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Le 4 février dernier, le Haut Conseil des professions paramédicales a favorablement jugé le projet de décret* qui encadre les expérimentations visant à favoriser la transversalité des formations médicales et paramédicales, via des enseignements communs.

Même si elle n’a qu’une dimension consultative, la voix du HCPP a une portée hautement symbolique. A tout le moins, elle valide la stratégie déployée par les pouvoirs publics, avec un objectif clairement affiché : renforcer la coopération interprofessionnelle, dès les premiers stades de l’apprentissage.

Techniquement, ce projet de décret détaille les modalités opérationnelles de la réforme qui concerne les universités comportant une unité de formation et de recherche en médecine, en pharmacie, en odontologie et en maïeutique. Concrètement, les établissements volontaires pourront mutualiser des enseignements avec des instituts de formation paramédicaux (infirmiers, sages-femmes…).

Rappelons également que ces expérimentations auront une durée maximale de six ans. Si le texte est adopté en l’état, les grandes manœuvres débuteront à la rentrée 2020.

 

La pluriprofessionnalité est une nécessité pour structurer le parcours patient sur le territoire. Elle passe notamment par l’apprentissage d’un «travailler ensemble» pour les professionnels de santé dès leur entrée en formation.

Mais, alors, comment porter opérationnellement cette pluriprofessionnalité ? La concrétiser chez les professionnels suppose que les directeurs d’établissements la connaissent également !

Il est donc indispensable de repenser les formations paramédicales de demain.

Les pas engagés vers l’université questionnent le métier de directeur et sa légitimité. Comme le soulignait Isabelle Richard lors des XXèmes journées d’études de l’ANdEP, l’enjeu est d’assembler deux logiques différentes : une logique de compétences et de fiches de postes, d’une part ; et une logique de légitimité, d’autre part. Elles sont toutes les deux nécessaires pour faire vivre les métiers de direction de demain. Lire la suite

 2018 est un nouveau départ pour l’ANdEP. Deux enjeux, deux revendications majeures constituent désormais le cœur du combat de l’association : l’universitarisation et la pluriprofessionnalité.

Une filière complète, apte à dispenser des masters et des doctorats, à former des chercheurs et des enseignants : c’est ainsi que se traduit, de manière pratique, la volonté d’universitarisation portée par l’ANdEP.

Les buts : la possibilité, pour les infirmiers ayant fait une spécialité (IBODEs et puériculteurs) de disposer d’un grade de master, au même titre que les infirmiers anesthésistes. Mais aussi la création de doctorats – et donc de docteurs en sciences paramédicales . Un statut qui existe déjà au Canada, et qui doit permettre le développement de la recherche dans le secteur paramédical.

En pratique, cela pourrait mener à la création de nouveaux métiers tels que les cliniciens chercheurs ou les enseignants chercheurs. Une étape indispensable pour l’épanouissement des formations aux métiers de santé, d’après Florence Girard, qui rappelle que : «sans recherche on ne peut développer l’universitarisation, et vice-versa». 

Pour arriver à cette fin, l’établissement d’un nouveau conventionnement avec les UFRs et les universités est indispensable. Les statuts actuels ne donnent accès qu’à des grades de licence aux formations initiales et ne leur permettent de délivrer que des diplômes d’état.

Si le rattachement des formations paramédicales aux universités fait un peu plus consensus dans le secteur, une autre revendication commune s’inscrit dans les nouveaux enjeux de l’ANdEP : la pluriprofessionnalité.

L’idée : repenser les formations de santé pour former des professionnels aptes à travailler ensemble et sortir des enseignements en tuyau d’orgue. «On souhaite que les étudiants en formations paramédicales aient des moments de partage communs pendant leurs études et, pour ceux qui ont vocation à faire de la recherche, qu’ils fassent de la recherche en commun, au niveau doctorat», précise encore Florence Girard.

L’association insiste sur l’accès à la recherche parce qu’elle est indispensable pour asseoir la légitimité des formations aux métiers de la santé dans les universités. On ne peut plus concevoir la recherche sur certains sujets sans être pluriprofessionnel.

L’axe de l’année sera d’accompagner ces changements, en tant que directeurs, pour qu’ils se fassent dans le respect des identités de chacun, tout en atteignant les objectifs fixés.