La publication du décret n° 2025-1306 du 24 décembre 2025 marque un tournant majeur pour la profession infirmière. Pour la toute première fois, le législateur définit clairement le périmètre de nos activités et de nos compétences. Il reconnaît surtout notre rôle essentiel dans la prévention, le suivi thérapeutique et la coordination des soins. Unanimement saluée par les différentes instances professionnelles, cette avancée consacre une autonomie renforcée et répond aux besoins croissants d’un système de santé en tension.
Mais derrière cette victoire, plusieurs zones d’ombre subsistent. Les arrêtés qui précisent les actes relevant de notre rôle propre et encadrent la prescription infirmière se font désespérément attendre. Sans eux, la pratique quotidienne et la responsabilité juridique des professionnels demeurent floues, non sans freiner la portée réelle du décret. Autre chantier crucial : les décrets et les arrêtés fixant le nouveau référentiel de formation, la structuration des semestres, l’acquisition des ECTS et la validation des compétences sont toujours manquants.
Cette double dynamique – clarification du métier et refonte pédagogique – incarne une ambition forte pour la profession. Mais son succès dépend désormais d’une mise en œuvre rapide et complète. Faute de textes complémentaires, la réforme risque de rester inachevée, laissant les infirmiers et leurs futurs collègues dans une incertitude préjudiciable. Les enjeux sont connus de tous et les objectifs très largement partagés : offrir aux étudiants une formation cohérente, conforme aux standards européens et adaptée aux défis contemporains.



