70 pays ; 90 000 cas ; 3 000 morts. Inédit et imprévisible, le bilan provisoire du coronavirus sème un vent panique aux quatre coins de la planète. Les premières études scientifiques se montrent toutefois rassurantes, notamment quant à la létalité supposée du Covid-19.

Selon le Centre chinois de contrôle et de prévention des maladies, le taux de mortalité serait de 2,3 %. A titre de comparaison, le SRAS* (10 %) et le MERS** (30 %) étaient beaucoup plus virulents, quoi que moins contagieux.

Autre donnée cruciale : la grande majorité des patients serait touchée par une forme bénigne de la maladie (80 %), les cas sévères (15 %) et critiques (5 %) n’étant finalement pas si nombreux, toute proportion gardée. Selon l’université américaine Johns-Hopkins, plus de 30 000 patients seraient d’ores-et-déjà rétablis, soit un bon tiers des personnes infectées, même si plusieurs cas de recontamination ont récemment été rapportés en Chine.

D’après les premières constatations épidémiologiques, les sujets âgés, fragiles et immuno-déprimés seraient plus exposés. Hypertension, diabète, cancer, maladies cardiovasculaires, hépatiques ou respiratoires : les patients antérieurement atteints d’une pathologie chronique seraient plus susceptibles de développer une pneumonie sévère, un syndrome de détresse respiratoire aiguë ou encore un choc septique, soit les principales formes de complications répertoriées à ce jour.

La course aux traitements

Dans ces conditions, la découverte d’un traitement médical fait office de priorité mondiale de santé publique. Selon le vice-président américain, il faudra néanmoins patienter quelques mois encore. Rien n’est prévu avant cet été, voire cet automne. Plus complexe, la mise au point d’un vaccin efficace sera plus longue. Toujours selon Mike Pence, elle ne devrait pas intervenir avant la fin de l’année, voire le début de l’année suivante. Les premiers essais cliniques devraient être lancés dans les six prochaines semaines.
Un temps envisagé, le recours à la chloroquine n’a pas été validé par la communauté scientifique, malgré des résultats cliniques jugés encourageants par certains experts. Le message du gouvernement français est limpide : « Aucune étude rigoureuse publiée dans une revue internationale à comité de lecture indépendant ne démontre l’efficacité de la chloroquine pour lutter contre l’infection au coronavirus chez l’être humain. » Pour l’heure, les personnes infectées se contentent donc de traitements symptomatiques, tels que des antipyrétiques ou des antibiotiques…

(*) Le syndrome respiratoire aigu sévère aura provoqué 774 décès entre 2002 et 2003. Plus de 8 000 personnes avaient été infectées dans 30 pays.

(**) Le syndrome respiratoire du Moyen-Orient aura provoqué 567 décès entre 2012 et 2013. Plus de 1 500 personnes avaient été infectées dans 26 pays.