Espoir et fébrilité

La validation récente des projets de textes du nouveau référentiel de formation infirmière par le Conseil national d’évaluation des normes marque une étape attendue de longue date. Modernisation des compétences, renforcement de l’ancrage universitaire, meilleure adéquation aux besoins de santé… Les ambitions affichées sont proportionnelles aux défis que notre profession doit relever. Après des mois de tensions, la levée du blocage par les régions constitue un signal positif et redonne de la lisibilité aux acteurs.

Les circonstances suscitent pourtant de l’inquiétude et de l’impatience. Sur le terrain, la plupart des IFSI n’ont pas attendu la publication définitive des textes pour se mettre en ordre de marche, élaborant leurs projets sur la base de documents encore incertains. Mais cette absence prolongée de cadre réglementaire stabilisé complique la construction d’une gouvernance partagée avec les universités. Elle fragilise aussi le respect des délais imposés pour la présentation des maquettes pédagogiques et des modalités d’évaluation devant les instances universitaires.

Le temps presse et cette incertitude pèse sur la réflexion pédagogique, au moment même où l’ingénierie de la formation devrait mobiliser toutes les énergies. Plusieurs questions demeurent : certains aménagements de calendrier seront-ils possibles pour tenir compte de cette situation exceptionnelle ? Et au-delà de la formation infirmière, qu’en est-il des autres filières paramédicales, dont l’universitarisation reste, elle aussi, en attente ?

Florence Girard