la précarité silencieuse des étudiants infirmiers
Chaque rentrée, l’accès au logement universitaire s’apparente à un véritable parcours d’obstacles pour les étudiants en sciences infirmières. Officiellement éligibles aux logements du Crous, ils restent pourtant largement exclus du système. Selon une enquête de la FAGE, relayée par la FNESI, moins de 2 % des ESI ayant déposé une demande obtiennent une chambre universitaire. Cette inégalité tient principalement au mode de financement des études. Contrairement aux autres étudiants, les ESI dépendent majoritairement des bourses régionales, et non du dispositif du Crous. Résultat : absence de dossier social étudiant, exclusion de la phase principale d’attribution des logements et arrivée tardive dans un système déjà saturé. Les conséquences sont lourdes. Dans les grandes métropoles, de nombreux étudiants cumulent stages, cours et trajets longs, parfois à plusieurs dizaines de kilomètres de leur IFSI.
La précarité financière est marquée : 45 % des ESI déclarent disposer de moins de 100 euros par mois pour vivre après paiement du loyer. Colocations, résidences privées ou aides d’urgence constituent des solutions partielles, insuffisantes face à l’ampleur du problème. La FNESI réclame une simplification des démarches et la création d’un guichet unique, afin de garantir une égalité d’accès aux droits. À l’heure où la société appelle à renforcer les effectifs soignants, la situation des futurs infirmiers interroge la cohérence des politiques publiques.