LFSS 2026: Le torchon brûle !
La nouvelle loi de financement de la Sécurité sociale met l’accent sur la régulation des dépenses et la réorganisation des soins en ville, sans répondre pleinement aux attentes des professionnels. Jugeant ces mesures insuffisantes et contraignantes, les médecins libéraux ont annoncé un mouvement de « grève historique » pour défendre leur attractivité et la pérennité de leur exercice professionnel.
17,5 milliards d’euros. Tel sera le montant du déficit de la Sécurité sociale fin 2026… contre 23 milliards cette année. Pour atteindre cette cible budgétaire, la nouvelle LFSS prévoit une maîtrise renforcée des dépenses d’assurance maladie et une légère hausse des recettes, portée par la croissance salariale et la rationalisation des dispositifs fiscaux. Encadrement des arrêts de travail pour limiter les indemnités journalières, ajustement de la prise en charge de certaines affections de longue durée, renforcement des actions d’efficience dans les soins de ville et hospitaliers… Certaines dispositions font débat et pourraient accroître les inégalités de santé. Selon le gouvernement, les mesures votées mi-décembre poursuivent un objectif prioritaire : redresser les comptes sociaux sans dégrader la qualité des soins. Elles doivent également permettre de garantir la pérennité du modèle social français dans un contexte marqué par le vieillissement de la population française et la hausse des besoins de santé. Une thèse réfutée par la plupart des instances représentatives des professionnels de santé, dont celles de médecins libéraux, qui ont choisi de lancer une « grève historique » pour répondre aux « attaques sans précédent » dont leur profession se dit victime. Plusieurs actions d’envergure sont prévues entre le 5 et le 15 janvier prochains.
Une mobilisation exceptionnelle
Pour quelles raisons ? Outre le manque de moyens financiers dévolus aux médecins libéraux, les syndicats majoritaires et plusieurs collectifs dénoncent des mesures austéritaires et destructrices pour la médecine de ville et la prise en charge des patients. Les praticiens s’opposent notamment à la possibilité pour l’Assurance Maladie de moduler unilatéralement leurs tarifs. Ils contestent aussi les sanctions financières contre ceux qui refuseraient d’alimenter le dossier médical partagé. Ils critiquent par ailleurs certaines dispositions délétères pour leur activité, comme la régulation de certains actes et la création de nouvelles obligations administratives. Leurs revendications sont claires : retirer ou réviser les articles incriminés, respecter le cadre conventionnel pour la fixation des tarifs médicaux, abandonner les sanctions liées au dossier médical partagé et mieux prendre en compte les réalités de l’exercice libéral. Pour se faire entendre, les médecins libéraux appellent à fermer les cabinets et à suspendre l’alimentation du dossier médical partagé pendant dix jours. Des actions symboliques, comme la sortie des dispositifs conventionnels, sont également annoncées. Point d’orgue de cette mobilisation exceptionnelle, une manifestation nationale est prévue à Paris le 10 janvier. Les pouvoirs publics accepteront-ils de faire machine arrière ? Les grévistes seront rapidement fixés.




