertitudes pour accueillir au mieux les futurs étudiants.

Alors que la crise sanitaire fait rage, la politique de l’ANdEP se résume en deux mots : anticipation et mobilisation.

Très tôt, nous avions alerté le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation quant aux difficultés rencontrées par certains instituts pour assurer la continuité pédagogique, faute de moyens logistiques adaptés.

Les ministres de tutelle ont réagi rapidement. 5 000 étudiants en soins infirmiers pourront prolonger leur apprentissage, en se connectant à la plate-forme de la Croix Rouge.

Autre préoccupation majeure, les stages font également l’objet de discussions régulières entre les associations et les pouvoirs publics.

La tâche s’avère complexe pour les directeurs d’instituts. Ils doivent non seulement répondre à la demande des structures de santé dans le besoin, mais ils doivent également assurer la formation, la diplomation et la protection de leurs étudiants, dont le statut mérite aujourd’hui d’être pleinement reconnu dans la lutte contre le coronavirus.

Mise entre parenthèse, la sélection des « dossiers ParcourSup » mobilise naturellement toute notre attention, même si la plupart des formateurs sont actuellement engagés sur le terrain. L’ANdEP en appelle à la solidarité des enseignants issus des régions les moins touchées pour aider leurs collègues et garantir la pérennité du cycle de formation.

Espérons que nous aurons bientôt le plaisir de nous retrouver pour tirer – tous ensemble – les enseignements de cette période délicate.