Une menace sanitaire sous-estimée
La désinformation en santé connaît une progression rapide, portée par la viralité des réseaux sociaux et une culture scientifique fragile. Dans un rapport indépendant publié début janvier, Mathieu Molimard, Dominique Costagliola et Hervé Maisonneuve dressent un état des lieux préoccupant : la France traverse une profonde crise informationnelle, dont les impacts sont largement sous-estimés. Ils évoquent notamment son influence néfaste sur les comportements de santé, en particulier chez les patients les plus vulnérables, qui se traduit par des pertes de chance, voire des décès. Au-delà du constat, les trois experts formulent neuf recommandations structurantes, et priorisent le renforcement de l’éducation à l’esprit critique, la création d’un observatoire national de l’information en santé et le déploiement d’un dispositif d’infovigilance pour détecter et analyser les fausses informations. Ces travaux ont inspiré la nouvelle stratégie nationale de lutte contre la désinformation en santé, qui repose sur quatre grands axes : consulter et co-construire avec les citoyens, mettre en place un observatoire de la désinformation, déployer une infovigilance opérationnelle et réactive, et construire durablement la confiance. Les ambitions sont clairement affichées : restaurer un espace informationnel fiable, résilient et démocratique.




